Des rames surbondées où les agressions se multiplient, des voyageurs qui fuient le métro complètement paniqués et pour finir, des policiers contraints d’évacuer une station. C’est une sorte d’attaque à la diligence version moderne qu’ont subie mardi soir les usagers des lignes 4 et 12. Un racket en règle qui s’est déroulé en deux entre les stations Marcadet-Poisonniers et Chateau rouge. Hier, cinq majeurs agès entre 18 et 22 ans étaient jugés en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Paris et trois mineurs originaires du Val-de-Marne devaient être convoqués devant un juge des enfants de Créteil.
Tout a débuté mardi, peu avant 21 heures, quand plusieurs centaines de jeunes ont quitté la salle Dock Haussmann près de la porte d’Aubervilliers, où ils venaient d’assister au spectacle spécial Halloween “Big apreminfernale”. “Ils étaient entre 300 et 400. Ils ont commencé à jeter des projectiles vers notre voiture avant de converger vers les transports en commun” raconte un fonctionnaire de police en faction ce soir l) boulevard Ney (19e). Immédiatement en alerte, les forces de l’ordre escortent les bus PC surbondés et répondent à un premier appel d’urgence à la station de métro Marcadet-Poissonniers. “Quand nous sommes arrivés, des voyageurs choqués sortaient de la bouche de métro en courant. C’est là que 4 victimes
nous ont dit qu’elles venaient de se faire dépouiller par plus d’une centaines de jeunes” raconte ce policier de la compagnie de sécurisation.
La station Chateau-Rouge entièrement évacuée.
Dans la station où la rame a été immobilisée, les policiers inspectent les wagons et découvrent différents objets qui jonchent le sol. “Il y avait de tout : des téléphones portables, des pass Navigo, des baladeurs numériques, on a même retrouvé un marteau” dévoile ce fonctionnaire. Mais lors de cette tournée de prospection, les victimes terrorisées ne reconnaissent pas leurs
agresseurs. La rame pleine à ras-bord peut donc repartir. Les vols avec violence recommencent. Le signal d’alarme ne tarde pas à retentir et le métro s’immobilise à nouveau entre Marcadet-Poissoniers et Chateau-Rouge.
“Nous avons décidé alors de faire sortir tout de monde de la rame et de procéder à des palpations sur des personnes qui nous paraissaient suspectes. Sur l’une d’elle, nous avons retrouvé les papiers d’identité d’une victime” raconte ce policier. A l’issue de cette procédure, 12 jeunes gens dont des mineurs seront finalement interpellés. Les forces de l’ordre choisissent alors d’évacuer entièrement la station et d’encadrer le reste de la bande, laissé libre, qui peut rejoindre la gare du Nord à pied. “Dans cette affaire, nous avons eu l’avantage d’être au courant de leur présence avant la commission des faits. Mais si nous n’étions pas intervenus très rapidement dès la première station, les exactions auraient continué” commente ce fonctionnaire.
Un précédent dans le 19e
Le même type de racket en bande dans le métro s’était déjà produit le 28 mars en pleine crise du CPE. Une heure avant le début d’une manifestation, plus d’une centaine de jeunes s’en étaient pris aux voyageurs de la ligne 7 entre les stations Porte de la Villette et Corentin Cariou. “Ils se sont mis à voler tout ce qu’ils pouvaient… Une femme a même été tirée par les cheveux sur plusieurs mètres” racontait à l’époque Thierry, un des usagers présents au moment des faits. Cette fois là, les forces de l’ordre n’avaient pu devancer les intentions des agresseurs et n’avaient pu procéder à la moindre interpellation. “ils m’ont pris mon portable et je n’ai pas bougé, j’ai juste tenté de cacher ma sacoche” évoquait Thierry. On a vécu dix minutes où on ne se sentait pas plus important qu’un fétu de paille.
Une attaque de diligence? À cent?
Il faut bien autre chose que l’appât du gain pour créer un tel mouvement criminel. Il faut une sorte de foi partagée, ou de sous-culture nuisible, alimentée pendant des décennies par des médias haineux et totalement négligée, voire activement ignorée, par les représentants de la
bien-pensance. Il faut des valeurs profondément ségrégationistes, anti-occidentales, martelées depuis l’enfance, directement au sein des familles, et fondées sur une idéologie qui transcende tous les inhibiteurs de nos sociétés.
Ces «jeunes» s’essaient. Et ils se réussisent bien, ou en tous cas sans rencontrer de réelle résistance. Et que risquent-ils? Même pas un emprisonnement, car ils sont mineurs, et la France ne dispose tout simplement pas d’institutions d’internement pour eux. Et même la prison serait pour eux davantage un titre de gloire qu’une punition. Jusqu’où iront-ils?
(Source: Le Parisien, 5 novembre 2006)
En Suisse, quelques restaurants ont déja été braqués par des individus dans la région biennoise et bernoise. Il y a quelques jours, des gitans mineurs de France voisine roulaient à 200 km/h sur l'A1 et ont demandé de grands renforts de policiers pour les arrêter. A quand de vraies mesures pour que le mot prison veuille vraiment dire quelque chose, et ne soit plus une rigolade pour des délinquants en mal de faire valoir!