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UDC Friends-Le Blog des Amis de l'UDC en Romandie

Versement de bonus malgré des déficits par milliards?

La semaine dernière, la Confédération a annoncé des mesures financières pour soutenir la place financière suisse et, plus particulièrement, la banque UBS. Un montant de six milliards de francs ? de l'argent des contribuables suisses ? a été transféré à cet effet à l'UBS. Or, la presse dominicale a annoncé hier que l'UBS verserait en 2008 également des bonus substantiels à ses employés malgré la misère financière dans laquelle se trouve cet établissement. Au total, il s'agirait d'un montant de sept milliards de francs. D'où cette question fort simple : pourquoi ce soutien financier de l'Etat et la suppression des bonus n'aurait-elle pas eu le même effet? On ajoutera que les signaux contreproductifs que donne le système actuel des rémunérations est responsable pour une bonne part de la crise dans laquelle se trouve cet établissement.

Bien que les banques suisses aient détruit ces derniers mois des dizaines de milliards de francs et qu'il ait même fallu que l'Etat intervienne pour sauver l'UBS, cette grande banque entend joyeusement continuer de verser de juteux bonus à ses collaborateurs. Comment peut-on raisonnablement envisager dans cette situation de distribuer des bonus pour sept milliards de francs ? donc plus que la Confédération veut injecter dans la banque pour la soutenir? Si on divise ce montant par le nombre d'employés de l'UBS, soit environ 80'000 personnes, ont obtient une somme d'environ 90'000 francs par tête. En moyenne donc, les bonus accordés par l'UBS sont plus élevés que les salaires gagnés par la majorité des Suisses puisque les deux tiers de la population de ce pays ne gagnent même pas ce montant!

Il est évident que les citoyennes et citoyens suisses ont du mal à comprendre ces pratiques salariales. Ce d'autant plus que le mode de rémunération de l'UBS a été un élément décisif dans la misère financière que vit actuellement cette banque. En effet, le facteur risque n'a jusqu'ici pas été pris en compte dans le calcul de ces versements "au mérite". De toute évidence, seul comptait le profit et c'est bien cette politique à courte vue qui a conduit les banques à négliger superbement des précautions élémentaires. Les banques en ont oublié les risques élevés que ces promesses de profit encouragent à prendre. Elles seraient bien inspirées de remplacer tous les contrats de travail comportant un système d'encouragement au bonus par de nouveaux modèles de rémunération.

Cela implique aussi un changement radical des mentalités. A l'avenir, la structure du risque doit aussi entrer dans l'évaluation d'un placement. Il faut continuer de récompenser la création de richesses sur le long terme, mais mettre fin aux pratiques irresponsables actuelles. On trouve actuellement déjà au niveau international des systèmes d'encouragement de ce type.  Ce mode de rémunération va dans le bon sens et prend en considération toutes les composantes en vue du calcul du bonus. On peut citer à ce propos le système de rémunération de la banque HSBC (Hong Kong and Shanghai Banking Corporation). Place financière importante, la Suisse doit également poser des jalons dans ce domaine et les banques doivent revoir leurs pratiques salariales de fond en comble. Cette arnaque au bonus ? maintenant même aux frais des contribuables ? doit définitivement cesser.

(C) Alain C. Hauert, porte-parole de l'UDC Suisse, Service de presse UDC Suisse 20.10.2008
 
Ce qui est également difficile à avaler, c'est cette manie du Conseil Federal et de la BNS de préparer leur "lex UBS" en catimini en utilisant une entité aux Iles Caymans pour reprendre les actifs pourris d'UBS. Même si la BNS ne fait que prêter de l'argent ($54 milliards) en contrepartie d'un crédit remboursable sur 8-12 ans, on reste sur l'impression que ce fonds ne pourra pas faire de bénéfices. Dans ces conditions, il semble indispensable qu'UBS remette la main à la poche. Cela rappelle tant Swissair, lorsque le parlement devait se prononcer à posteriori sans réel droit de veto. La base juridique avancée par Couchepin (sauvegarde de l'intérêt national) semble également bien mince. Du coté de la Confédération, le bilan reste douteux tant il semble que les $6 millards prêtés ne seront pas compensés par les milliers d'actions UBS en déroute. Personne n'explique pourquoi ce plan de sauvetage ne concerne également pas d'autre banques, car il semble clair que les politiques naviguent à vue. On se rappelle encore des propos rassurant de Doris Leuthard et de M. Roth de la BNS qui prédisaient il y a plusieurs mois que la crise ne toucherait pas la Suisse....Quelle manque de vision incroyable. Espérons que le peuple pourra garder un oeil sur cette opération les années qui suiveront pour éviter que les dettes d'UBS ne soient comptabilisées sur notre dos.


