Par François Brélaz, député UDC au Grand Conseil vaudois, défend l'initiative comme un moyen de pression sur la communauté musulmane afin qu'elle se plie aux règles suisses.
François Brélaz
Le Temps, Jeudi 18 septembre 2008
Pour vivre en harmonie, les différentes cultures et les différentes religions doivent se respecter mutuellement. La culture majoritaire doit respecter les minorités, mais celles-ci doivent éviter d'être trop revendicatrices et donner l'impression que les minorités veulent imposer leurs us et coutumes au plus grand nombre.
Il est de notoriété publique que les musulmans sont pluriels et divisés. De façon simpliste, je mets en évidence deux groupes: celui des Balkans, qui représente la moitié de la population musulmane de Suisse. Ce sont des gens discrets qui ne posent pas de problèmes. Le second groupe composé de ressortissants du Maghreb et de l'Orient est assez revendicatif.
C'est parce que j'ai trouvé que certains leaders étaient trop arrogants et se comportaient comme en pays conquis que j'ai décidé de soutenir cette initiative. Tous les pays musulmans sont des dictatures dans la mesure où, même s'il y a un parlement, il y a toujours une oligarchie royale ou militaire qui tire les ficelles. Ces prochains mois, lorsque le Conseil fédéral ou nos ambassadeurs rencontreront des représentants d'Etats où l'islam est religion d'Etat, ils devront expliquer ce qu'est la démocratie et par la même occasion exprimer leurs préoccupations concernant les persécutions dont les chrétiens sont victimes.
Parmi les revendications de certaines personnalités, je rappelle quelques déclarations maladroites de Mme Karmous, présidente des femmes musulmanes. Par exemple, lors de l'affaire des minarets, elle déclarait dans le journal Le Matin du 12.2.2006: «L'Occident veut-il une troisième guerre mondiale?» Puis, dans le même article, concernant la séparation des hommes et des femmes dans les piscines, elle déclare: «A la piscine, par exemple, la Suisse comprendra bien assez vite qu'il faut séparer les garçons et les filles. Je suis sûre que, d'ici dix ou quinze ans, ce sera le cas.» Et plus loin: «Mon rêve est que les autorités acceptent que les étudiantes et les enseignantes musulmanes puissent venir voilées à l'école. Mais ça viendra.» Le Tribunal fédéral a tranché: les élèves peuvent porter le voile à l'école, mais pas les enseignantes. Comme Suisse et chrétien, peut-on admettre sans réagir qu'une immigrée, même si elle a le passeport à croix blanche, puisse tenir des propos aussi conquérants?
D'autre part, en lisant M. Hani Ramadan, on peut se poser la question de savoir si islam et démocratie sont compatibles: «L'islam comprend une notion qui est étrangère à la démocratie moderne: l'obéissance de tous les citoyens musulmans va d'abord à la loi divine. C'est elle, la charia, qui constitue la référence normative de la communauté» (L'islam et la dérive de l'Occident, Editions Maison d'Enmour).
Dans les pays du Maghreb et d'Orient, la situation des chrétiens est désespérée. En Arabie saoudite, la liberté religieuse est inexistante. Il est strictement interdit aux non-musulmans de pratiquer leur religion et ils sont privés de tout lieu de culte. Cet Etat, qui finance la construction de mosquées à travers le monde, ne permet pas chez lui la construction de la moindre chapelle.
En Iran et en Irak, des femmes chrétiennes sont obligées de porter le voile pour ne pas être importunées. Depuis l'adoption, en 2006, par les autorités algériennes, de règles visant à réglementer les activités religieuses autres que musulmanes, les chrétiens sont persécutés: fermetures d'églises, procès et menaces de prison pour détention d'exemplaires de la bible, prison avec sursis pour des personnes qui décident de quitter l'islam pour la chrétienté.
En juin 2008, un conseiller national s'est inquiété de cette situation et a interpellé l'exécutif fédéral. Dans la réponse, Mme Calmy-Rey affirme que le Conseil fédéral a connaissance des tracasseries auxquelles sont soumis certains milieux chrétiens et que le sujet a été abordé par le Conseil fédéral lors d'échanges avec les autorités algériennes.
Dans ce contexte, il faut défendre le principe de la réciprocité: ce n'est pas parce que nous sommes une démocratie qu'il faut admettre qu'un immigré puisse, au nom de la religion, exprimer des revendications excessives, se les voir accordées, alors que ce même musulman, dans son pays d'origine, mettra le chrétien en prison!
Tout immigré qui vient en Suisse doit respecter les habitants de souche, et je me souviens de cette expérience faite en juin 2006. Le Centre islamique de Lausanne avait organisé une soirée de débats. A un moment donné, je discute avec une musulmane; à la fin de notre entretien, je lui tends la main pour dire au revoir et, à mon grand étonnement, elle la refuse: comme pratiquante, elle ne serre pas la main d'un homme. J'ai été tout d'abord étonné, puis vexé. Et là, je suis prêt à passer pour intolérant, mais je n'admets pas une telle attitude. Cette femme doit comprendre que même comme personne très pratiquante, elle ne peut pas se comporter de la même manière selon qu'elle vit à Alger ou à Lausanne et que dans notre pays elle doit consentir à des adaptations.
S'ils veulent être acceptés, les musulmans doivent être moins revendicatifs et plus discrets...
(Le Temps)
Pour illustrer la justesse de ses propos, un article paru dans le journal français Le Point, rapporte l'étonnante controverse autour du port du voile dans une auto-école...Jusqu'où irons nous avant de réagir! L'histroire ne dit pas si le frère de la conductrice voilée devra être présent à l'examen théorique et pratique. En Arabie Saoudite, les femmes ne peuvent conduire seule.