Proche-Orient: ce qui est vraiment disproportionné
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Ce qui est disproportionné, c'est l'accusation portée contre Israël d'être responsable de la montée de l'extrémisme religieux en terre d'Islam, là où la faute incombe pleinement aux autocraties arabo-musulmanes qui nourrissent au sein le mal qui est en train de les ronger. Explication. Comme dans toute dictature qui se respecte, un contrôle des plus rigoureux y est exercé sur la presse, la télévision, la littérature, le cinéma, etc. Seule exception à la règle: le Coran. Même le plus laïcard des potentats de la région, le président tunisien Ben Ali - celui-là même qui interdit la diffusion du Figaro sur son sol le jour de la publication de la tribune du philosophe Robert Redeker - ferait long feu s'il lui prenait l'envie d'interdire le Coran dans son pays. C'est ainsi que ce qui devait arriver arriva. Seule littérature «subversive» autorisée, le Coran réunit autour de lui la plupart des esprits contestataires et rebelles qui, humiliés par les pouvoirs en place, substituèrent au Petit Livre rouge de Mao le Petit Livre vert de Mahomet. Ce qui est disproportionné, c'est le jugement porté par l'opinion publique européenne sur Israël, identifié comme étant la principale menace pour la paix dans le monde. Pour 59% des personnes sondées (Eurobaromètre Flash de la Commission européenne en 2003), c'est Israël qui, plus que l'Iran, la Corée du Nord, la Syrie, le Pakistan ou l'Arabie saoudite, mettrait en péril la stabilité planétaire. Considérer l'unique démocratie du Moyen-Orient comme étant plus dangereuse pour notre quiétude que les régimes tyranniques du docteur Folamour nord-coréen, des apprentis sorciers iraniens ou des mécènes saoudiens de l'Internationale salafiste, témoigne de l'état de décrépitude morale et intellectuelle qui frappe une Europe qui, une fois encore, préfère Daladier à Churchill. Gageons toutefois que les historiens qui, dans quelques décennies, se pencheront sur notre présent, ne se laisseront pas duper par les cris d'orfraie poussés par nos «humanistes» monomaniaques. D'ici-là, il serait bon de s'interroger sur les raisons du traitement d'exception appliqué au Dreyfus des nations. Ainsi, peut-être, réveillera-t-on le Zola qui sommeille en chacun de nous.
(Source: Le Temps)_
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07 Décembre 2006 à 16:55 dans
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