 


Les raisons monétaires de la crise financière

Trémeau Bernard - lundi 06 octobre 2008

chomage, inflation
Le nombre des demandeurs d’emploi a augmenté de 41 300 au mois d’août. C’est la plus forte augmentation mensuelle depuis quinze ans. Les uns accusent la crise financière, ou l’augmentation du prix du pétrole. Les autres accusent l’action du gouvernement, qui aurait par ses mesures poussé les patrons à moins embaucher. Il y a probablement une part de vérité dans toutes les prises de position exprimées.
Mais, pratiquement aucun commentateur (sauf Jean-Pierre Chevallier dans son blog) ne donne une explication monétaire du chômage détruisant la « vieille Europe ».

Depuis 1983, les gouvernements des pays développés (les USA, le Japon ou les pays Européens) ont décidé de s’opposer à l’inflation en utilisant un nouveau système. Ils s’engagent d’abord à ne plus créer de monnaie. Ils confient à leur banque centrale le soin de s’opposer à l’inflation. Elle y arrive en rendant le crédit qu’elle accorde aux banques privées plus ou moins coûteux.

Quand l’inflation menace, la Banque centrale augmente ses taux courts. Les banques privées qui empruntent l’argent dont elles ont besoin à la banque centrale répercutent sur leurs clients cette augmentation du crédit : leurs clients empruntent moins. Les entreprises investissent moins, ou les particuliers reculent l’achat d’une maison ou d’une voiture. La demande diminue, donc les prix ont tendance à baisser.
Les banques centrales sont arrivées ainsi à obtenir ce que leurs gouvernements demandaient, jusqu’en 2007 : obtenir une inflation inférieure à 2 %. En 1999, avec l’arrivée de l’euro, la Banque Centrale Européenne (la BCE) a repris le même système de lutte contre l’inflation.

Or, les gouvernements, et le gouvernement français tout particulièrement, imposent à l’économie des contraintes inflationnistes. Ils imposent par exemple les entreprises, ce qui augmente leurs prix de revient. Ou ils distribuent des retraites de plus en plus longues avec l’augmentation de la durée de la vie, ce qui augmente la demande sans augmenter l’offre. Ils combinent les deux en France avec la Sécurité sociale : les charges sociales payées par les entreprises alimentant les caisses de retraite.

Il est évident que la Banque centrale doit aussi s’opposer à cette inflation induite par les gouvernements. Plus les mesures gouvernementales sont inflationnistes, plus la banque centrale doit augmenter ses taux courts. Plus la progression de notre pouvoir d’achat se ralentit. Le chômage apparaît.

Or, les gouvernements peuvent tout aussi bien réaliser leurs politiques sociales en utilisant des mesures s’opposant à l’inflation. Prenons l’exemple du pain, solide base de notre alimentation.

– On peut augmenter son prix en augmentant les charges sociales ou les impôts pesant sur les boulangers. On peut aussi augmenter son prix en augmentant la TVA sur la consommation.

– On peut tout aussi bien diminuer son prix en supprimant les charges sociales ou la TVA. Si l’on augmente dans le même temps les impôts sur le revenu pour ne pas augmenter le déficit de l’État, on réduit alors la demande. On s’oppose donc parfaitement à l’inflation. Le prix du pain va baisser dans la même proportion que le revenu des consommateurs. On pourrait croire cette manipulation fiscale inutile pour s’opposer au chômage. Mais le prix du pain baissant, la BCE pourra alors réduire ses taux. Notre pouvoir d’achat augmentera d’autant et le chômage diminuera. C’est ce qu’a fait l’Allemagne de Schröder en 2002.

