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UDC Friends-Le Blog des Amis de l'UDC en Romandie

Pour une non-intervention de l’ONU au Proche-Orient

Parfois, il vaut mieux garder le silence qu’énoncer des paroles creuses qui, d’une part, nourrissent d’illusions ceux qui souffrent et qui, d’autre part, aggravent une situation. Mais pour comprendre la vertu du silence en diplomatie, il faut d’abord saisir au moins quatre principes.

Premier principe: ne plus compter sur l’ONU pour développer une diplomatie qui puisse apaiser les tensions ou une stratégie qui puisse éliminer les terroristes. Ce n’est pas le méchant Bush (quoi qu’on pense de lui par ailleurs) qui a délégitimé l’ONU, car cette organisation est déjà à l’agonie. Toute proposition évoquant un arrêt des combats au Liban par la mise en place de casques bleus ressortit à l’inculture politique et, pire encore, nourrit de vains espoirs. L’ONU a roulé les Palestiniens dans la farine de résolutions sans rapport avec la réalité du Proche-Orient depuis 50 ans. Ils ont raison de ne plus croire en ces résolutions ou toute diplomatie élaborée par les Nations Unies. Dès lors, rien ne serait plus dramatique, pour les Libanais, que de croire que l’ONU peut encore les aider.

Deuxième principe: l’ONU va probablement disparaître non pas seulement parce qu’elle est un «machin» incapable d’action comme disait de Gaulle, mais parce que ses effets pervers sont manifestes. Elle est incapable d’actions décisives pour empêcher des génocides (Rwanda, Cambodge) mais aussi pour maintenir un minimum de décence dans les rangs des casques bleus. Certains d’entre eux, au Congo et dans les Balkans, ont créé des réseaux pédophiles. Ont-ils été inculpés et jugés? Non, parce que ces «casques» ne peuvent être inculpés que par leur pays d’origine. A ce jour, les pays d’origine n’ont rien fait pour organiser des procès pour ces pédophiles. Mais bien sûr, il n’y a que Guantánamo qui soit une zone de non-droit.

Troisième principe: la disparition de l’ONU ne coïnciderait pas nécessairement avec un état hobbesien de guerre de tous contre tous. Dans l’Europe déchirée par les guerres napoléoniennes, le Traité de Vienne a garanti au Vieux Continent une stabilité qui a duré quasiment un siècle. Ce traité était le fruit de négociations multilatérales. A l’heure où ce terme est en vogue dans les milieux diplomatiques, on pourrait méditer sur cette idée hérétique mais intéressante que le multilatéralisme, peut-être, n’a d’effets bénéfiques qu’en l’absence de toute organisation internationale de nature politique comme l’ONU.

Quatrième principe: la guerre n’est pas toujours la pire des solutions. Au fait, qui a dit qu’elle était telle? Personne n’en sait rien, mais c’est accepté partout comme une évidence. Pourquoi? On n’en sait rien non plus. Et pourtant, il suffit d’un minimum de culture historique pour voir que cette proposition n’est aucunement évidente. Parfois, certes, elle s’avère vraie, mais parfois aussi, elle s’avère fausse. Oui, dira-t-on, mais même dans les cas où une intervention militaire assainit une situation, les civils souffrent terriblement. Eh bien non! Là aussi, il n’y a pas de réponse universellement valable. Une paix empoisonnée peut être plus insupportable pour les civils qu’une révolution armée, comme ne cessent de le clamer, d’ailleurs, tous les admirateurs de Che Guevara.

Ces principes nous aident à nous méfier des propos vides de Kofi Annan sur le conflit du Proche-Orient. Les prendre au sérieux serait, au mieux, se donner bonne conscience à bon marché, au pire augmenter la souffrance des Libanais.

(Source: AGEFI)