La Suisse a besoin d’étrangers mais elle se doit de les choisir
un peu plus d’un mois de la votation fédérale sur l’asile, partisans et opposants fourbissent leurs armes et la bagarre des chiffres et des bonnes intentions s’accélère. Des chiffres peu ou pas vraiment vérifiables pour l’ensemble de la population, dont l’immense majorité s’en tiendra aux slogans puisqu’elle ne prendra même pas le temps de lire et donc encore moins de comprendre les textes de la loi! La démagogie se substituera donc au véritable débat politique avec tout ce que cela présuppose de vilénies.
La lutte de chiffonniers a donc déjà commencé avec, d’un côté, les partis de droite qui souhaitent opter pour une politique cohérente et acceptable pour la majorité des Suisses, alors que le parti socialiste et une kyrielle d’organisations humanitaires de tous bords font parler le cœur et prêchent pour une Suisse humanitaire et ouverte aux étrangers, en leur donnant les moyens de vivre décemment pendant leur séjour quelles que soient leurs motivations. Cette bagarre sur les chiffres alimentera la polémique sans – en aucune manière – faire progresser les idées. Dans les scories des vitupérations des uns et des autres, deux choses nous apparaissent comme évidentes. La Suisse a besoin, pour son développement économique et son avenir même, d’un grand nombre d’étrangers. Mais elle a le droit, et même le devoir, de les choisir. Tout le reste est trivial. Selon nos choix politiques et humanitaires, nous nous devons individuellement de nous déterminer sur le choix et le nombre de ceux que nous devons et voulons accueillir.
Que l’on ne s’y trompe pas, les messages que nous envoyons au Tiers-Monde et aux populations les moins favorisées sont extrêmement forts et réactifs. On peut voir ce que les régularisations massives d’étrangers en Espagne et en Italie ont induit comme appels d’air de nouveaux requérants et les drames humains qu’elles ont suscités. Partout de par le monde, les plus miséreux cherchent des terres d’accueil. Et la Suisse est l’une d’elle. A nous de ne pas susciter d’espoirs que nous ne pourrions pas tenir. Autant la Suisse a besoin d’étrangers, autant la population de notre pays ne peut accepter ces faux requérants d’asile dont une partie – surtout ne généralisons pas, ce serait tellement injuste – pourrit la jeunesse suisse par son trafic de drogue et perturbe son ordre social par les crimes qu’elle commet à grande échelle.
Si le pays ne se dote pas de lois claires excipant les excès et les dérives par trop voyantes, la Suisse, par le biais de sa démocratie directe et sous l’impulsion d’une minorité agissante, se dotera de lois beaucoup plus contraignantes à l’entrée des étrangers et à l’accueil des réfugiés politiques. Ne nous y trompons pas, c’est un combat à long terme, dont la votation du 24 septembre ne sera qu’une étape, qui perdurera au cours des années et décennies à venir. Ce sera un sempiternel combat entre les tenants de l’ouverture et ceux de l’ordre actuel, entre les utopistes et les réalistes. Il faut sans doute mieux que l’on durcisse, un peu, nos lois aujourd’hui pour ne pas avoir à le faire plus drastiquement et dramatiquement demain.
(Source: Agefi)
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22 Août 2006 à 14:39 dans
- Migrations
