Stefan Meierhans, 40 ans, occupera le poste de surveillant des prix libéré par le départ à la retraite du socialiste Rudolf Strahm. Employé actuellement auprès de Microsoft Suisse, il entrera en fonction le 1er octobre. Le choix de Doris Leuthard s’est porté sur un membre de son entourage personnel. Stefan Meierhans est le mari de l’ancienne porte-parole du PDC Béatrice Wertli. Lui-même est membre du comité du PDC du canton de Berne. Il bénéficie de conditions de faveur: la fonction de M. Prix sera à l’avenir une occupation à 100%. «Nous avons dû nous adapter en cours de route. Il était difficile d’attirer des personnes expérimentées avec un poste à 60%», explique la cheffe du Département fédéral de l’économie.
Inconnu du grand public, Stefan Meierhans dispose d’une double expérience de l’administration et de l’économie privée. C’est un atout décisif aux yeux de la cheffe du Département de l’économie car il devra négocier des tarifs avec des entreprises. Après avoir obtenu un titre de docteur en droit à l’Université de Bâle en 1998, le nouveau M. Prix a travaillé six ans au secrétariat général du Département fédéral de justice et police dans l’état-major des conseillers fédéraux Arnold Koller et Ruth Metzler. Dans le cadre de son emploi actuel, il conseille le directeur général de Microsoft suisse sur les affaires gouvernementales et il représente son entreprise dans des organes gouvernementaux et non gouvernementaux.
Le poste a suscité de l’intérêt. Une quarantaine de candidatures sérieuses sont parvenues au Département de l’économie. Deux femmes figurent parmi les noms évoqués: l’agronome Sybil Anwander, responsable de la politique économique chez Coop, et la Fribourgeoise Marianne Meyer Genilloud, ancienne secrétaire générale de la Fédération romande des consommateurs. Elles faisaient figure de favorites, sachant que Doris Leuthard veut augmenter la proportion de femmes parmi les cadres. Toutes deux sont membres du PDC, à l’instar de la personne retenue. Doris Leuthard assure que l’appartenance partisane n’a pas joué de rôle dans son choix mais il lui aurait été difficile de nommer un socialiste après avoir déjà placé le syndicaliste Serge Gaillard à la Direction du travail. Cela excluait le Valaisan Jean-Noël Rey, qui aurait aussi eu le profil requis. (Source: AGEFI)
Le copinage PDC continue
Cette nomination du mari d'une ancienne porte-parole du PDC est un scandale! Pourquoi pas engager son jardinier ou sa femme de ménage pendant qu'on y est! Quelle transparence y-a-t-il eu lors de la sélection des candidatures? De plus, M. Stefan Meierhans a travaillé pour Microsoft, une entreprise déjà condamnée pour des pratiques cartélaires! Le prochain M. Prix viendra-t-il de Swisscom ou de la Poste? Tout cela est ridicule et symptomatique d'un état d'esprit ou tout se fait en catimini. Dans un débat plus général, on peut s'interroger sur ce poste, taillé à 100% pour l'occasion, et qui duplique ce que fait déjà la commission de la concurrence. La réaction de Sara Stalder, la directrice de la "Stiftung für Konsumentenschutz" (SKS) à Berne exprime également de la surprise sur la nomination d'un lobbyiste pour défendre les consommateurs. Mais le PDC n'en est pas à une contradiction près (http://www.espace.ch/artikel_535135.html)
La Berner Zeitung, contrairement à d'autres journaux complaisants, ne cache également pas son scepticisme et critique un choix de parti:
Zweifel sind unausweichlich Bundesrätin Doris Leuthard lässt einen jungen, unbekannten CVP-Mann zum neuen Preisüberwacher wählen. Bisher haben national bekannte Parlamentarier gegen Preismissbrauch gekämpft. Jetzt soll sich ausgerechnet ein ehemaliger Mitarbeiter des US-Software-Giganten Microsoft für die Interessen der Konsumenten stark machen. Zweifel, ob Stefan Meierhans die richtige Wahl ist, sind unausweichlich. Denn der neue Preisüberwacher hat drei Hypotheken: ? Sein Vorgänger Rudolf Strahm hat dank seiner Unabhängigkeit und seinem Leistungsausweis dem Amt neuen Glanz und Einfluss verliehen. Strahm war sehr aktiv und hat immer wieder eigene Themen gesetzt. Im Gegensatz dazu muss sich Meierhans sogar seine Bekanntheit erst mühevoll erarbeiten. ? Meierhans hat im Bundeshaus offiziell für Microsoft lobbyiert. Das ist gleich doppelt problematisch. Die EU hat Microsoft gebüsst, weil der Konzern seine Monopolstellung zur Durchsetzung höherer Preise missbraucht hat. Meierhans hat ein Imageproblem, wenn er als ehemaliger Microsoft-Manager gegen Preismissbrauch von Monopolisten vorgehen muss. Und mit dem Etikett des Lobbyisten dürfte es Meierhans schwerfallen, beim breiten Publikum Sympathien zu gewinnen. ? Weil ihn nicht Bekanntheit oder spezielle Leistungen für das Amt qualifizieren, liegt der Verdacht nahe, dass das Parteibuch bei der Wahl eine wichtige Rolle spielte. Wird die CVP künftig in ihren Prestigekampf gegen die Hochpreisinsel neben ihrer Bundesrätin auch den Preisüberwacher einbinden? Bei der Wahl des Gewerkschaftsökonomen Gaillard ins Seco hat Leuthard mehr Mut bewiesen. Meierhans erhält ab Oktober die Chance, alle Zweifel zu widerlegen und die Handicaps mit Engagement und Mut wettzumachen.