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UDC Friends-Le Blog des Amis de l'UDC en Romandie

Le déclin de l’Amérique est une illusion

Par Milliere Guy - mercredi 11 juin 2008
http://www.les4verites.com/Le-declin-de-l-Amerique-est-une-illusion-1959.html

Pour le meilleur et pour le pire, les États-Unis ne sont pas un pays comme les autres. Ils sont nés d’idéaux issus des Lumières européennes, mais leur parcours a été, assez vite, différent de celui des puissances européennes. Ceux qui ont fondé les États-Unis ont fui les persécutions religieuses, les intolérances, les monarchies absolues, l’arbitraire, ou ils ont simplement voulu trouver des opportunités de vivre plus pleinement leur vie. Ils ont fondé une république qui repose sur les mêmes fondements depuis plus de deux cents années.

Il y a eu des incidents de parcours, l’esclavage dans le Sud en un temps où l’esclavage était pratiqué aussi par les puissances européennes dans les Antilles. Il y a eu, surtout, une montée en puissance quasiment irrépressible de cette forme particulière de xénophobie qu’on appelle l’« antiaméricanisme », et on a tout reproché aux Américains, et même le contraire de tout. Ils étaient, disaient les uns, une plèbe dégénérée. On évoqua ensuite, à juste titre, les États-Unis comme le pays du capitalisme et la terre la plus hostile aux idées socialistes et communistes.

On parla dans les années 1920 des horreurs du cosmopolitisme américain et de la société de consommation. La légende nationale entretenue par le gaullisme a ancré dans les têtes que la France s’était libérée toute seule ou presque du joug nazi et avait failli subir le sort effroyable de l’Allemagne (dont l’économie fait peine à voir) en se trouvant réorganisée par l’Amérique : imaginez, une France sans un PCF obtenant 20 % des voix pendant quatre décennies et, qui sait, sans CGT, quel désastre !

Ces dernières années, les thèmes dominants ont été celui de l’« impérialisme » américain, ou du « déclin » des États-Unis. La « puissance du futur », ce fut d’abord le Japon, ensuite l’Union européenne : c’est aujourd’hui la Chine. Au temps de Carter, les États-Unis n’allaient effectivement pas bien (est-ce pour cela que tant d’Européens gardent une tendresse pour Carter ?), puis ce fut Reagan, qui était censé être un « cow boy de série B » et qui osa dire en 1981 (fallait-il être idiot) que le système soviétique allait s’effondrer. Bush père fut terne et ne resta que quatre ans. Clinton profita de la paix et de la prospérité restaurées par Reagan, et il se conduisit d’une manière qui sembla plaire au pays où le Président Félix Faure qui, dit-on, se rêvait César, est mort Pompée.

George Walker Bush suscita assez vite une détestation frénétique et il est de bon ton de dire que sa présidence fut désastreuse. On a dit la même chose, par exemple, à la fin de la présidence Truman, mais qui a la moindre mémoire ? On note que la popularité de Bush est basse, ce qui est vrai, mais on oublie de dire que celle du Congrès démocrate est plus basse encore. Bien sûr, on redit que l’économie américaine va très mal, et on oublie de signaler que, depuis 2001, la croissance a fléchi parfois, mais sans jamais s’interrompre, et qu’un chiffre de chômage de 5 % signifie quasiment le plein-emploi. On oublie de noter aussi qu’à la différence de ce qui se passe en Europe, la natalité se maintient. Il y a plus d’immigrants hispaniques ou asiatiques, et ceux à qui une peau basanée écorche les yeux y voient un signe d’apocalypse.

