Les deux hommes qui ont incarné le combat contre les banques suisses lors de la crise des fonds juifs viennent tour à tour de mordre la poussière. Israel Singer a été éjecté de son poste de responsable exécutif du Congrès juif mondial après que des irrégularités ont été découvertes dans sa gestion de la puissante organisation new-yorkaise. Et l'avocat Ed Fagan, le principal artisan des plaintes collectives regroupant des survivants de l'Holocauste ou des membres de leur famille, a dû demander sa mise en faillite personnelle en Floride, en février dernier, révélait la SonntagsZeitung dimanche. Il doit plus de 9 millions de dollars à ses créanciers.
Réaction d'Alfred Donath, le président de la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI) : J’ai rencontré Ed Fagan une fois à Genève. Je ne peux rien en dire, sinon que c'est le type d'avocats d'affaires pour les pratiques desquels je n'ai pas la plus haute estime. Israel Singer s'est évidemment toujours prévalu d'être l'autorité morale suprême des juifs du monde entier, et il est apparu depuis que le personnage est loin d'être exempt de reproches. Cela dit, entre la Suisse et lui, il y avait une différence fondamentale dans la culture du dialogue. Ici, on commence par s'asseoir autour d'une table pour rechercher un compromis. Aux Etats-Unis, c'est seulement une fois que l'adversaire est dans les cordes que le moment apparaît bon pour négocier. C'est un peu comme cela que le Congrès juif mondial a pratiqué avec le Conseil fédéral et les banques.
Sur le fond, il faut tout de même rappeler que les banques suisses ont gardé indûment de l'argent qui ne leur appartenait pas, et leur attitude, les difficultés qu'elles ont opposées à ceux qui réclamaient des informations sur le sort des comptes sont loin d'avoir été irréprochables. Mais à l'époque la FSCI avait dit à Israel Singer que sa manière d'agir allait attiser l'antisémitisme en Suisse. Sur la répartition des 1,25 milliards de francs mis sur la table par les banques suisses en 1998, Il resterait plus que 360 millions à répartir, et quelque 16000 requêtes à examiner. (Le Temps)
De toute cette esbroufe largement tintée d’opportunisme politique outre atlantique, et ici par les milieux qui détestent les banques en général, il ne reste finalement pas grand-chose. Le drame dans tout cela est l’amer constat que la gauche suisse ferraille contre son propre camp et utilise les pressions étrangères pour affaiblir notre état libéral. La Weltwoche qualifiait non sans raison la gauche suisse de «5e colonne». Du rapport Bergier, il ne reste également pas grand-chose. La majorité des Suisses n’a en effet rien à se reprocher, et les tentatives d’une certaine gauche intello (y compris une ex-présidente de la confédération) de discréditer le pays sont bel et bien tombées à plat. Que ces derniers l’acceptent ou pas, les Suisses aiment la Suisse, et ne tombent encore pas dans l’auto flagellation dans laquelle sont tombés les Allemands d’aujourd’hui. Le rapport sur le prétendu racisme en Suisse concocté récemment par le rapporteur de l’ONU devrait également subir un même classement vertical, tant il est emprunt de cette sauce moraliste d’ONG en mal de financement publics pour des études inutiles. Pas de doute, la morale, c’est du business!