Libre circulation avec la Roumanie et la Bulgarie - une histoire de gros sous qui ne nous concerne pas
Face aux déluge d'informations positives provenant des medias, qui tentent de vendre la bonne parole européenne, il faut quand même remettre les pendules à l'heure.
En effet, alors les journalistes abreuvent la population d'informations économiques inexactes et passéistes concernant le développement économique miraculeux de la Roumanie et Bulgarie, et mélangent allégrement charité tiers-mondiste, menace de guillotine, et esprit humaniste paneuropéen, il faut quand même rappeler la situation actuelle, soit une crise économique mondiale majeure sans précédents. Comme le disait justement un ancien président français, ils n'ont pas le monopole du cœur. Dire non à une extension des accords bilatéraux à la Roumanie et Bulgarie est avant tout une question de logique économique et de patriotisme, face aux travailleurs suisses, qui contrairement à leurs voisins allemands, français, et italiens, ne font presque jamais grève. Ils faut les en remercier.
Dans les faits, la crise mondiale de liquidité est passée par là, et a mis a genou les grands pays industrialisés (USA, GB, France, Allemagne, Japon, Chine, Russie comprise), sans compter l'Islande quasi ruinée et l'Espagne également sévèrement touchée. On constate que si la situation est grave dans nos pays de l'Ouest qui ont malgré tout un réseau social pour aider les nouveaux pauvres (ex-classes moyennes), les pays de l'Est sont encore plus touchés. La Pologne par exemple paie le prix de ces prêts hypothécaires libellés en francs suisse alors que leur devise coule, la Hongrie est sinistrée avec des banques boivent le bouillon, et bien sûr la Roumanie et Bulgarie ne font pas exception. Ainsi, il n'y a que la NZZ qui révèle en date du 27 janvier, à la place d'un DFAE devenu aphone, que l'Autriche prévoit de demander à ses voisins quasi ruinés de participer à un plan de relance économique pour perfuser ces deux pays. L'Autriche aurait semble-t-il déjà fournis des crédits à hauteur de 230 milliards d'Euros! Or dans la situation actuelle, de nombreux pays européens ont un urgent besoin de liquidités alors que leur comptes courants et leur recettes s'écroulent. Ainsi, ce n'est pas par hasard si les craintes d’un affaiblissement de la monnaie unique européenne ont atteint leur paroxysme le 14 janvier quand l’agence de notation Standard & Poor’s a baissé d’un cran le rating de la Grèce, à «A-», faisant naître la crainte qu’elle puisse même être exclue de la zone euro. L’Irlande, le Portugal et l’Espagne sont également dans son collimateur. Dans le cas des grecques, elle a invoqué une perte de compétitivité provoquée par la crise financière mondiale (moins de liquidités = moins d'investissements et d'emploi). Pour les trois autres, les dettes gouvernementales élevées sont à l’origine du scepticisme de l’agence. En fait, cette année, les pays de la zone euro devraient dépasser les critères de stabilité de Maastricht, stipulant que le déficit public annuel ne passe pas au-delà de 3% du PIB et que la dette publique reste inférieure à 60% de celui-ci. Bref, l'euro ne vaudra bientôt plus grand-chose, ni le dollar non plus…
Dans ce contexte économique dramatique qui en temps normal exigerait que le Conseil Fédéral reporte cette votation pour raisons d'incertitude économique (comme le vote sur la TVA/AI de Couchepin), on comprendra que l'électeur reste sceptique. On soulignera que contrairement aux propos rassurants d'Economiesuisse, le nombre de chômeurs dans les régions frontalières (Romandie, Bale et Tessin), est supérieur au taux de chômage moyen suisse. Genève (l'europhile Calvingrad) décroche même le pompon avec 5.9%, soit le double de la moyenne suisse. Nombreux sont ceux qui pensent qu'un filet social attractif en Suisse sera une aubaine pour ces européens (de l'est ou de l'ouest) dont le salaire moyen est d'à peine 2000 euros, et dont les perspectives professionnelles s'assombrissent. Bref, ce n'est pas le moment de pavoiser.
Si la Roumanie et la Bulgarie intéressent tant les puissants leaders européens, ce n'est pas pour les Roms qu'ils ne verront jamais mendier dans leur palais de verre, mais plutôt pour signer de juteux contrats gaziers. En effet, l'Europe a pris le pari, avec les USA, de contourner la Russie pour s'approvisionner en gaz, fus-ce auprès de pays peu recommandables comme le Kazakhstan et le Turkménistan. Pour ce faire, un consortium européens prévoit de fiancer $10 milliards dans le pipeline Nabucco qui passera comme par hasard par la Géorgie et le Kosovo (les nouveaux amis de l'Europe), la Turquie, la Roumanie et Bulgarie. Le but est donc bien politique, car il s'agit d'accepter des pays archis corrompus pour assurer nos importations en gaz, sans égards pour la population Suisse. La Suisse diversifie suffisamment ses importations énergétiques pour réduire sa dépendance, et par conséquent n'est pas obligée de suivre la politique de l'UE. Quand on voit le roi d'Espagne défiler au coté d'un General Kadafi pour signer des contrats énergétiques, on ne peut constater que les droits de l'homme ne sont pas leur priorité. L'esprit "communautaire" n'est qu'un alibi fumeux pour détourner l'attention des vrais problèmes, et surtout d'empêcher de déboulonner des politiques européen pyromanes qui ne servent pas leur populations mais leurs propres intérêts mercantiles. Pensez-vous que si les français pouvaient voter, ils voteraient OUI?
Pour toutes ces raison, nous vous invitons à dire NON a l'extensions des accords bilatéraux. Des accords commerciaux déséquilibrés ne peuvent servir l'intérêt du pays.
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31 Janvier 2009 à 02:12 dans
- Union Européenne