L’économie américaine devient post-industrielle, ce qui implique des changements de paradigme que certains ne parviennent pas à déchiffrer. Le pétrole est cher, ce qui entraîne des désagréments, mais pas un effondrement économique. La situation en Irak est bonne, ce qui explique pourquoi les médias n’en parlent pas. Le coût de la guerre en proportion du produit intérieur brut est infime. Les Américains veulent tourner la page d’une période identifiée avec la tragédie du 11 septembre et parlent de changement. John McCain incarne une recomposition, qui commence à peine, du camp républicain. Barack Obama est un visage neuf sur les idées d’une très vieille gauche : c’est pour cela qu’il plaît dans les salons de la vieille Europe. C’est pour cela que je ne parierais pas un dollar sur lui. Tout comme je ne parierais pas un dollar sur le déclin des États-Unis d’Amérique. Comprendre n’est pas facile pour un Européen : ceux qui veulent essayer peuvent lire le livre de Peter Schuck et James Wilson, « Understanding America », qui vient de paraître. Les autres peuvent écouter ce qui se dit dans les salons…


Barack Hussein Obama

Par Christian Lambert
Ancien Ambassadeur de France
Source:
http://www.les4verites.com/Barack-Hussein-Obama-1965.html

Barack Hussein Obama, désormais candidat désigné des démocrates à l’élection présidentielle du 4 novembre, pourrait être le prochain président des États-Unis, c’est-à-dire l’homme le plus puissant du monde. Aussi bien, la presse et la majorité de l’intelligentsia françaises commencent à se pâmer de bonheur.  Pensez ! Un Africain-américain, un presque Noir dont le père avait été gardien de chèvres au Kenya, quel personnage adorable, quelles perspectives admirables ! Il aurait été complètement noir comme un bantou de la forêt congolaise, ç’aurait été mieux encore, mais enfin, il est à demi-noir et peut-être même un peu musulman, (« Un homme de race noire et fils d’un musulman », titre la presse arabe). Ne s’appelle-t-il pas Hussein, comme le troisième imam des chiites, petit-fils de Mahomet ? Enfin, les États-Unis vont connaître la vraie démocratie !

Tout ceci est bien sûr grotesque et s’inscrit dans la mentalité décadente de l’Occident et surtout de la France. Déjà, il y a quatre ans, la presse française avait vigoureusement fait campagne pour le candidat démocrate opposé à George Bush. John Kerry avait même été reçu très ostensiblement par Jacques Chirac à l’Élysée. Imaginons un instant que les États-Unis aient fait, eux, campagne en faveur d’un candidat adversaire de Chirac. Aussitôt, on aurait dénoncé les odieuses ingérences de l’impérialisme révoltant de Washington. Passons. Le gauchisme français est assurément irritant et souvent idiot, mais il n’a aucune importance sur le sort du monde.

Ce qui en a davantage, c’est la politique que pourrait conduire au Proche et au Moyen Orient Hussein Obama. Son programme comporte – et c’est là l’essentiel – le retrait précis et rapide des forces américaines d’Irak. Sans doute, les hommes politiques ne tiennent pas leurs promesses, leur stratégie consistant à attraper l’électeur comme la confiture attrape les mouches et Obama ne fera pas exception.

Ceci étant, il faudra bien que Hussein, s’il est élu, procède à des retraits d’Irak. Or, les progrès réalisés en Irak par les forces américaines et quelques-unes de leurs alliés sont très précaires. Sans l’armée américaine, l’Irak tomberait en moins de six mois entre les mains d’Al Qaïda. Nous aurions alors un bloc islamiste qui s’étendrait du Pakistan, qui a la bombe atomique, jusqu’aux rivages de la Méditerranée, où le Liban n’est plus qu’une dépendance de la Syrie et de l’Iran, par Hezbollah interposé, ainsi que la Palestine avec le Hamas. Or, l’objectif de l’islam intégriste est, comme chacun sait, d’anéantir Israël et de chasser les monarchies du Golfe, saoudienne et émiratis. L’islam pourrait ainsi asservir le monde par la possession du pétrole. Si ces menaces devenaient réalité, que se passerait-il ?

