Il suffit de féliciter Israël
Ce jeudi, Israël célèbrera son 60e anniversaire. La ministre des affaires étrangères Micheline Calmy-Rey a exprimé publiquement son « regret » et sa « déception personnelle » que le gouvernement suisse n'ait pas été invité à la célébration. Pourquoi toutes ces histoires?
Quelles que soient les raisons exactes de la non-invitation, est-ce que la dernière action de politique étrangère de notre conseillère fédérale n’a pas été la bénédiction d’un contrat de livraison de gaz iranien à Téhéran? Calmy-Rey a ensuite souligné le fait qu'il s’agissait «des intérêts stratégiques vitaux de notre pays. » Ainsi soit-il. Toutefois, on ne peut pas y aller et vendre cela en même temps que la « politique de neutralité active ». Il est plus que compréhensible qu’Israël refuse vigoureusement un début de relations d'affaires avec un pays qui a déclaré son intention de réduire à néant l'Etat juif de la carte du monde et se vante d'être le principal soutien au Hamas anti-israélien.
Est-ce que Calmy-Rey s'attendait sérieusement à une invitation? Son seul regret est explicable pour deux raison: soit elle ne connaît pas les conséquences de sa politique, ce qui signifierait qu'elle agirait sans penser, ou des personnes au sein du département des affaires étrangères ne savent pas ce qu'ils veulent. Est-ce que le DFAE pense sérieusement qu'il est en mesure de négocier simultanément en Iran et dans le conflit israélo-palestinien? Ce faisant, la Suisse surestime largement son champ d'influence.
La politique extérieure de la Suisse doit encore trouver son équilibre entre la noble approche de la conduite strictement humanitaire et de la politique étrangère "neutre" , et du non moins légitime objectif de la poursuite des intérêts essentiel suisses. Pour ce faire, des priorités claires en ce qui concerne le contenu et la géographie doivent être définis.
Enfin, les mots instructifs de Mme Calmy-Rey's […] "surtout Israël avec son histoire douloureuse devrait valoriser" […]que la Suisse rappelle à tous de respecter les droits de l'homme, sont presque une insulte. La ministre des affaires étrangères ferait mieux de mettre rapidement à l'écart des ses regrets et de féliciter l'État d'Israël pour son 60e anniversaire dans une ambiance chaleureuse et particulièrement crédible.
Ballons: Joyeux Anniversaire des 60 ans!Homme: Je pense qu’une petite carte serait suffisante…(Tages-Anzeiger, page 1)
Ce qui est par contre absolument détestable est l'intervention dans le dossier iranien d'Alfred Donath, le président démissionnaire de la Fédération suisse des communautés israélites, et de Ronald Lauder, président du Congrès Juif Mondial.
Il est en effet tout a fait inadmissible qu'un mouvement religieux en Suisse représente en même temps les intérets d'Israel. Que dirions nous si des associations musulmanes représentaient les intérêts de pays musulmans? Cela ne sert absolument pas la cause de ces groupes religieux d'avoir en même temps un pied à l'interieur, et un pied à l'exterieur. La compassion actuelle envers la communauté juive, par égards à la Shoah, est une chose, mais il s'agissait d'un génocide d'israélites européens, et non d'israeliens car ce pays n'existait pas alors. Accepter de recevoir ces deux personnes était donc complétement déplaçé de la part de Mme Calmy-Rey. Mais elle n'en est pas à une bourde près.
Confondre les deux (israélites et israéliens), et mélanger les genres est également dangereux car cela accrédite la thèse de nombreux extremistes islamistes que les israélites dans le monde sont des cibles légitimes car ils représentent l'état d'Israel qu'ils détestent. De plus, octroyer un droit supérieur à une communauté religieuse pour "convoquer" un ministre n'est pas correct par rapport à d'autres communautés qui se sentiraient discriminées.
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06 Mai 2008 à 18:28 dans
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