Trémeau Bernard - lundi 06 octobre 2008
chomage, inflation
Le nombre des demandeurs d’emploi a augmenté de 41 300 au mois d’août. C’est la plus forte augmentation mensuelle depuis quinze ans. Les uns accusent la crise financière, ou l’augmentation du prix du pétrole. Les autres accusent l’action du gouvernement, qui aurait par ses mesures poussé les patrons à moins embaucher. Il y a probablement une part de vérité dans toutes les prises de position exprimées.
Mais, pratiquement aucun commentateur (sauf Jean-Pierre Chevallier dans son blog) ne donne une explication monétaire du chômage détruisant la « vieille Europe ».
Depuis 1983, les gouvernements des pays développés (les USA, le Japon ou les pays Européens) ont décidé de s’opposer à l’inflation en utilisant un nouveau système. Ils s’engagent d’abord à ne plus créer de monnaie. Ils confient à leur banque centrale le soin de s’opposer à l’inflation. Elle y arrive en rendant le crédit qu’elle accorde aux banques privées plus ou moins coûteux.
Quand l’inflation menace, la Banque centrale augmente ses taux courts. Les banques privées qui empruntent l’argent dont elles ont besoin à la banque centrale répercutent sur leurs clients cette augmentation du crédit : leurs clients empruntent moins. Les entreprises investissent moins, ou les particuliers reculent l’achat d’une maison ou d’une voiture. La demande diminue, donc les prix ont tendance à baisser.
Les banques centrales sont arrivées ainsi à obtenir ce que leurs gouvernements demandaient, jusqu’en 2007 : obtenir une inflation inférieure à 2 %. En 1999, avec l’arrivée de l’euro, la Banque Centrale Européenne (la BCE) a repris le même système de lutte contre l’inflation.
Or, les gouvernements, et le gouvernement français tout particulièrement, imposent à l’économie des contraintes inflationnistes. Ils imposent par exemple les entreprises, ce qui augmente leurs prix de revient. Ou ils distribuent des retraites de plus en plus longues avec l’augmentation de la durée de la vie, ce qui augmente la demande sans augmenter l’offre. Ils combinent les deux en France avec la Sécurité sociale : les charges sociales payées par les entreprises alimentant les caisses de retraite.
Il est évident que la Banque centrale doit aussi s’opposer à cette inflation induite par les gouvernements. Plus les mesures gouvernementales sont inflationnistes, plus la banque centrale doit augmenter ses taux courts. Plus la progression de notre pouvoir d’achat se ralentit. Le chômage apparaît.
Or, les gouvernements peuvent tout aussi bien réaliser leurs politiques sociales en utilisant des mesures s’opposant à l’inflation. Prenons l’exemple du pain, solide base de notre alimentation.
– On peut augmenter son prix en augmentant les charges sociales ou les impôts pesant sur les boulangers. On peut aussi augmenter son prix en augmentant la TVA sur la consommation.
– On peut tout aussi bien diminuer son prix en supprimant les charges sociales ou la TVA. Si l’on augmente dans le même temps les impôts sur le revenu pour ne pas augmenter le déficit de l’État, on réduit alors la demande. On s’oppose donc parfaitement à l’inflation. Le prix du pain va baisser dans la même proportion que le revenu des consommateurs. On pourrait croire cette manipulation fiscale inutile pour s’opposer au chômage. Mais le prix du pain baissant, la BCE pourra alors réduire ses taux. Notre pouvoir d’achat augmentera d’autant et le chômage diminuera. C’est ce qu’a fait l’Allemagne de Schröder en 2002.
– On peut enfin augmenter les impôts sur le revenu pour donner des subventions aux boulangers. Le prix du pain baissera encore plus. Mais, en Tunisie, où cette politique sociale a été menée, le prix du pain était devenu tellement bas, qu’on l’achetait pour nourrir ses poules et ses cochons… Il a fallu arrêter l’opération pain pas cher pour tous.
Le jour où l’on comprendra ces mécanismes monétaires simples, le chômage disparaîtra.
(Source:les4verites.com)
La Suisse a été littéralement submergée par une vague de requérants d'asile durant le troisième trimestre 2008. L'augmentation de 40% par rapport à la même période de l'année précédente est révélatrice des négligences qui ont repris le dessus dans le secteur de l'asile depuis le début de cette année. L'UDC demande des mesures urgentes pour endiguer ce mouvement.
La dernière statistique de l'asile publiée par l'Office fédéral des migrations (ODM) est inquiétante. De toute évidence, le relâchement dans la pratique suisse de l'asile a été systématiquement exploité. Le nombre de demandes déposées en Suisse a progressé de 39,5% au 3ème trimestre 2008 par rapport à la même période de 2007. Alors que la conseillère fédérale responsable, Eveline Widmer-Schlumpf, se présentait dans la presse dominicale comme une partisane d'une politique dure dans ce domaine, les derniers chiffres donnent une image très différente de cette prétendue rigueur. La politique d'asile de l'actuelle ministre de la justice est un échec. Le nombre de demandes d'asile continue d'augmenter et ce développement va même en s'accélérant.
Aspect particulièrement choquant de cette situation, les requérants proviennent surtout des pays qui suscitent depuis quelque temps déjà des discussions politiques. L'Erythrée et la Somalie sont toujours en tête. L'UDC a relevé dans plusieurs interventions parlementaires le problème que posent les demandes d'asile déposées en masse par des déserteurs érythréens, mais jamais le Département fédéral de justice et police n'a réussi à esquisser la moindre ébauche de solution. Alors que le précédent chef du département voulait s'attaquer à ce problème en recourant au droit d'urgence, la nouvelle ministre préfère détourner la tête.
