Elections d'EWS au Conseil Fédéral - La faute à "pas de chance" ?
A entendre Evelyne Widmer-Schlumpf (EWS) durant l'émission d'infrarouge dimanche dernier, on aurait l'impression qu'elle aurait été élue au Conseil Fédéral par pur hasard, un peu comme dans un chocolat Kinder-surprise, et qu'elle n'aurait pas eu d'autre choix que d'accepter? La faute à pas de chance, vraiment?
Qui peut croire qu'une politicienne avertie par la gauche qu'elle figure sur la liste des papables au Conseil Fédéral n'aurait pas prêté attention à cette éventualité, ni même averti son parti? Tel aurait pu être le cas si on lui avait proposé par exemple une place d'apprentissage à la Migros, mais quand il s'agit d'une élection au "saint graal" (dixit Yvan Perrin), on ne peut que sourire face à cette explication totalement ridicule.
Egalement grotesque était la performance du chréti(e)n-social M. Darbellay qui n'a même pas le courage d'assumer son coup dans l'éviction de Christoph Blocher. Au moins, Mme Wyss a la paire de roubignoles qui lui manque vraiment. Il faut l'avouer, le coup était bien préparé et personne ne l'a vu venir. Hormis quelques désaccords cantonaux entre les vers et les socialistes, il faut reconnaître que la fusion idéologique entre des syndicalistes et altermondialistes au parlement fédéral a fonctionné. On souhaiterait en dire autant des radicaux si prompts à retourner leur veste. Concernant le PDC, M. Darbellay traite durant l'émission son ex-allié M. Levrat de "syndicaliste" afin de se racheter face à son électorat qui rejoint en masse (surtout en suisse allemande) les rangs de l'UDC.
C'est donc avec un certain amusement qu'on entend M. Darbellay proposer aux radicaux et dissidents UDC de former un nouveau parti bourgeois fort. Mais comme le dit si bien Yvan Perrin, c'est le parti fort, l'UDC, qui fixe les règles. De même que c'est l'UDC qui décide qui peut porter sa marque de fabrique (UDC Suisse) ou non, et pas un PDC.
Alors qu'il ne fait aucun doute que M. Darbellay a aidé ses acolytes de parti à orthographier le nom d'EWS, l'autre question à régler est de savoir qui, chez les radicaux, a convaincu - sans trop les forcer - les quelques romands à voter EWS? Certains analystes pointent déjà du doigt le parrain du Valais, présentement au département de l'intérieur, qui préfère jouer de la kippa plutôt que de diriger le pays. C'est bien lui qui profite le plus de son année présidentielle puisqu'il est débarrassé d'un vice président UDC qui l'aurait certainement gêné aux entournures. Sa voix aurait-elle compté également pour autoriser Calmy-Rey à se rendre en Iran? Des comptes devront certainement être réglés lors de son remplacement au Conseil Fédéral. Des radicaux aux abois devront alors manger dans la main de l'UDC s’ils veulent conserver leur siège. Qu'ils s'y préparent déjà!
La dernière visite d'EWS en terre vaudoise suite a l'invitation de M. Leuba, dont la candidature avait été soutenue par l'UDC, est évidemment regrettable. Mais en tant que Conseiller d'Etat en charge du dossier de l'asile, il est difficile pour lui de couper les ponts avec la cheffe du DFJP. Néanmoins, la visite d'EWS semble d'avantage motivée par son intention d'éviter son exclusion par le vote des sections romandes ces jours. Espérons que la ligne UDC véritable saura triompher au pays des "ni pour, ni contre, bien au contraire".
Comme cela avait déjà été dit, certains élus surfent sur un vague qu’ils ne défendent pas lors des interviews aux journalistes. Il est tellement glorifiant pour des élus sans reliefs d'être interviewés, alors que les tenants du courant majoritaire sont tenus à l'écart. Quoi qu'il en soit, le film de la DRS ne fait pas un pli, et l'exclusion de la traitresse doit être obtenue. Condamner le réalisateur, comme le font les medias romands, pour discréditer le film et occulter le débat n'y changera rien. Pour celles et ceux qui songeraient a créer une "opération Bubenberg", on ne peut que leur souhaiter bon vent, et les laisser organiser des congrès avec le PDC dans des cabines téléphoniques tellement leur nombre sera réduit. Ce qui est certain, c'est que les Bubenbergs n'auront dès lors plus jamais de conseiller fédéral, mais qu'importe. Pour les PAI qui songeraient à faire de même, il faut leur rappeler que personne d'autre que l'UDC ne les défendra dans leur quête aux subventions agricoles. Les verts, les socialistes et le PDC soit déjà prêt a sacrifier l'agriculture sur l'autel du de l'euro-conformisme, et du libre échange agricole. Ce ne sont pas quelques pétolles de formages AOC exportées dans l'UE qui sauveront la mise. Ils feraient bien de s'en souvenir.
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06 Mai 2008 à 14:49 dans
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