Hussein Obama ou pas, les États-Unis et de façon générale l’Occident ne pourraient accepter de telles éventualités pour des raisons évidentes, politiques et économiques. La guerre alors reprendrait et, cette fois-ci, sur une tout autre échelle que celle qui est menée en Irak. Ne parlons pas du prix du pétrole qui augmenterait encore probablement dès l’éventuelle victoire électorale d’Obama. Le baril de pétrole à 250 dollars placerait l’économie occidentale sur la voie de l’effondrement et ce n’est pas une hypothèse fantaisiste. Imagination pessimiste dira-t-on.  Je répondrai à cela que, sans être un spécialiste de l’arabo-islamisme, j’ai passé près de quatre ans non pas avec, mais à côté des talibans, en Afghanistan, scrutant chaque jour la situation en Iran et au Pakistan qui joue parfaitement le double jeu et alimente en effectifs et en armement 80 % des talibans qui opèrent en Afghanistan.

De façon générale, je suis en mesure d’affirmer que l’ignorance de la réalité islamiste en Occident, dans l’opinion comme chez les responsables politiques, est stupéfiante. Ces populations musulmanes, dont la grande majorité vit encore au premier siècle de l’Hégire (viie siècle ap. J.-C.), souvent dans la misère, façonnées par le Coran et la charia, nourrissent une haine inextinguible contre l’Occident judéo-chrétien, ravivée encore par la fin de la domination coloniale de l’Occident. Pour ces peuples, le rêve est de supprimer le juif, le chrétien et le mécréant, de façon à faire régner l’ordre d’Allah sur terre en attendant les félicités du paradis.

La récente et solennelle visite de Nicolas Sarkozy à Beyrouth entouré des leaders de la gauche française, y compris le Parti communiste, est révélatrice de cette ignorance et de cette naïveté. Si vous ne me croyez pas, informez-vous sur le sort qui est fait aux chrétiens aux Proche et Moyen Orient, en particulier au Liban, la « Suisse de l’Orient », comme on disait autrefois…


Iraq - "Seulement" 4000 soldats américains y ont perdu la vie

Chaque mois c'est la même rengaine: les medias antiaméricains remettent la compresse et sortent de nouveaux chiffres sur le nombre de soldats américains tombés en Iraq.  Aujourd'hui, le cap des 4000 soldats morts est atteint.

Quel est l'intérêt de ce chiffre sans le placer dans un contexte historique si ce n'est de l'utiliser pour convaincre la population que les USA ont eu tord d'envahir l'Iraq. C'est donc presque une habitude de voir nos medias se frotter les mains à chaque nouvelle statistique macabre et justifier que les USA n'ont qu'a payer le prix fort de leur invasion illégale et rentrer chez eux. Or il faut quand même rappeler que ce chiffre est minime par rapport au nombre de soldats envoyés sur place (155'000 GI). On pourrait même dire que par rapport au seul débarquement de Normandie qui a tué 6600 GI, c'est peu. La campagne de Normandie a elle seule a couté la vie de 37,000 soldats US sans que les medias aient hurlé au scandale et demandé le retour des yankees hors d'une Europe nazie. Autre exemple, en 1916 la seule bataille de Verdun a tué 163'000 soldats français. Même si la guerre est devenue plus sophistiquée de nos jours, elle tue encore de nombreux soldats et civils mais en moins grand nombre si on peut dire. Chaque mort est une personne et ne doit pas non plus tomber dans l'oubli des statistiques.