– On peut enfin augmenter les impôts sur le revenu pour donner des subventions aux boulangers. Le prix du pain baissera encore plus. Mais, en Tunisie, où cette politique sociale a été menée, le prix du pain était devenu tellement bas, qu’on l’achetait pour nourrir ses poules et ses cochons… Il a fallu arrêter l’opération pain pas cher pour tous.

Le jour où l’on comprendra ces mécanismes monétaires simples, le chômage disparaîtra.
(Source:les4verites.com)

Doris Leuthard nomme un nouveau Monsieur Prix

Stefan Meierhans, 40 ans, occupera le poste de surveillant des prix libéré par le départ à la retraite du socialiste Rudolf Strahm. Employé actuellement auprès de Microsoft Suisse, il entrera en fonction le 1er octobre. Le choix de Doris Leuthard s’est porté sur un membre de son entourage personnel. Stefan Meierhans est le mari de l’ancienne porte-parole du PDC Béatrice Wertli. Lui-même est membre du comité du PDC du canton de Berne. Il bénéficie de conditions de faveur: la fonction de M. Prix sera à l’avenir une occupation à 100%. «Nous avons dû nous adapter en cours de route. Il était difficile d’attirer des personnes expérimentées avec un poste à 60%», explique la cheffe du Département fédéral de l’économie.

Inconnu du grand public, Stefan Meierhans dispose d’une double expérience de l’administration et de l’économie privée. C’est un atout décisif aux yeux de la cheffe du Département de l’économie car il devra négocier des tarifs avec des entreprises. Après avoir obtenu un titre de docteur en droit à l’Université de Bâle en 1998, le nouveau M. Prix a travaillé six ans au secrétariat général du Département fédéral de justice et police dans l’état-major des conseillers fédéraux Arnold Koller et Ruth Metzler. Dans le cadre de son emploi actuel, il conseille le directeur général de Microsoft suisse sur les affaires gouvernementales et il représente son entreprise dans des organes gouvernementaux et non gouvernementaux.

Le poste a suscité de l’intérêt. Une quarantaine de candidatures sérieuses sont parvenues au Département de l’économie. Deux femmes figurent parmi les noms évoqués: l’agronome Sybil Anwander, responsable de la politique économique chez Coop, et la Fribourgeoise Marianne Meyer Genilloud, ancienne secrétaire générale de la Fédération romande des consommateurs. Elles faisaient figure de favorites, sachant que Doris Leuthard veut augmenter la proportion de femmes parmi les cadres. Toutes deux sont membres du PDC, à l’instar de la personne retenue. Doris Leuthard assure que l’appartenance partisane n’a pas joué de rôle dans son choix mais il lui aurait été difficile de nommer un socialiste après avoir déjà placé le syndicaliste Serge Gaillard à la Direction du travail. Cela excluait le Valaisan Jean-Noël Rey, qui aurait aussi eu le profil requis. (Source: AGEFI)

Le copinage PDC continue

Cette nomination du mari d'une ancienne porte-parole du PDC est un scandale! Pourquoi pas engager son jardinier ou sa femme de ménage pendant qu'on y est! Quelle transparence y-a-t-il eu lors de la sélection des candidatures? De plus, M. Stefan Meierhans a travaillé pour Microsoft, une entreprise déjà condamnée pour des pratiques cartélaires! Le prochain M. Prix viendra-t-il de Swisscom ou de la Poste? Tout cela est ridicule et symptomatique d'un état d'esprit ou tout se fait en catimini. Dans un débat plus général, on peut s'interroger sur ce poste, taillé à 100% pour l'occasion, et qui duplique ce que fait déjà la commission de la concurrence. La réaction de Sara Stalder, la directrice de la "Stiftung für Konsumentenschutz" (SKS) à Berne exprime également de la surprise sur la nomination d'un lobbyiste pour défendre les consommateurs. Mais le PDC n'en est pas à une contradiction près (http://www.espace.ch/artikel_535135.html)

