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UDC Friends-Le Blog des Amis de l'UDC en Romandie

Zora la rousse se fait pendre à un baobab

S’il faut citer un office fédéral inutile, le Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes (BFE) fait sans doute partie de ceux qui viennent le plus spontanément à l’esprit. Véritable officine d’ingénierie sociale, ce repère illusoire du «gender mainstreaming», qui s’ajoute à toutes les initiatives idoines des cantons et de la société civile, montre pourtant une certaine résistance. Avec 12 postes à plein temps et des millions de francs du contribuable à distribuer à l’envi (non moins de 42 organisations ont bénéficié de ses largesses en 2005), le Bureau dispose bien sûr de quoi déjouer les pires attaques machistes. Mais voilà, la «rigueur» budgétaire est passée par là. Les obsédés paternalistes des économies ont frappé! Cet été, le BFE a ainsi remis pour la dernière fois le Prix Zora la rousse, une distinction dotée de 10.000 francs pour des projets destinés à l’enfance et à la jeunesse, une fois de plus les victimes innocentes de coupes aveugles. On en a presque les larmes.

Pour cette dernière édition, le prix a encore pu récompenser Baobab, un fonds de livres pour enfants conjoint à la Déclaration de Berne et à Terre des hommes – deux organisations bien connues pour leur défense des valeurs occidentales, des institutions capitalistes et de la liberté des échanges mondiaux.

Quoi qu’il en soit, il faut se rendre à l’évidence: la distribution de prix culturels selon les préférences des fonctionnaires fédéraux ne semble plus faire partie des tâches fondamentales de l’Etat. Selon quels critères? Cela reste une énigme. Après tout, si la Direction pour le développement et la coopération peut organiser des concerts de musique tropicale, pourquoi le BFE n’aurait-il pas droit à un prix culturel tiers-mondiste? Vous direz que le Bureau peut se consoler avec les 7,1 millions de francs qui lui restent à dilapider. Et tant pis pour Zora la rousse, qui représentait 0,14% du budget annuel. Mais quand même, admettez qu’une telle rigueur, c’est cruel…

(Source: Pierre Bessard, Agefi)


Quand l’impuissance des puissants nourrit la quête d’un bouc émissaire

Dans son dernier livre, Patrick Artus se demande si le capitalisme ne va pas mourir étouffé sous le court terme. La même question peut être posée en géopolitique. Le passé disparaît dans une sorte de calcul vectoriel de divers mouvements porteurs de troubles, de déstabilisations et autres maux universellement condamnés par la communauté internationale. Le pire est que chacun s’estime capable de porter un jugement sur les causes des conflits et ce qu’il faut faire ou ne pas faire. On ne va pas chez un médecin pour lui dire ce qu’il doit faire pour guérir un cancer, mais devant une situation politique encore plus complexe qu’un cancer, n’importe qui s’estime en mesure de dire quelles mesures il convient de prendre. Même au plus haut niveau, on nous inflige le spectacle d’indignations diplomatiques creuses ou, à l’inverse, d’analyses soi-disant subtiles mais qui, en réalité, nous enfoncent encore un peu plus dans la nuit. Le rappel de ce qui s’est passé il y a quelques années jetterait au moins un peu de lumière sur ce qui se passe aujourd’hui. Certes, L’expression de «leçons de l’histoire» est à manier avec prudence, mais dans le conflit du Proche-Orient elle mérite tout de même d’être prise au sérieux.

Dans les premiers jours de l’an 2000, l’Union européenne encourageait avec enthousiasme les Israéliens à se retirer de la «zone de sécurité» qu’ils occupaient dans le sud du Liban. Les Européens, sous la conduite des Français, étaient certains qu’une fois ce retrait effectué le Hezbollah n’aurait plus de raison d’être et abandonnerait tout recours à la violence pour se transformer en un parti politique. Paris et ses partenaires allaient envoyer des «peacekeepers» pour garantir cette heureuse métamorphose d’une organisation terroriste en un parti politique et s’assurer, le cas échéant, qu’aucune attaque terroriste, quelle que soit sa forme, ne soit lancée depuis cette région libérée par Israël. Bref, il y a six ans déjà, la communauté internationale, devant le monde entier, affichait sa certitude de pouvoir désarmer le Hezbollah et redonner à l’armée libanaise toute sa souveraineté.

En mai de cette même année, Israël quittait le Liban sous contrôle des Nations Unies, qui assuraient que ce départ était effectif et complet. Pour quel résultat? Pire que nul, puisque le Hezbollah célébrait une «grande victoire militaire» et que l’Iran fournissait une infrastructure en hommes et matériel pour la mise en place et la mise à feu de milliers de missiles (certains avec une portée de 75 kilomètres). Que fit la communauté internationale qui s’était réjouie du départ d’Israël comme prélude à la paix? Rien, strictement rien. Nous, en Occident, collés à l’actualité, ne nous souvenons plus de ces choses. Mais les militants des mouvements terroristes d’une part, l’état-major israélien d’autre part n’ont rien oublié. Ils n’ont surtout pas oublié l’impuissance de la communauté internationale à intervenir efficacement pour faire cesser la violence au moins dans le Sud Liban qui constituait un véritable test pour cette communauté. Eh bien, ce test, elle ne l’a pas passé, raison pour laquelle toutes les déclarations sur des disproportions ou des degrés de violence inacceptables ne font que souligner cette impuissance.