Néanmoins, on le voit bien, sortir des chiffres d'un chapeau sans les placer dans leur contexte ou en comparaison d'autres conflits (moralement plus justes?) ne rime à rien. Les USA sont en Iraq pour un bon moment, et ce tant que les monarchies et dictatures arabes ne s'engagent pas pour une résolution du conflit. Le manque de succès n'est pas seulement le fait des erreurs réelles des USA et de l'ex-proconsul Paul Bremer, mais également des dissensions des diverses minorités soutenus par des pays tiers.  Et si les USA partaient demain, est-ce que les gentils militaires européens iraient les remplacer? On peut en douter.  Il est tellement pratique de se laver les main sur le dos des yankees, mais personne ne se propose pour faire le boulot à leur place.  En réalité,  les leaders politiques européens ne sont que des poules mouillées donneuses de leçon, tetannisées par leur "affreux" passé colonial. S'ils assumaient réellement de prendre en main la stabilité mondiale sans s'occupuer des capitulards et de s'en tenir à leurs décisions, l'Europe serait peut être quelque chose.   Même si les Yankee ont l'habitude de dégainer avant de parler, eux au moins ils agissent et savent prendre leur destin en main! Si l'ONU avait existé avant l'invasion de l'Europe par Hitler, qui dit que nous serions libre maintenant? Des vetos Russes et Chinois auraient surement tout bloqué.

Pour les nostalgiques des GIs,  cliquez sur le mythique monologue du Sergent Hartman dans le film Full Metal Jacket


L’anti-totalitarisme n’est pas politiquement correct

Par Guy Milliere

La couverture par les médias français de la campagne présidentielle américaine promet d’être un vrai régal de gourmet. J’ai dit, à l’attachée de presse qui s’occupe en ce moment de moi, d’insister sur ma parfaite connaissance du pays, de son histoire, de sa culture et de son camp conservateur, mais je crains que cela, pour l’essentiel, me desserve et que l’ignorance en tous ces domaines soit la qualité recherchée.

Quand, voici quatre ans, j’ai publié « Pourquoi Bush sera réélu », j’étais seul sur mes positions, mais je ne fus invité à la radio et à la télévision qu’une seule journée : celle de la grande déprime où tous ceux qui avaient pris leurs désirs pour des réalités subissaient le choc traumatique de la défaite de John Kerry.

Cette année, après plusieurs mois où il n’y en avait que pour la merveilleuse, intelligente, progressiste et si remarquable Hillary Clinton (j’ai écourté délibérément la liste des adjectifs louangeurs), la vogue se porte sur Barack Obama, qui se trouve lui-même paré de toutes les qualités imaginées et de l’ensemble de celles qui restent à inventer. On pourrait croire que les États-Unis sont un pays de parti unique où tout le monde vote démocrate, ou, au moins, tous les gens raffinés, éduqués, tous ceux dont le quotient intellectuel est supérieur à celui d’un débile profond.

Lorsqu’une émission sur le sujet est pluraliste, elle ressemble à l’une de celles, rares, très rares, auxquelles j’ai été convié. J’étais en compagnie d’un assortiment de gens qui pensaient à gauche, très à gauche, ou extrêmement à gauche, soit un assez large éventail. J’ai entendu, de la part d’un saxophoniste de jazz que je respecte en tant qu’artiste, mais pas en tant que politologue, une litanie sur le racisme anti-Noirs qui continuerait, me disait mon interlocuteur, à pourrir de l’intérieur la société américaine.

Un professeur de sciences politiques qu’on m’avait présenté comme « centriste » a exprimé toute son aversion pour les gens de l’Amérique profonde, confits d’ignorance, de bigoterie et de préjugés. J’aurais pu imaginer compter sur l’appui d’Édouard Balladur, présent au début de l’émission, et qui venait prôner le rapprochement et la synergie Europe-Amérique, mais il se montra incorrigiblement gaulliste, donc teinté d’antiaméricanisme, de préjugés et d’une fatuité très française qui consiste à sembler penser que la France a des leçons à donner à la planète entière.

Mon ami Ted Stanger, qui participait lui-même à l’émission, et qui est un démocrate modéré (ce qui le classe aux États-Unis au centre-gauche, mais le placerait en France à la droite de l’UMP), a résumé le contexte en une formule lapidaire, glissant à la cantonade : « Vous êtes tous tellement à gauche que vos positions seraient incompréhensibles de l’autre côté de l’Atlantique ». L’émission est ce qui se fait de mieux en France aujourd’hui en matière de pluralisme. Ce qui en dit long sur la situation du pays. Dans d’autres émissions, c’est pire : voici quelques jours, lors de la primaire démocrate, un « débat contradictoire » était organisé sur France 2 avec des gens qui étaient en profond désaccord, certains étaient des démocrates comme on en trouve à New York, d’autres des démocrates comme on en trouve à Boston : un écart fondamental.