La Berner Zeitung, contrairement à d'autres journaux complaisants, ne cache également pas son scepticisme et critique un choix de parti:

Zweifel sind unausweichlich Bundesrätin Doris Leuthard lässt einen jungen, unbekannten CVP-Mann zum neuen Preisüberwacher wählen. Bisher haben national bekannte Parlamentarier gegen Preismissbrauch gekämpft. Jetzt soll sich ausgerechnet ein ehemaliger Mitarbeiter des US-Software-Giganten Microsoft für die Interessen der Konsumenten stark machen. Zweifel, ob Stefan Meierhans die richtige Wahl ist, sind unausweichlich. Denn der neue Preisüberwacher hat drei Hypotheken: ? Sein Vorgänger Rudolf Strahm hat dank seiner Unabhängigkeit und seinem Leistungsausweis dem Amt neuen Glanz und Einfluss verliehen. Strahm war sehr aktiv und hat immer wieder eigene Themen gesetzt. Im Gegensatz dazu muss sich Meierhans sogar seine Bekanntheit erst mühevoll erarbeiten. ? Meierhans hat im Bundeshaus offiziell für Microsoft lobbyiert. Das ist gleich doppelt problematisch. Die EU hat Microsoft gebüsst, weil der Konzern seine Monopolstellung zur Durchsetzung höherer Preise missbraucht hat. Meierhans hat ein Imageproblem, wenn er als ehemaliger Microsoft-Manager gegen Preismissbrauch von Monopolisten vorgehen muss. Und mit dem Etikett des Lobbyisten dürfte es Meierhans schwerfallen, beim breiten Publikum Sympathien zu gewinnen. ? Weil ihn nicht Bekanntheit oder spezielle Leistungen für das Amt qualifizieren, liegt der Verdacht nahe, dass das Parteibuch bei der Wahl eine wichtige Rolle spielte. Wird die CVP künftig in ihren Prestigekampf gegen die Hochpreisinsel neben ihrer Bundesrätin auch den Preisüberwacher einbinden? Bei der Wahl des Gewerkschaftsökonomen Gaillard ins Seco hat Leuthard mehr Mut bewiesen. Meierhans erhält ab Oktober die Chance, alle Zweifel zu widerlegen und die Handicaps mit Engagement und Mut wettzumachen.


Prix du diesel - Quand les verts libéraux soutiennent les camionneurs

Quelle n'est pas l'agréable surprise de lire dans la Berner Zeitung que la verte-libérale Verena Diener (ZH) soutient l'idée de baisser la taxe sur le diesel, comme le propose également l'UDC et certains radicaux.  Alors qu'en Suisse romande ce débat est tabou car il est plus politiquement correct de s'ériger en taliban contre les voitures et défendre le dogme de la mobilité douce, il semble que ce débat évolue mieux en suisse allemande. En effet, comment accepter la passivité du conseil fédéral, lui-même pris la main dans le sac à hauteur de 600 millions de recettes, alors que l'économie est en train de subir un ralentissement, les prix a la consommation augmentent fortement, et que l'augmentation du prix de pétrole sera "naturellement" répercutée sur le consommateur.

On pourrait parler également de la hausse réelle des loyers, et de l'impact négatif de libre circulation dans la saturation du marché immobilier sur l'arc lémanique.  Bref, en ce domaine, le conseil fédéral fait preuve d'un aveuglement incroyable car il préfère tuer la croissance et plomber les ménages plutôt que  de repenser sa fiscalité.  Notons que le conseil fédéral a eu beaucoup moins de problèmes pour justifier le paiement d'un milliard aux pays de l'est sans la moindre contre partie économique mesurable.  Pour en rajouter une couche, on n'ose même pas parler de la probable hausse "temporaire" de la TVA pour financer l'AI et de l'également probable taxe c02 sur les carburants qui seraient le "pompon" fiscal. En réalité,  le conseil fédéral est englué dans des financements croisés dont il n'arrive plus à s'extraire, et préfère foncer dans le mur en fermant les yeux. Reste à voir si Mme Diener sera autant couverte de roses pour cette proposition, que lorsqu'elle avait été portée aux nues par les medias romands lors de son élection aux conseil des états face à l'UDC Ueli Maurer.

