 L’abrogation de la Lex Koller est une folie, n’en déplaise à ceux qui rêvent déjà d’opérations immobilières fumantes.
Il paraît que la Lex Koller est devenue «inutile». Il faut un certain aplomb pour dire cela! Le marché immobilier est-il mourant, dans des cantons touristiques désertés? Les promoteurs et les entrepreneurs sont-ils donc au bord de la faillite? Soyons sérieux: le risque d’explosion de la construction n’a jamais été aussi grand. Partout en Europe, les nouveaux très riches ont fondu comme des oiseaux de proie sur les plus beaux terroirs. Dans le Lubéron par exemple, on vous explique que les prix ont tellement grimpé, que même les Suisses n’ont plus les moyens. Et on ne parle même pas des Français, exclus depuis longtemps de leur propre marché, comme en attestent les plaques d’immatriculation des voitures des résidents de Saint-Paul-de-Vence ou de Vaison-la-Romaine. Les Anglais et les Russes, forts d’une prospérité insolente, font exploser les cours, et le moindre cabanon dépasse les 800'000 euros.
Il n’en va pas autrement en Espagne, en Croatie, en Suisse ou ailleurs, partout où chacun voudrait couler des jours heureux. Au moins, en Suisse, nous avons l’effet modérateur de la Lex Koller, qui empêche que les stations de montagne deviennent trop vite des mégalopoles à la montagne, avec leurs lits froids, et la destruction du paysage en prime, déjà bien avancée. Même aujourd’hui, malgré la Lex Koller, on voit des grues partout, et le moratoire décrété par le gouvernement valaisan paraît bien fragile face à la frénésie de construction qui a saisi les promoteurs de ce canton.
L’idée du Conseil fédéral, c’est de rendre la responsabilité entière de leur aménagement du territoire aux cantons et aux communes, sous réserves de dispositions protectrices qui devraient préalablement être inscrites dans la loi fédérale sur l’aménagement du territoire.
Ce dispositif en deux temps est compliqué, lourd et boiteux. Il faudra une armée de fonctionnaires pour en contrôler le bon déroulement, prévu sur trois ans au minimum. Les cantons touristiques, bien entendu, exigent l’abrogation de la Lex Koller, sans contrepartie: que chaque commune soit reine sur son territoire, sous l’oeil plus ou moins complaisant du canton!
A l’opposé, les milieux de la défense du paysage et de la protection de la nature refusent fermement cette abrogation, que rien ne justifie. Si elle devait être acceptée par le parlement, elle se verrait opposer à la fois un référendum, conduit par l’UDF et peut-être les Verts, et deux initiatives de Franz Weber – excusez du peu. De quoi rendre l’issue incertaine...
Mais franchement: notre gouvernement est-il si peu sage, ou si soumis aux lobbies, pour qu’il faille encore et toujours un Franz Weber pour sauver le sol national d'un bradage insouciant? (Source: commentaires.com)
Il faut préciser que les bilaterales ont d'ores et déja supprimé la préférence nationale, et que de ce fait les européens peuvent déjà aquérir des bien immobiliers. Il reste néanmoins que la problematique des prix de l'immobilier, des lits froids et de la souveraineté nationale doivent impérativement étre adressés. Les individualistes Radicaux s'en fichent, mais il est important d'eviter une trop grande spéculation immobilière. Le projet du Valais de conditionner l'achat d'un appartement à une location "forcée" devrait être étudiée sans tomber dans les travers des requisition soviétiques.
|