Pendant ce temps, les vrais débats, les seuls qui comptent, ont lieu de Washington à Los Angeles. La plus puissante et la plus ancienne démocratie du monde occidental choisit celui ou celle qui aura pour quatre ans entre ses mains le sort économique et géopolitique de la planète.  Si cela se jouera entre Hillary et Obama côté démocrate (le seul côté qui semble compréhensible et déchiffrable en France), du côté républicain, la balance penche de plus en plus en direction de John McCain. Qui osera expliquer aux Français que McCain est en position de favori républicain parce qu’il a toujours parlé clairement de la guerre contre le terrorisme islamiste, parce qu’il a été favorable d’emblée à la libération de l’Irak et parce qu’il a défendu dès le départ la stratégie mise en œuvre avec efficacité et pertinence par le général Petraeus ?
 
(Source:
http://www.les4verites.com/L-anti-totalitarisme-n-est-pas-politiquement-correct-1808.html)


États-Unis, peu de changements avec les démocrates

Les campagnes électorales sont une chose, la gestion des affaires une autre. Les démocrates, désormais majoritaires au Parlement, grâce à leur critique de la guerre d’Irak, sont devenus solidairement responsables, avec le président Bush, de la politique étrangère américaine.

Ils veulent instaurer un dialogue direct avec l’Iran et la Syrie, et composer.
Leur angélisme va se heurter à la réalité

http://www.les4verites.com/Politique-etrangere-US-peu-de-changements-avec-les-democrates-1271.html?PHPSESSID=604a9dbc0149e98b381777209e1a2a7b

(Source: les4verites.com)


Le bilan de Bush sera acclamé par l’Histoire

En France, les bien-pensants, qu’ils soient de gauche ou de droite, disent que George W. Bush est un mauvais président, que sa politique est désastreuse, qu’il est un imbécile. Certains se délectent avec suffisance et condescendance, en disant que l’Irak est un « bourbier ». Les élections de mi-mandat, qui auront eu lieu lorsque ces lignes paraîtront, risquent d’être mauvaises pour les républicains, et certains attendent avec impatience le moment de l’annoncer avec la mine satisfaite de celui qui n’a jamais douté de son immense supériorité intellectuelle face à un cul terreux texan qui, de surcroît, ose s’affirmer chrétien.

Lire la suite sur:

http://www.les4verites.com/articles/Geopolitique%20Le+bilan+de+Bush+sera+acclam%E9+par+l%92Histoire-1259.html


(Source: Les4verites.com)


Le monde entre dans l'ère dangereuse de l'impuissance américaine

Depuis septembre 2001, le monde n'avait pas connu d'été indien aussi chaud politiquement. La Corée du Nord réalise son premier essai nucléaire. L'Iran annonce qu'il poursuivra coûte que coûte son programme d'enrichissement de l'uranium. L'Irak s'enfonce dans la guerre civile et l'insurrection anti-occidentale. Le régime militaire soudanais laisse s'installer un chaos mortifère au Darfour, sans que l'ONU puisse intervenir efficacement. En Afghanistan, l'Otan subit le défi cinglant de la renaissance des talibans et des seigneurs de l'opium. Au Pakistan, al-Qaida est traitée, comme naguère la question nucléaire : nier, toujours nier ; la réalité est que le pays des Purs ne remplit même plus le service minimum dans sa lutte contre les réseaux Ben Laden. Au Liban, le Hezbollah renforce son emprise sur la société, et on ne perçoit pas le plus petit début de désarmement de la milice islamiste chiite. En Palestine, la jeunesse se radicalise de plus en plus, sous la bannière de partis islamistes refusant de reconnaître le droit d'Israël à l'existence. En Russie, le Kremlin piétine sans complexe ses avancées démocratiques et ses ouvertures à l'Occident des quinze dernières années. Bref, la liste est longue des virus de déstabilisation émergeant soudain à la lumière en cet automne 2006.