Pour lire l'article du Berner Zeitung " Grünliberale hilft den Camionneuren" cliquez ici:
http://www.espace.ch/artikel_534640.html


Banking reform must begin in boardroom

By Paul Myners, Former member of the Financial Reporting Council
Source: Financial Times

Proposals to overhaul the banking system have largely ignored the governance of our banks. But if other reforms are to have any traction, it is essential to shake up the boardrooms that oversee the rest of the operation.

First, board members should never forget that the most vital part of their job is to challenge executives. My rule of thumb is swiped from Voltaire: judge a person by his or her questions. Are board members asking the right questions and with enough persistence? Simple in theory, but not easy to do in environments where anything more than the occasional mundane query is regarded as bad form. I have had meetings in the boardrooms of nearly all our big banks. Some are stuffy and some are modern, but none of them feels like a room made for serious discussion, decision-making or curiosity about the source of profits and profitability or the location and scale of risk.

The typical bank board resembles a retirement home for the great and the good: there are retired titans of industry, ousted politicians and the occasional member of the voluntary sector. If such a selection – more likely to be found in Debrett’s Peerage than the City pages – was ever good enough, it is not now. The business of banking is exponentially more complicated than a generation ago, and the panel guiding it must be able to follow its dealings. At the very least the chairman and senior independent director or chairman of the risk committee should have recent and relevant banking experience. Most do not. Few non-executives have the skill or appetite to challenge the thinking behind risk budgeting; to identify weaknesses in risk measurement techniques or the spurious accuracy implied; to reach their own view on asset and liability valuations or reach a view on capitalisation independent from the minimum levels required by regulators and suppliers of credit.

Bankers’ pay is an area where independent directors on remuneration committees can have a big influence. It is their job to ensure that compensation aligns with the interests of shareholders. Yet given the explosion in financiers’ bonuses it is doubtful whether banks’ independent directors were sufficiently challenging about incentive effects or sensitive to the culture they were promoting. Since excessive pay often drives goofy corporate strategy, and vice versa, such a relaxed attitude has been doubly harmful.

Finally, all the talk about increased powers for regulators should take into account who those officials deal with. Regulators will typically bring concerns about risk to executives. It would be far more effective if they were also to engage with outside directors. The warnings about underpriced and undermeasured risk, particularly from the Bank of England, did not get through to the non-executive directors who had the obligation and power to challenge reckless pro-cyclical policies.

Unless there is a change in the way banks are governed, the excesses that led to the credit crunch stand to be repeated. It is not surprising that the Bank’s governor said this week’s bail-out was “not to protect the banks but to protect the public from banks”. Bank boards and their non-executives in particular, who played the main role in allowing this crisis to happen, are going to have to raise their game.


chez UBS, on ne change pas une équipe qui perd

Editorial paru dans l'Agefi le jeudi 24 avril 2008

La révolution ne passera pas. Les annonces de coup d’éclat ou de force s’étaient pourtant multipliées ces dernières semaines alors que se rapprochait la date de l’assemblée générale d’UBS. Et, vu la virulence de certaines déclarations d’actionnaires, on aurait pu croire à la possibilité d’un coup de force sous l’impulsion d’un front unifié. Mais l’union n’a pas eu lieu. Quelles qu’en soient les raisons, tous les points de l’ordre du jour soumis au vote ont été approuvés à d’écrasantes majorités dignes des élections à certains Politburo au siècle dernier.

