La Libye a confirmé lundi l’achat de 21 Airbus et signé un contrat pour l’achat à terme de réacteurs nucléaires à la France, au premier jour de la visite du leader libyen Mouammar Kadhafi à Paris qui déchaîne les critiques jusqu’au sein du gouvernement de Nicolas Sarkozy. Les deux pays ont signé un accord de coopération nucléaire, confirmant un «mémorandum» paraphé en juillet lors de la visite de M. Sarkozy à Tripoli, prévoyant à terme «la fourniture d’un ou plusieurs réacteurs nucléaires pour le dessalement de l’eau de mer». Tripoli a également confirmé la commande de 21 appareils Airbus de différents types, pour un montant catalogue de près de 3,2 milliards de dollars, et s’est engagé à «entrer en négociation exclusive avec la France pour acquérir des équipements» militaires, non précisés. L’Elysée, sans donner un décompte très précis, assurait lundi soir que la totalité des contrats tournait autour de 10 milliards d’euros. Le président français, tout en se félicitant d’accords bénéfiques pour «l’emploi et la croissance», s’est défendu des accusations d’avoir sacrifié la diplomatie nouvelle prenant en compte les droits de l’homme qu’il vantait pendant la campagne électorale à la «diplomatie du carnet de chèques». Il a ainsi assuré avoir demandé au leader libyen dès leur premier entretien de «progresser sur le chemin des droits de l’Homme», justifiant une fois de plus cette invitation controversée. «La France reçoit un chef d’Etat qui a choisi de renoncer définitivement à la possession de l’arme nucléaire (...), de rendre les stocks (d’armes de destruction massive) de renoncer définitivement au terrorisme (...), de libérer les infirmières bulgares détenues pendant plus de huit années», a martelé M. Sarkozy. – (afp)
C'est un fait que la visite en France du dictateur et ancien support du terrorisme Kadhafi est controversée. Néanmoins, il faut rappeler que c'est l'ONU qui a supprime les sanctions contre ce régime non démocratique. Il aurait été logique qu'avant de lever l'embargo, on puisse exiger qu'une démocratie digne de ce nom trouve sa place. Or c'est le contraire qui se passe. Nos pays démocratiques oublient leur constitution pour traiter avec des pays corrompus soudainement devenus fréquentables. Car est-ce qu'un Kadhafi est pire ou meilleur qu'un Castro, Musharaf, Amadinedjad ou Saddam Hussain? Difficile a dire, mais on devrait pouvoir exiger que les honneurs de la république soient offerts aux dirigeants démocratiques, on non galvaudés comme les remises à des "people" de la légion d'honneur. Le plus amusant dans tout cela, est le fait que la l'aviation française, il y a 10 ans, bombardait les positions des tchadiens pro-Kadhafi dans le désert (menés par le chef rebelle Idris Debi) pour défendre le protégé de la France Issene Abre. Idrid Debi est le maitre du Tchad maintenant, et le nouvel ami de la France. Faire ami-ami avec Kadhafi coulait donc de source pour boucler la boucle et conserver une présence française dans région. Pas sur que l'électorat sarkosiste soutienne cela.