Lire la suite: http://www.lefigaro.fr/debats/20061025.FIG000000050_le_monde_entre_dans_l_ere_dangereuse_de_l_impuissance_americaine.html

(Source: Figaro)


Rapport du Congrès américain sur la liberté de religion en Suisse

Fait souvent peu connu, le Congrès américain (le parlement) mandate ses ambassades de par le monde pour évaluer la situation pays par pays sur des sujets très divers. L’un d’entre eux attire particulièrement notre attention car il traite du sujet sensible de la liberté de religion en Suisse. Ce rapport est factuel et exhaustif sur les différentes pratiques cantonales en matière de tolérance religieuse. Il constitue de ce fait un guide pratique pour aider les politiciens dans un débat ou le délit d’opinion devient de plus en plus l’arme nucléaire des intégristes musulmans contre l’ordre laïque et démocratique.

Le rapport complet est disponible sur :

http://bern.usembassy.gov/freedom_report_2006_french.html

En résumé, on y apprends que :

- Selon des statistiques officielles de recensement, la population musulmane a augmenté de manière significative de 57,000 de 1980, à 152,000 de 1990, et à 311,000 de 2000. Il y a deux mosquées principales, une à Zurich (construit 1963 et en appartenant au mouvement d'Ahmadiyya) et une à Genève (construite en 1978 et financée par l'Arabie Saoudite). Il y a approximativement 120 centres musulmans situés dans tout le pays dans les maisons ou les complexes de bureaux privés.

- Selon l'Office Fédéral des Statistiques, l’appartenance à des dénominations religieuses était comme suit : 41.8% de catholiques ; 33% de protestants; 1.8% d'orthodoxes ; 0.2% de catholiques chrétiens; 0.2% d'autres groupes chrétiens ; 4.3% de musulmans; 0.2% de juifs ; 0.8% d'autres religions (bouddhiste, indou, et autres) ; et 11.1% sans profession de foi.

- Dans quelques cantons, les classes religieuses sont entièrement volontaires, alors que dans d'autres elles font partie du programme d'études; on accorde cependant facilement des exemptions pour les enfants dont les parents en font la demande. Ceux de différentes fois sont libres de suivre des cours sur leur propre foi pendant la période de classe.

- L'Office Fédéral des Migrations a reconnu que la formation des imams pose un problème. Quelques cantons ont refusé d'accorder un permis de résidence aux imams considérés comme fondamentalistes. Beaucoup d'imams dans le pays sont venus du Kosovo, de Bosnie, du Moyen-Orient, et pays du Maghreb. Ils étaient souvent autodidactes ou ont exercés dans les pays musulmans, le pays étranger primaire pour la formation étant l'Arabie Saoudite.

- Dans un sondage de novembre 2004, 76 pour cent des résidants interrogés ne se sont pas sentis menacés par la présence de la communauté forte de 300.000 musulmans vivant dans le pays, par opposition à 16 pour cent qui se sont sentis menacés.

Les rapports concernant les autres pays du monde sont aussi disponible en anglais sur :

http://www.state.gov/g/drl/rls/irf/2006/


The unmourned end of libertarian politics

The most epochal event in world politics since the cold war has occurred – and few people have noticed. I am not referring to the conflict in Iraq or Lebanon or the campaign against terrorism.

It is the utter and final defeat of the movement that has shaped the politics of the US and other western democracies for several decades: the libertarian counter-revolution.