A croire que rien ne s’est passé au sein de la plus grande banque de Suisse. Le fait que les pertes s’affichent désormais à quelque 38 milliards de francs et qu’elles annulent purement et simplement la totalité des bénéfices enregistrés par l’institution depuis sa création en 1998 n’aura finalement fait que peu de vagues. Pas plus que le rapport publié en début de semaine et tentant d’expliquer les incroyables circonstances et la suite de choix absurdes qui ont mené à creuser ce trou colossal. Rien n’y a fait. Pire, seul verrou à sauter, Marcel Ospel a fait en sorte de laisser derrière toute sa clique d’«Ospel boys» qui ont largement contribué à mettre en péril la banque qui les emploie. A commencer par son remplaçant à la tête du conseil d’administration, Peter Kurer, aussi connu pour son rôle actif dans la débâcle de Swissair et dans celle de la très coûteuse Swiss. Les doutes quant à la capacité de ce juriste à redresser la barre d’UBS sont désormais imprimés dans l’esprit de la plupart des observateurs. Les plus violentes critiques se sont tout de même fait entendre hier encore lors de l’annonce de son élection accueillie par un tollé et des sifflets. Mais Peter Kurer n’est pas la seule scorie du passé puisqu’il s’est adjoint les services de Stephan Häringer, lui aussi disciple d’Ospel, en tant que vice-président.

Si le plan de réorganisation et la nouvelle stratégie, toute faite de prudence, énoncés ont été loin de rassurer, le plan de recapitalisation, ouvert cette fois à tous les actionnaires, a pu redonner un certain espoir aux détenteurs de titres UBS. Et cela, malgré la dilution que va entraîner l’arrivée de 15 milliards de francs, en plus des 13 milliards obtenus, il y a quelques semaines, auprès de fonds singapouriens et moyen-orientaux. Enfin, les nouvelles règles de gouvernance, qui instituent notamment une réévaluation annuelle des membres du conseil, semblent tenir davantage d’un effet de style que d’une réelle garantie contre de nouvelles dérives.

Il y a décidemment quelque chose d’insoutenable à voir le directoire d’une institution incapable de reconnaître l’mpleur réelle de ses erreurs et de prendre les mesures qui s’imposent pour changer une équipe qui a manifestement perdu. UBS a trop longtemps été l’étendard du système bancaire suisse pour ne pas mériter mieux que des demi-réformes, émanations de l’amateurisme effarant d’une coterie qui ne veut tout simplement pas renoncer au pouvoir. Sinon, cette icône helvétique risque bien de finir en petits morceaux et reléguée en deuxième ligue.


UBS: les gesticulations navrantes du PS

commentaires.com - Philippe Barraud

mercredi 2 avril 2008


En politique, s’agiter et crier fort est un signe d’impuissance. Le PS s’agite et crie très fort à propos de l’UBS, et M. Levrat multiplie les sottises.

Christian Levrat, président du Parti socialiste suisse, croit devoir faire un foin d’enfer autour de l’UBS et de ses pertes dans la crise du subprime. Malheureusement, il le fait en alignant des «exigences» plus grotesques les unes que les autres. Celles-ci témoignent non seulement de l’impuissance totale de ce parti (comme des autres d’ailleurs) dans cette affaire, mais encore, et c’est plus grave, d’une méconnaissance abyssale du monde de la finance et de son fonctionnement. ...(lire la suite ICI)


Les paysans contre un accord de libre-échange agricole avec l'UE

Guy Parmelin, conseiller national UDC du canton de Vaud, s'insurge contre la politique de la conseillère fédérale Doris Leuthard et laisse entrevoir des représailles sur d'autres dossiers.

Dans un article paru le 6 février dernier dans le quotidien Le Temps, il est fait un état des lieux de la situation telle qu'il la juge avant la décision, présentée comme acquise, de l'ouverture de négociations avec l'UE sur l'épineux sujet d'un accord de libre-échange agricole. Cette analyse est toutefois incomplète sur quelques points cruciaux que les citoyens de ce pays sont en droit de connaître et que le département de Doris Leuthard s'ingénie à dissimuler en faisant miroiter une baisse de 25% des prix des produits agricoles pour les consommateurs suisses, sans par ailleurs fournir les preuves chiffrées, exemples concrets à l'appui de ces assertions.  Cet accord, s'il se conclut, est un accord qui concerne le commerce des produits agricoles pour l'essentiel; et la nuance est d'importance puisque les seuls gagnants à coup sûr seront les acteurs de la grande distribution dont les intérêts seront ainsi pour l'essentiel préservés.