Dans un grand livre de géopolitique publié récemment, L’Ensauvagement de Thérèse Delpech, il est expliqué que le moindre relâchement de vigilance et le moindre signe de faiblesse dans les zones dangereuses du monde sont immédiatement exploités par des mouvements terroristes ou des pays qui montent en puissance économique et militaire. Aujourd’hui, cette faiblesse des grandes puissances est manifeste au Proche-Orient, et c’est la guerre qui recommence. Le déplorer, après l’inaction et la naïveté qui ont caractérisé l’attitude des Etats occidentaux envers les Palestiniens et Israéliens pendant des années, c’est montrer qu’on n’a rien retenu et rien appris. Voilà le plus inquiétant, dans la guerre entre Israël et les mouvements terroristes qui veulent éliminer ce pays.

(Source: jan marejko, Agefi)

Quand l’impuissance des puissants nourrit la quête d’un bouc émissaire

Europe can tell Israel how punishing civilians backfires

By Mark Mazower

Published: July 16 2006 18:51 | Last updated: July 16 2006 18:51

In 1949, Europeans spearheaded an international move to outlaw collective punishment. This came after two world wars in which they had witnessed whole towns and villages razed and civilians executed, conscripted for slave labour or deliberately made homeless. To break with this past, the Fourth Geneva Convention outlawed collective punishment and reprisals against non-combatants. How far away this all seems today. First in Gaza and now in southern Lebanon, the Israeli army has abandoned Geneva’s restraints, retaliating against the kidnapping of its soldiers by blowing up power plants, oil refineries, airports and roads.

As water and electricity supplies run low, humanitarian disaster beckons. Of course, the 1949 Geneva conference, remarkable though it was, certainly did not make collective punishment disappear, in either peace or war. In Stalin’s heyday, entire ethnic groups were deported from their homes in eastern Europe. In their colonies – from Malaya to Kenya – European powers still drew on collective punishment laws to face down armed nationalist insurgencies. In the 19th century, colonial policemen had relied on such decrees to combat cattle thieves and brigands. But there was a military application, too. Among “civilised� states, the laws of war ruled out collective punishment, or strictly limited it on the grounds of proportionality. Applied to small wars against racial “inferiors� in Africa and Asia, however, military men highlighted the need for “harsh, exemplary deterrence� among “savages� whose fanaticism would otherwise blind them to the superior force of their foe.

The significance of the idea of proportionality, on which the laws of war lay such stress, was thereby minimised, notably where the Middle East was concerned. In the 1920s the French shelled Damascus and the British dropped bombs on villages in Iraq and Afghanistan. At the same time, the British brought their Collective Punishment Ordinance to Palestine. Following their departure, Israel, like other post-colonial states, found Britain’s approach to public order remained useful. In the occupied territories, in particular, its armed forces have over the years become addicted to collective punishment as a key weapon in the struggle against snipers, suicide bombings and missiles. Forced relocations, closures, curfews, house demolitions and the destruction of vineyards and orchards have become commonplace.

What started as a matter of collective fines has escalated into tank fire and aerial bombardment. Frustrated at the Israeli Defense Force’s inability to stop Hamas rocket attacks, a respected Israeli commentator now seriously proposes firing an artillery barrage at “a Palestinian locale� every time Israel is hit. The chief of the Israeli general staff, rather less anxious about international reaction than his defence minister, is reported to have wanted to “punish Lebanon and blast its civilian infrastructure back 20 years�. Thus, the principle of collective punishment has been extended to an entire country and threatens to precipitate a regional war.

But although the Israelis may be understandably frightened by the durability of their opponents and the range of their weaponry, they have not necessarily chosen the wisest response.

One reason for the virtual unanimity behind the 1949 Geneva prohibition on collective punishment in wartime was the sense that it was both morally unpalatable and militarily ineffective. Recent history suggested collective punishment usually played into the hands of well-organised and popular insurgencies. The latter may deliberately provoke it – as resistance groups frequently did in wartime Europe – because it often brings new recruits, weakens alternative sources of authority and discredits the perpetrators.

Like Tito’s Yugoslav partisans, militants can retreat and regroup, knowing that anything short of their total annihilation – almost impossible to achieve – will count as victory. Civilians in Gaza and Lebanon may blame Hamas and Hizbollah for provoking Israel but they will blame the Israelis as much if not more. As some of the politicians are well aware, because collective punishment on this scale receives little but condemnation internationally, it will intensify the diplomatic predicament of the Israeli state. This seems a high price to pay for allowing the IDF to flex its muscles.

Who will save civilians from their suffering, and Israel from itself? Not the US, which is paying the price for disengagement. America’s Middle Eastern allies are deeply worried but hamstrung. The threat of a US veto weakens the role of the United Nations Security Council and, because any success Washington may have in restraining Israel is likely to be kept private, it will recoup little credit for anything it does achieve. China is preoccupied with North Korea, and Russia has little leverage. That leaves the Europeans.

In spite of the fact that it is Israel’s number one trading partner, the European Union has still not managed to make its voice count. Yet a regional war will affect Europe more than the US, and the knock-on effects domestically will be incalculable. The Europeans now urgently need to force a ceasefire. With more power at their disposal over Israel in particular than they realise, they should draw once again on their own memories of occupation. The painful lessons that led them to Geneva are no less valid today than they were in 1949.

The writer is professor of history at Columbia University

Copyright The Financial Times Limited 2006