Between the 1930s and 1960s, the US and other liberal democracies adopted their own versions of modern welfare state capitalism. By the mid-20th century, in every western democracy, the legitimacy of the welfare state was accepted by mainstream parties of the right as well as the centre and left. But not by the libertarians. Unlike Eisenhower, Nixon and other “modern Republicans”, America’s libertarians did not seek a more fiscally responsible welfare state. They wanted to abolish the welfare state altogether and replace it with an “opportunity society” or “ownership society”. They were revolutionaries – or more precisely, counter-revolutionaries, seeking to restore an idealised Victorian world of laisser faire capitalism.

The libertarians launched a massive intellectual and rhetorical assault on modern government from the 1970s onward. Their formidable forces included influential economists such as Milton Friedman, the Nobel Prize winner, and Martin Feldstein, who chaired Ronald Reagan’s Council of Economic Advisers; think-tanks such as the Cato Institute; and affluent pressure groups such as the Club for Growth and Americans for Tax Reform, whose leader, Grover Norquist, famously said that government should be shrunk until it can be drowned in a bathtub.

Libertarians proposed to privatise Social Security, replacing government pensions with individual savings accounts. Healthcare, too, would be provided by individual “health savings accounts”. Public education, a legacy of the 19th century, was another target of the libertarian counter-revolutionaries, who proposed giving citizens vouchers for private schools. The libertarians also targeted labour market regulation, calling for abolition of the minimum wage. This would be combined with mass immigration, which would drive down wages further.

In the mid-20th century, welfare-statism was the “third way” between democratic socialism on the left and big-government conservatism that accepted the welfare state but sought to limit its costs. But in the 1970s and 1980s, the political spectrum shifted to the right. Not only communism but also democratic socialism vanished as plausible options because people no longer believed that the nationalisation of whole economies made any sense. At the same time, moderate conservatives who had made their peace with the welfare state were outflanked on the right by the radical libertarians.

Suddenly the former political “centre”, social democratic welfare-state capitalism, was redefined as the “left” and the former “right”, big-government conservatism, was now considered the “centre”. In the 1990s, the term “third way” meant, not Swedish social democracy, but the pro-market “neo-liberalism” of Bill Clinton and Tony Blair, which would have been considered moderate conservatism in the 1950s . In the US, the Democratic Leadership Council echoed the free-market, small-government rhetoric of the libertarian radicals. “The era of big government is over,” Mr Clinton declared. But he spoke too soon. In the past decade, the US public has rejected every element of the libertarian counter-revolution. The first proposal voters rejected was the privatisation of schooling. Because US education policy is dominated by states and cities, this issue was fought at the local level. It turned out that most conservative Republicans as well as Democrats were content with their suburban public schools. Again and again, voucher proposals went down to defeat.

President George W. Bush made Social Security privatisation a central part of his legislative agenda. Americans, alarmed by the stock market slide, rejected the idea and frightened Republican politicians dropped it. Neither has the Bush administration exerted itself over another libertarian proposal, health savings accounts, which almost certainly would be rejected by risk-averse voters. Indeed, to the horror of libertarians, Mr Bush and the Republican Congress created the prescription drug programme for the elderly, the biggest expansion of socialised medicine in the US since Lyndon Johnson presided over the creation of Medicare in 1965.

And the labour market? Here again, the libertarians have been completely routed. Against libertarian opposition, Congressional Republicans recently sought an increase in the minimum wage, coupled with cuts in the estate tax. And against libertarian opposition, swelling popular demand for an end to illegal immigration has forced both parties to support measures to police America’s chaotic borders.

For nearly a decade, the Republican party has controlled Washington and most state legislatures. And yet every big proposal of the libertarians has been rejected by the public and their elected representatives. Their only temporary achievement has been tax cuts, which are likely to be rolled back at least in part to reduce the deficit in the years ahead. With the disappearance as a significant force of the libertarian right, the centre of gravity inevitably will shift somewhat left in matters of political economy. But we will not see a restoration of the mid-20th century pattern because there will be no revival of the socialist left. The demise of both socialism and libertarianism pretty much limits the field to moderate social democracy and big-government conservatism. The limitation of options on the horizontal left-right spectrum is accompanied, however, by a growing vertical, top-bottom divide between an elite committed to globalisation and mass immigration and a populist, nationalist majority. If this replaces the older horizontal left-right divide, then we may see a third, “third way” – one which positions itself between the crudest forms of populism and utopian forms of transnationalism.