Du côté des producteurs, c'est une perte de revenu de 2 milliards de francs au bas mot qui va les toucher, principalement dans le secteur de la viande et des grandes cultures. Les prix à la production vont diminuer et les coûts suisses (énergie, prix du terrain, amortissements, salaires, etc.) sur lesquels les producteurs n'ont aucune prise et qui représentent environ deux tiers de leurs charges ne seront nullement touchés. Et je laisse de côté toutes les exigences suisses en matière de protection des animaux, des eaux et de l'aménagement du territoire (pour certaines nullement remises en cause par l'agriculture) qui subsisteront et qui contribuent aussi à augmenter l'écart des coûts avec l'étranger.  Si l'industrie agroalimentaire suisse conserve, elle, une petite marge de manœuvre supplémentaire en pouvant librement travailler des matières premières importées le cas échéant, sa situation sera tout aussi critique vu que les règles du jeu ne sont pas du tout les mêmes dans l'UE qu'en Suisse. Ainsi, l'Union européenne, contrairement à la Suisse, subventionne parfois à plus de 50% les investissements dits du premier échelon tels les frigos de stockage de pommes, les fabriques d'aliments pour le bétail, les abattoirs ou encore les usines de transformation de matières premières énergétiques (éthanol par exemple).  A cela, vous ajoutez les différences astronomiques du prix du terrain pour construire des infrastructures de transformation et de mise en valeur des matières premières agricoles, qui passe de 2,50 fr./m2 en Espagne à 20 fr./m2 dans la région parisienne pour culminer à plus de 250 fr./m2 en Suisse et vous avez une vision beaucoup plus objective des raisons qui pousseront dans tous les cas les milieux agricoles à lutter de toutes leurs forces contre ce qui s'apparente de plus en plus à un marché de dupes et qui condamnera un grand nombre d'entre eux à la ruine. 

Cette politique aberrante du Département de l'économie, outre de mener à la faillite une bonne partie du monde agricole, va aussi faire baisser drastiquement le taux d'auto approvisionnement en denrées agricoles de notre pays, déjà parmi les plus bas du monde (55% actuellement), alors que la raréfaction des matières premières agricoles sur les marchés mondiaux fait augmenter considérablement les prix et fragilise tout notre système d'approvisionnement.  Le Conseil fédéral est à la veille d'échéances capitales dans ses relations avec l'UE en matière de fiscalité, de marché de l'électricité et de libre circulation des personnes. Il m'étonnerait fort que les milieux agricoles, qui ont soutenu avec force ce dernier dossier, apportent le même appui au moment où il s'agira de confirmer cette extension, voire de l'étendre à d'autres pays de l'UE.  En sacrifiant l'agriculture suisse sur l'autel d'un libre-échange qui ne sera favorable qu'à un cartel d'importateurs et de grands distributeurs, le Conseil fédéral prend le gros risque de subir un échec dans le dossier essentiel de la libre circulation des personnes, autrement important pour l'économie de ce pays. Qu'il en assume clairement l'entière responsabilité avec les milieux qui le soutiendront dans cette voie sans issue pour le pays!  (Source:Le Temps)


Le chômage et précarité - Un bilan mitigé de la situation

Selon les relevés du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO), à fin janvier 2008, 111’877 personnes étaient inscrites au chômage auprès des offices régionaux de placement (ORP), soit 2’865 de plus que le mois précédent. Le taux de chômage est resté inchangé à 2,8% pendant le mois sous revue. Le chômage a reculé de 19’180 personnes (-14,6%) par rapport au mois correspondant de l'année précédente. Néanmoins, en lisant le rapport, on constate que la tranche 25-49 est toujours surreprésentée dans le chômage de longue durée (4%), et que les étrangers (moins qualifiés?) ont un taux de 5.6% soit le double de la moyenne nationale. Comme d'habitude, les romands et tessinois sont les lanternes rouge du chômage avec un taux de 4.8%. Allez donc leur expliquer les bienfaits de la libre circulation.

