Les négociations visant à ouvrir l’accès du marché du travail suisse aux Roumains et aux Bulgares, devenus des citoyens de l’Union européenne, ont été lancées récemment à Bruxelles. Berne veut négocier des «filets de sécurité» spéciaux, ce qui fait déjà tiquer Bruxelles. L’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie au club communautaire, le 1er janvier 2007, nécessite une nouvelle adaptation de l’accord sur la libre circulation des personnes que la Suisse et l’UE ont conclu en 1999 et est entré en vigueur en 2002.
La Suisse souhaiterait donc instaurer des «filets de sécurité supplémentaires» par rapport aux restrictions qu’elle applique actuellement à la libre circulation des Européens de l’Est, afin de se prémunir contre une éventuelle invasion de main-d'œuvre bulgare et roumaine. Sage précaution. Mais la Commission européenne doute toutefois de leur «nécessité». Jusqu’à 2014, la Suisse pourra contingenter les entrées de travailleurs roumains et bulgares sur son territoire – Bruxelles a déjà avancé certains chiffres: le nombre de permis de séjour de longue durée qui leur seraient réservés progresserait de 390 la première année à 1200 la cinquième, celui des autorisations de courte durée (12 mois) de 3850 à 9700. Mais Berne voudrait prolonger cette «période transitoire» au-delà de la date butoir de 2014 (prévue dans l’accord de 1999) une clause de sauvegarde qui lui permettrait de restaurer provisoirement des contingents au cas où la Suisse serait alors confrontée à un afflux massif de migrants en provenance de Roumanie ou de Bulgarie.
Tout cela resterait anodin si on ne remarquait pas que les réfugiés roumains sont de grands demandeurs d'asile en Suisse, soit 495 depuis janvier 2007. Egalement, 397 roumains auraient quitté la Suisse durant la même période. L’ODM indique dans un communiqué "qu'après le retour volontaire le 25 mai 2007 de 146 requérants d’asile roumains dans leur pays d’origine, 118 autres Roumains ont été rapatriés le 6 juin. La Roumanie fait partie des Etats considérés comme sûrs. Donc en principe aucune entrée matière n'a lieu concernant les demandes d’asile de roumains. Mis au courant de cette disposition, la plupart des intéressés ont retiré leur demande d’asile, n’ayant aucun espoir de pouvoir demeurer en Suisse".
On s’interroge ce qui empêche les NEMs roumains illégaux de rester en Suisse puisqu’ils peuvent déjà bénéficier de dérogation en tant que nouveau membre de l’UE. On le sait, de nombreux faux indépendants profitent du délai d’annonce de 3 mois pour rester en Suisse (ex : faux maçons indépendants polonais, prostituées de l’Est). L’élargissement n’est il pas un moyen détourner d’imposer de facto des NEMs déjà rejeté. Les nombreux accords de libre échange n’offrent-il pas l’occasion de régler la question NEM une bonne fois pour toute.La Turquie, autre pays en passe d'être intégré la l'Europe, nous laisse quant à elle 284 personnes alors que nous entretenons des liens commerciaux avec ce pays.
En ce qui concerne l'Iran, où la Suisse prétend jouer les bons offices face aux américains, 242 iraniens attendent une décision d’asile. La Chine, que Mme Leuthard appelle un eldorado économique pour nos entreprises, nous envoie également 143 personnes. Est-il acceptable d'entretenir d'amicales relations diplomatiques et économiques avec certains pays et d'accepter en même temps leur réfugies? Clairement non.
Statistiques de l'asile e 2007-07-20 http://www.bfm.admin.ch/etc/medialib/data/migration/statistik/asylstatistik/monatsstatistiken/2007.Par.0010.File.tmp/2007-05-f.pdf