The libertarian moment has passed. It will not come again, and its defeat as a force in US politics will change the definitions of right, left and centre – not just in the US but also, the world.

The writer is senior fellow at the New America Foundation and author of The American Way of Strategy (OUP, ­October 2006)


Presque tout faire pour être détesté

L’espionnage par l’administration américaine des transactions bancaires par le biais de la société SWIFT est tout simplement intolérable.

Dans le monde de la finance, à vouloir être premier de classe comme les Suisses, on ouvre la porte aux pires excès. Quand entendrons-nous un CEO ou un politicien suisses déclarer que si notre respect de la sphère privée ne plaît pas aux Américains, c’est leur problème, pas le nôtre. Le moins qu’on puisse dire, après la révélation de l’espionnage, par l’administration américaine, des transactions bancaires internationales effectuées par la société SWIFT, est que nous sommes encore très loin d’entendre de telles déclarations. Les esprits libres, prêts à prendre des risques pour défendre leur liberté ou celles de leurs compatriotes, se font rares. Sans aucun mandat de perquisition, des dizaines de milliers de recherche sur des transactions internationales ont été effectuées dans une gigantesque base de données située en Belgique. Au sein du conseil d’administration de SWIFT, on trouve des représentants d’UBS et de Credit Suisse. Comment se fait-il que ces représentants n’aient pas élevé la moindre protestation? Est-ce parce qu’ils touchaient des salaires pharamineux? Ce n’est pas impossible: rien de tel que l’argent pour dissoudre la fierté, le respect de soi et l’amour de la liberté dans un brouet de déclarations insignifiantes au terme de quelque coaching par des agences de communication. C’est d’ailleurs ce brouet qui a été servi par la société SWIFT lorsqu’elle a déclaré «avoir dû se plier aux mandats américains et s’être acquittée de ses obligations légales tout en préservant la confidentialité de ses utilisateurs». Si la confidentialité a effectivement été préservée, on se demande bien à quoi la surveillance de SWIFT a bien pu servir dans le cadre de la lutte antiterroriste. Même la logique la plus élémentaire est maintenant bafouée. Autrefois, c’était l’intérêt supérieur de la nation qui autorisait toutes les attaques contre la liberté individuelle et le respect de la vie privée. Aujourd’hui, c’est la même chose avec la lutte contre le terrorisme. Que l’attitude américaine, ici, soit intolérable, cela va de soi. Mais rappelons-nous aussi ce que disait Aristote: la nature a horreur du vide. Autrement dit, lorsque les représentants d’un pays courbent d’avance la tête sous les diktats d’une puissance étrangère, ils encouragent toutes les convoitises et laissent finalement les loups prendre leur place. Dès lors, si blâmer l’Amérique, dans cette affaire, va de soi, n’oublions pas non plus de blâmer tous ceux qui se sont couchés devant elle. Comme le relevait dans ce journal Erich Baier, CEO de Bilanz-Data à Vienne, le plus grave est que les gens s’habituent à ce qu’on fouine dans leurs affaires. Il n’y a rien de plus antilibéral qu’un Etat fouineur. Les Etats-Unis, bastion du libéralisme, sont en train de devenir un tel Etat. C’est affligeant, car la culture américaine n’a jamais considéré qu’assurer la sécurité absolue des citoyens était une priorité. Au contraire, elle a toujours fait l’éloge de l’individu qui s’occupe de sa propre sécurité sans compter sur l’Etat. Une telle attitude ne suffit pas dans la lutte contre le terrorisme! Certes, mais d’ici à l’oublier, il y a un pas que les Etats-Unis feraient bien de ne pas franchir. A nous, Européens, de les en avertir. Mais en avons-nous encore les moyens?

(Source: Agefi)