Le temps des fruits amers
Avec les viols collectifs de la Singine, nous récoltons les fruits amers d'une politique migratoire aberrante. Albert Studer, on le voit partout. Qui est Albert Studer? C'est un éducateur fribourgeois qui connaît bien les jeunes impliqués dans les viols collectifs perpétrés en Singine, et qui ont soulevé une émotion très vive. Et il dit des choses intéressantes, cet homme de terrain, notamment lorsqu'il décrit l'inefficacité totale de la justice des mineurs: multirécidivistes avant même l'adolescence, certains jeunes connaissent parfaitement le degré d'impunité dont ils jouissent. Ce que l'éducateur résume ainsi: «Voilà l'état d'esprit de ces jeunes: en Suisse, on peut tout faire, on ne risque rien.» On ajoutera qu'ils n'ont même pas l'excuse commode des traumatismes de la guerre, puisqu'ils sont nés en Suisse.
D'autres considérations d'Ablert Studer devraient perturber le sommeil des politiques, en particulier lorsqu'il stigmatise le phénomène des ghettos monoculturels dans des quartiers glauques à souhait, où il n'est pas nécessaire de parler la langue du pays, puisque tout le monde parle la langue des immigrés, et que tout le monde respecte les lois et les usages de la communauté, plutôt que celles de la Confédération. Et ce qui devrait encore plus interpeller les politiques, c'est que ces sordides événements sont survenus dans une commune jusqu'ici donnée en exemple pour ses efforts d'intégration!
Député de l'Alliance centre gauche au Grand Conseil fribourgeois, Albert Studer ne dit pas non à la proposition de l'UDC de son canton, qui entend retirer le droit de cité à tous les étrangers naturalisés qui ont commis des délits, voire les expulser. «Mon expérience m'a permis de constater que s'il existe un point où l'on peut toucher ces gens, c'est de les menacer d'expulsion en cas de problème, explique le député. Là, ils commencent à ouvrir les oreilles. Si on doit en arriver là pour obtenir gain de cause, pourquoi pas? Le cas échéant, seuls ceux qui auraient quelque chose à se reprocher devraient partir. Dans le même temps, cela protégerait tous les autres. Il ne faut tout de même pas oublier que plus de 90% de la population étrangère ne pose aucun problème. Or tant qu'on n'opère pas de tri, ils seront tous mis dans le même panier.»
Cet homme parle d'or. Nous recueillons aujourd'hui les fruits amers d'une politique migratoire aberrante, fondée sur des considérations idéologiques et émotionnelles, plutôt que sur l'intérêt bien compris de la Suisse et des Suisses. Réparer les pots cassés prendra extrêmement longtemps, et il nous faudra encore subir beaucoup d'affaires abominables comme celle dont on parle aujourd'hui.
(C) Philippe Barraud, [commentaires.com 08.03.2007)
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08 Mars 2007 à 16:45 dans
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