La vague de requérants d'asile qui submerge actuellement la Suisse nécessite cependant une réaction immédiate. Durant la dernière session parlementaire d'automne, le groupe UDC a invité le Conseil fédéral à répondre à quelques questions centrales et à proposer des mesures pour freiner ce développement. La Suisse a de nouveau besoin d'une politique dure et systématique dans ce domaine, faute de quoi elle deviendra très rapidement la Mecque des requérants de tous bords.
Un premier pas dans la bonne direction consiste à renforcer le Corps des gardes-frontière afin de resserrer le dispositif de surveillance aux frontières suisses, notamment au sud en direction de l'Italie. Mais d'autres mesures sérieuses doivent suivre pour mettre fin à l'immigration clandestine et aux agissements des bandes criminelles de passeurs qui exploitent la mollesse de la Suisse. On attend maintenant de Madame Widmer-Schlumpf qu'elle fasse suivre d'actes ses déclarations grandiloquentes dans les médias.
(C) Communiqué UDC Suisse, 08.10.2008
Thieulloy (de) Guillaume - lundi 06 octobre 2008
islamisme, livres
Un déplacement en province m’a enfin permis de lire l’ouvrage de l’islamologue Daniel Pipes, traduit par Guy Millière : « L’islam radical à la conquête du monde ». Cet ouvrage, très documenté sur les évolutions contemporaines du monde islamique, est fort stimulant et j’en conseille vivement la lecture aux abonnés des « 4 Vérités ».
La thèse en est double. D’une part, l’auteur nie que le problème central soit le terrorisme, et voit bien plutôt en l’idéologie de l’islam radical le principal problème politique contemporain. Conséquence de ce premier point, « la forme la plus efficace du contre-terrorisme consiste à combattre non pas les terroristes, mais les idées qui les motivent » (p. 317).
D’autre part, l’auteur nie que l’islam radical soit une interprétation religieuse de l’islam et veut au contraire soigneusement isoler les tenants de l’islam radical des fidèles de l’islam tout court.
Il est agréable de lire enfin un universitaire qui ne pratique pas la langue de bois ! Pipes appelle un chat un chat et un islamiste un ennemi. C’est évidemment la première étape, sans laquelle aucune résistance n’est même simplement envisageable. Au demeurant, il ne raisonne pas uniquement dans l’abstraction, mais vise aussi nommément les politiques de démission de beaucoup de gouvernements occidentaux – et la France en fait hélas ! partie –, surtout en matière d’immigration et d’intégration.
Je reste cependant perplexe devant la distinction islam/islam radical. Certes, il est clair que les nations occidentales devraient aider les intellectuels musulmans qui résistent à l’islam radical. Maintenir un pluralisme au sein de la sphère islamique est nécessaire. Mais cela ne peut guère aller au-delà d’un soutien « logistique » (garantir la sécurité de ces intellectuels, leur assurer une diffusion…). Car on voit mal sur quelle base les Occidentaux pourraient favoriser telle ou telle lecture de la tradition islamique. Je crains qu’il ne faille accepter que l’islam radical soit bien (contrairement à ce que dit Pipes) une des branches de l’islam, et pas nécessairement la moins légitime. Comme Occidentaux, nous avons toujours tendance à percevoir les autres civilisations à travers le prisme de nos habitudes, mais il n’existe aucune autorité « magistérielle » dans la religion islamique (plus exactement, il en existe des milliers) et Ben Laden n’est pas moins légitime dans sa lecture du Coran que Dalil Boubakeur.
Par ailleurs, une chose me paraît étrange dans la stratégie de Pipes. D’une part, en effet, il considère que, comme naguère face au communisme, il faut proposer la démocratie libérale et l’économie de marché dans toute la sphère arabo-musulmane et, d’autre part, il accepte l’alliance avec des dictatures pour réprimer l’islam radical et l’empêcher de prendre le pouvoir. Pour prendre un exemple largement débattu dans nos colonnes, on pourrait penser que, si le combat contre l’islam radical est prioritaire comme le pense Pipes, il eût été préférable de laisser Saddam Hussein en place, en le laissant réprimer les chiites de Sadr et autres radicaux et de s’opposer militairement à l’Iran, plutôt qu’à l’Irak.
En outre, il semble que chaque élection libre dans un pays musulman amène au pouvoir le FIS en Algérie, les islamistes d’Erdogan en Turquie, le Hamas en Palestine… Il n’est donc pas vraiment évident que répandre la démocratie soit la meilleure façon de résister à l’islam radical.
Enfin, j’aurais une critique plus « européo-centrée ». Partant de l’idée que la bataille pour le cœur de l’islam est, au plan géopolitique, essentiellement un combat entre l’Iran et la Turquie (au passage, remarquons que les deux pays professent un islam difficilement « exportable » dans les pays arabes : un chiisme de culture perse pour l’un et un islam fortement teinté de soufisme pour l’autre), Pipes suggère aux Européens d’accueillir au plus vite la Turquie.
Le problème est que l’on ne peut renier les appartenances civilisationnelles pour des motifs stratégiques, même prioritaires. À supposer que l’UE accueille la Turquie (comme il est à craindre qu’elle le fasse, l’ensemble des dirigeants européens y étant favorable), la Turquie n’en deviendrait pas européenne pour autant et rien ne l’empêcherait, à l’occasion d’un conflit éventuel, de choisir plutôt la solidarité islamique que la solidarité « européenne »…
Bref, un livre extrêmement stimulant, posant énormément de questions d’une brûlante actualité, ayant le courage de quitter le ciel des idées pour proposer des solutions concrètes, mais ces solutions n’en sont qu’à leur balbutiement.
Le débat sur l’islam radical ne fait que commencer…
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