Pour une fois, le quotidien 24Heures du 7 novembre offre une analyse du fonds de cohésion différente du brouhaha des élites dociles au parlement pour poser le problème de la corruption dans les versements de type « tournée générale » aux frais des contribuables anonymes.
Parmi les éléments en défaveur du fonds de cohésion auquel les Suisses devront souscrire le 26 novembre, il apparaît que le fonds de cohésion de l’UE donne pourtant des résultats fort décevants. En deux ans et demi, à peine plus d’un quart de l’argent disponible a été investi. Ces fonds se heurtent à une véritable incompétence politique et administrative. A cela s'ajoutent de fortes traditions de corruption, notamment en Pologne (pourtant 50% du futur fonds Suisse de cohésion). De plus, compte tenu de nombreux éléments non fiables, la Commission Européenne ne serait en mesure d’utiliser tout ses fonds. Comme l'Union européenne, la Norvège rencontre des difficultés à attribuer à peine plus d'un tiers de sa contribution volontaire. Les quotes-parts des pays "volontairement" donateurs sont décidées par Bruxelles, mais pas en fonction des projets réalisables. On marche sur la tête!
Pourant, à en croire notre ministre des affaires étrangères, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. On regrettera particulièrement l’attitude de certains milieux économiques qui veulent faire leur beurre sur le dos des contribuables suisses. Si les grands patrons de l’économie ont si besoin de l’Est, pourquoi ne contribuerait-ils pas eux-même à ce fonds. Il est utile à ce sujet de rappeler les liens presque incestueux entre le président de la direction d’Economiesuisse et son ancien emploi au secrétariat d’état. Ces même milieux des grandes entreprises n’ont ils pas agité le chiffon rouge lors du vote sur l’EEE, alors que rien ne s’est passé par la suite. Grâce à ce non, la Suisse a su rester au top du classement économique mondial.
Non donc au fonds de cohésion alibi, et non aux projets fumeux de fonctionnaires zélés !