L’UE peine à faire pression sur la Bulgarie et la Roumanie
Le mécontentement face la corruption, le crime organisé et les atermoiements politiques en Bulgarie et en Roumanie reste en travers de la gorge des anciens membres de l'Union européenne et également à Bruxelles. Mais les décideurs européens affirment que, du fait que la Bulgarie et la Roumanie sont membres à part entière du bloc de 27 nations, l'Union européenne a peu instruments efficaces à sa disposition pour obliger ses deux nouveaux arrivants (également les plus pauvres) d’élever leurs standards.
Dans les mois précédant l’entrée de la Bulgarie et la Roumanie en janvier 2007, l'UE s'est retrouvée dans un piège car elle sentait qu'ils n'étaient pas prêts pour l'adhésion, mais ne pouvait retarder leur entrée sans revenir sur ses promesses et ternir la réputation de l'UE. Pourtant les traités d'adhésion de la Bulgarie et la Roumanie contiennent trois clauses qui fournissent une base légale pour d'éventuelles mesures de rétorsions à leurs égards, mais elles ne s'appliquent que jusqu'à la fin 2009.
La "clause de sauvegarde économique" permet une intervention si l'entrée de ces états dans le marché commun cause des dommages aux secteurs économiques européens. Or cette clause est peu susceptible d'être invoquée parce que les problèmes ne sont pas principalement de nature économique.
En vertu de la "clause du marché intérieur", certains projets financés par l'UE pourraient être interrompus si, par exemple, Sofia ou Bucarest ne respectaient pas les règles relatives aux marchés publics. Les subventions à l'agriculture pourraient également être coupés ou retenues.
Ce sont des armes puissantes, car la Roumanie doit recevoir €32 milliards (SFr. 51 milliards) et la Bulgarie € 11 milliards (SFr. 17 milliards) d’aides d'ici 2013. Mais certains responsables de l'Union jugent ces châtiments comme inadaptés parce que l'agriculture et les achats publics ne sont pas au cœur des problèmes de corruption.
La clause "justice et affaires intérieures " permet également à d'autres états de refuser de reconnaître les décisions judiciaires Roumaines et Bulgares s’ils font peu confiance dans les systèmes judiciaires de ces deux pays. Dans des circonstances extrêmes, les Etats membres de l'UE pourraient invoquer l'article 7 du traité sur l'Union européenne. Cet article permet de suspendre certains droits d'un Etat membre s’il est jugé comme étant en "violation grave et persistante» des principes européens de liberté, de démocratie, de droits de l'homme et de la primauté du droit. (FT)
Bref, on le voit, l’adhésion de ces deux nouveau membres est loin d’être une formalité ni une partie de plaisir. Or au bureau de l’intégration, chez Mme Calmy-Rey et Mme Leuthard, c’est le mutisme. Au contraire, la propagande fédérale marche la fleur au fusil et traite le peuple sceptique d’imbécile. L’argumentation pour étendre la libre circulation de ces deux pays « pour le bien du pays » est donc un tissu de mensonges qui ne rend que plus impératif le devoir de faire taire ce gouvernement camé à l’europhilie.
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18 Avril 2008 à 18:36 dans
- Union Européenne
