Prix alimentaires - la dure loi de la réalité
Rouxel Jean - mercredi 16 avril 2008
Les4verités.com
Quelle est la réalité ? L’augmentation de la demande de biocarburants, de la consommation, des coûts de transport, et la mise en jachère de nombreuses terres arables dans les pays développés, se conjuguent pour entraîner une forte hausse des prix alimentaires. La Banque mondiale estime cette hausse à un doublement au cours des trois dernières années !
On savait déjà que le contrôle de l’eau était un enjeu majeur pour le Proche-Orient. Nous (re)découvrons ces derniers temps la place des matières premières dans l’économie mondiale. En un sens, cette crise tombe à point nommé pour nous rappeler une fois de plus que l’économie purement virtuelle – qu’elle soit socialiste ou de spéculation financière – n’a aucun avenir : les opérations financières n’ont d’intérêt que pour aider au développement à grande échelle de l’économie réelle, pas pour la remplacer.
Or, l’Occident en général et l’Europe et la France en particulier continuent à se gargariser des charmes de la « désindustrialisation ». Et l’UE pousse même l’aberration jusqu’à financer – sur les deniers du contribuable – la mise en friche des terres agricoles. De la fin des années 1990 jusqu’à la récolte 2007, il a même existé un taux de jachère obligatoire (!) de 10 % des terres. Fort heureusement, à l’automne dernier, ce taux de jachère obligatoire a été passé à 0 % pour tenir compte des tensions sur les marchés agricoles (le cours du blé a augmenté de 120 % en un an !).
Souhaitons que cette saine réaction marque le commencement d’un retour à la sagesse et que l’UE et les gouvernements non seulement ne reviennent pas à la scandaleuse jachère obligatoire mais cessent aussi de subventionner la mise en friche ! Et, pendant qu’on y est, peut-on se prendre à rêver que la France et l’UE redécouvrent par la même occasion qu’abandonner toute compétence industrielle, que fantasmer sur des usines entièrement délocalisées, comme naguère le patron d’Alcatel, n’est certainement pas de bonne politique dans la situation actuelle de la concurrence mondiale. (Source: les4verites.com)
Alors que les altermondialistes hurlent à la hausse (capitalistique) des prix agricole sur les marchés mondiaux, et justifient ainsi les démonstrations populaires dans certains pays en développement, on est en droit de s'interroger sur le double langage des amis du tiers monde. D'un coté, Walter Fust (ancien chef de la DDC) condamne les subventions agricoles des pays industrialisés qui tuent les fermiers du tiers monde en bloquant leurs exportations vers le nord ou en inondant leurs marchés avec des produits subventionné (ex. le poulet US au Mexique), de l'autre la gauche veut taxer le commerce international avec des taxes C02 et encourager le commerce bio de proximité à un coût élevé.
Jean Ziegler, le clown altermondialiste dépêché par la Suisse au conseil des droits de l'homme, compare même les biocarburants à un crime contre l'humanité alors que les écologistes ne juraient que par cela il y a peu. Or il faut voir que les biocarburants permettent aux pays industrialisés souffrant d'une surcapacité agricole comme la Suisse de se diversifier. En effet, après des années de restructurations du marché agricole, de suppressions de quotas et de prix garantis, et de chute dramatique du nombre d'exploitations agricoles (30% de working poors chez les paysans suisses selon l'USP, et un salaire annuel de 40'000 francs) , les biocarburants permettent aux paysans suisses de se refaire un peu alors qu'un accord agricole avec l'UE menace. La question de la hausse des produits agricoles est certes due à une demande croissante de certains pays, du développement de biocarburants à la place de zones de cultures, mais aussi à l'inefficacité des politiques locales dans ces mêmes pays en voie de développement.
Le constat est donc bien que les membres de l'OMC doivent pouvoir garantir une nourriture de proximité et à des prix abordables sans être trop tributaire des marchés mondiaux. La grande distribution est la grande gagnante de la mondialisation de l’agriculture alors que les petits producteurs peinent à survivre. L'offre domestique doit être garantie pour éviter une aspiration des prix vers le haut, et a terme des déséquilibres mondiaux et une crise mondiale.
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22 Avril 2008 à 16:19 dans
- Général
