Genève dispose enfin d’un budget
Les groupes parlementaires qui ont accepté le budget ont tous témoigné de leur confiance en l’actuel Conseil d’Etat.
L’Etat de Genève dispose enfin d’un budget 2006. Le Grand Conseil a adopté vendredi le projet, qui prévoit un déficit de 292 millions de francs pour des charges de l’ordre de 7,1 milliards de francs. Seuls les libéraux et l’UDC ont voté contre. Les débats, qui se sont déroulés dans une atmosphère sereine et respectueuse ont duré toute la journée. Le projet de budget a finalement été accepté par 51 oui contre 26 non. Quelques points ont donné lieu à des discussions plus approfondies, comme la subvention à l’Université ou l’aide à la solidarité internationale. Les groupes parlementaires qui ont accepté le budget ont tous témoigné de leur confiance en l’actuel Conseil d’Etat. Celui-ci s’est engagé à équilibrer les finances publiques en 2009, essentiellement en réformant l’Etat. Le gouvernement veut parvenir à son but sans hausse d’impôts ni baisse de prestations.
Les socialistes se reconnaissent dans cette politique, a déclaré Laurence Fehlmann Rielle. L’exécutif a empoigné avec énergie la réforme de l’Etat, a pour sa part relevé l’écologiste Pierre Losio. Les sept conseillers d’Etat sont unis derrière un même objectif, s’est félicité le démocrate-chrétien Guy Mettan.
Les députés attendent toutefois le Conseil d’Etat au tournant et ne se contenteront pas de promesses, surtout à droite. «Nous votons le budget 2006, mais il ne s’agit pas d’un chèque en blanc», a relevé le radical Gabriel Barrillier. Si les engagements ne sont pas tenus, «nous prendrons nos ciseaux» , a noté M. Mettan.
Des mécontents
La méfiance était beaucoup plus perceptible dans les rangs des libéraux et de l’UDC. Le libéral Pierre Weiss a déploré la réactivation des mécanismes salariaux (prime fidélité, annuités), à la suite d’un accord passé entre le Conseil d’Etat et les représentants de la fonction publique. Du côté de l’UDC, on s’est voulu beaucoup plus critique encore. Le budget 2006 ne montre aucune volonté de faire le choix de l’assainissement des finances, a regretté Gilbert Catelain, qui voulait des réductions de dépenses plus conséquentes. Le canton «ne cesse de vivre au-dessus de ses moyens», a-t-il encore déploré.
Le gouvernement fera de son mieux
Le Conseil d’Etat ne demande pas au parlement un chèque en blanc, a souligné le grand argentier de canton, David Hiler. Le magistrat a rappelé que le déficit budgété il y a six mois encore s’élevait à plus de 400 millions de francs. Il a souligné le «bel effort» qu’il a fallu pour le diminuer de plus de 100 millions. Sans budget 2006, le canton de Genève fonctionne depuis le début de l’année selon le principe des douzièmes provisoires. Ce système calque les dépenses mensuelles de l’Etat en se basant sur le budget 2005. L’Etat de Genève avait déjà eu recours à ce mécanisme durant le premier semestre 2004.
L’adoption du budget 2006 a été retardée par le Conseil d’Etat genevois. Entré en fonction en décembre dernier, le nouveau gouvernement, peu satisfait du projet de budget élaboré par son prédécesseur, avait demandé et obtenu du parlement cantonal un délai pour qu’il puisse le retravailler. – (ats)
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26 Juin 2006 à 11:35 dans
- Cantons
