L’affaire Nef ou la fable de Samuel Schmid la patate
L’affaire Nef reflèteune incroyable médiocrité - L'Agefi, le 22 juillet 2008
Quel pataquès! Comment définir autrement le très mauvais feuilleton qui envahit ces jours la Berne fédérale? Quelle entreprise privée pourrait se permettre de diligenter la sélection des cadres supérieurs aux positions stratégiques avec si peu de sérieux que ne l’a fait notre gouvernement? Car en dernier lieu, c’est bien le Conseil fédéral qui porte la responsabilité de la nomination, dorénavant très suspecte et contestable, du chef de l’armée Roland Nef. Et quelle société garderait en son sein des dirigeants aussi incapables qu’un Samuel Schmid qui donne tous les jours davantage un peu plus la mesure de sa faiblesse? Non seulement le Bernois a eu le mauvais goût de dissimuler une plainte pour des agissements peu compatibles avec la charge de son subordonné à ses collègues, mais il l’a cru sur parole, ignorant la nature de la dénonciation pénale. Le respect de la protection de la sphère privée et la présomption d’innocence sont certes des sentiments honorables de la part d’un ancien avocat. Mais ces beaux principes n’empêchent pas en l’occurrence de faire preuve d’un minimum de transparence et de curiosité. Roland Nef n’est quand même pas n’importe qui!
Dans ce dossier, les erreurs de toutes sortes se multiplient avec des couacs où les dissimulations, les demi-vérités contradictoires se succédent, survenant à chaque fois après une révélation plus ou moins croustillante, servie par la presse qui n’en demande pas tant. Ce qui se déroule depuis quelques jours sous les yeux de l’opinion médusée est proprement inadmissible. L’armée, qui a déjà tant de peine à définir ses missions depuis la fin de la Guerre froide, mérite une direction plus sérieuse et sereine que ce à quoi nous assistons. Les récents accidents militaires dramatiques et encore non élucidés rappellent le sens de la responsabilité qui incombe en particulier à ses cadres et à ses chefs supérieurs.
Sur ce coup, les lacunes révélées sont accablantes. Acculé et contraint, le chef du Département de la défense (DDPS) s’est décidé en définitive à suspendre Roland Nef jusqu’au 20 août prochain, date de la rentrée politique de notre Exécutif. Le signal donné aux citoyens payeurs d’impôt reste d’autant moins convaincant qu’au moment où l’incendie couve, le gouvernement estime qu’il n’y a aucune raison d’interrompre ses vacances. C’est du moins la conclusion à laquelle parvient un président de la Confédération promettant depuis dimanche un suivi personnel de l’affaire.
Samuel Schmid espère s’en tirer une fois encore. Peut-être qu’un ultime arrangement tarabiscoté entre les avocats d’un chef de l’armée, désormais en sursis, et de son ex-compagne parviendront à lui sauver une dernière fois la mise. Le chef du DDPS prie pour cela. Sa meilleure assurance vie ne reste-t-elle pas en définitive un Conseil fédéral insignifiant appuyé par les partis gouvernementaux? Tout ce petit monde n’a en effet guère envie de le voir plier bagages de peur que Christophe Blocher ne rempile.
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22 Juillet 2008 à 18:44 dans
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