http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/03/22/press.Document.104305.pdf

Le même jour, on apprend que 9% des personnes âgées de 20 à 59 ans entraient en 2006 dans la catégorie des personnes jugées pauvres, contre 9,1% en 2000. Selon l´étude de l´OFS, le taux de personnes qui travaillent sans pouvoir échapper à la pauvreté (Working Poors) a légèrement régressé durant la période sous revue, passant de 5% à 4,5%. Le seuil de pauvreté ainsi défini s’élève à 2200 francs pour une personne vivant seule, 3800 francs pour une personne élevant seule ses 2 enfants et 4650 francs pour un couple marié avec 2 enfants. Si les 100 francs par membre du ménage de 16 ans sont soustraits du seuil de pauvreté, on obtient un seuil de privation monétaire sévère. Ce n'est pas brillant.

http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/20/03/blank/dos/01.Document.104312.pdf


La grande distribution agite les eurodéputés

Les eurodéputés s’apprêtent à interpeller la Commission européenne sur les pratiques de la grande distribution, en particulier le pouvoir grandissant des supermarchés sur la fixation des prix, a-t-on appris mardi auprès du Parlement européen. Une «déclaration écrite» en ce sens a obtenu 439 signatures -soit plus de la moitié des 785 députés européens- et devrait être annoncée lors de la prochaine session plénière du Parlement, prévue à Strasbourg du 18 au 21 février.

Baisses de prix intenables

Les eurodéputés y relèvent la domination de plus en plus forte du secteur de la distribution par «un petit nombre de chaînes de supermarchés» qui «abusent de leur pouvoir d’achat pour contraindre les fournisseurs à baisser leurs prix jusqu’à des niveaux intenables, et pour leur imposer des conditions déloyales». Le texte «invite» les services européens de la concurrence «à enquêter sur les conséquences de la concentration du secteur européen de la grande distribution (...) et, en particulier, à évaluer tout abus lié au pouvoir d’achat qui pourrait résulter de cette concentration». Il demande aussi à la Commission «de proposer des mesures appropriées, notamment sous la forme de réglementations, permettant de protéger les consommateurs, les travailleurs et les producteurs de tout abus de position dominante ou  des conséquences négatives constatées durant cette enquête». La «déclaration écrite» est une procédure parallèle à l’adoption habituelle des textes par vote en séance plénière. Courte prise de position soumise par quelques eurodéputés, elle est adoptée sans vote et considérée comme une prise de position officielle du Parlement si elle recueille dans les trois mois les signatures de plus de la moitié des 785 eurodéputés. – (afp)

Le problème du cartel des grandes surfaces est une réalité qui dure déjà depuis pas mal de temps. Un dossier très instructif du canard enchaine il y a quelques années soulignait déjà les pratiques scandaleuses des marges arrières qui étranglent les petits producteurs. En Suisse, trois quart de la production agricole suisse part chez Coop et Migros. Etrangement, John Dupraz (ex-conseiller national radical genevois et paysan) indiquait à la RSR que les discounter allemand pouvaient être plus honnêtes que les distributeurs suisses. Quoi qu'il en soit, il est clair que la concentration des achats dans les temples de la consommation crée de fait une véritable pression pour les producteurs qui sont obligés d'y vendre leurs produits à moins de 50% de leur valeur, ou laisser la place aux crevettes thaï ou dindes polonaise. Les conditions d'entreposage souvent limite, les chaines du froid pas respectées, et les employés sous-payés  donnent un aperçu sinistre de cette branche économique. Que faire? La délocalisation géographique des centres commerciaux en périphérie des villes ont tué certains centres urbains, eux-mêmes asphyxiés par le zèle des chérifs des parkings. Il est plus facile de se parquer au centre Coop à Aubonne qu'au centre de Morges par exemple. Il faut redonner envie à la population d'aller à la rencontre des commerçants qui connaissent leur produits et favoriser le shopping en ville, et non persister dans la castration urbaine de l'automobiliste et de sa famille.