Interdiction par des villes suisses des affiches contre la construction de Minarets – Un tollé rance ?
Alors que les municipalités de Bâle-Ville, Lausanne, Yverdon, et Montreux ont successivement interdit les affiches controversées des opposants aux minarets, la ville de Genève annonce en revanche qu’elle ne mettra pas son veto. La ville de Morges, aussi confrontée la question suite à l'intervention hier soir du conseiller communal Michel Reynolds issu du groupe SVI, devra également se prononcer sur la question lundi prochain.
Pourquoi un tel tollé ?
A écouter certaines villes, ces affiches «véhiculent des images racistes, irrespectueuses et dangereuses», selon la Municipalité de Lausanne, et il serait bon, selon la syndique Morgienne Nuria Gorrite « d'imposer une limite à l'ignoble. Mais avant tout, il faut voir l'aspect juridique. Un boycott pourrait avoir l’effet contraire ».
Ainsi indirectement interpellée, car la direction de l’UDC Suisse ne finance pas directement cette campagne orchestrée par Ulrich Schlüer de l’ASIN, la section morgienne de l’UDC a décidé quand même de s’exprimer sur cet objet, compte tenu que les délégués de l’UDC Suisse et vaudoise ont dores et déjà largement soutenu cette initiative. Il est à noter que les radicaux vaudois, aussi réunis il y a peu en congrès, n'ont rejeté l’initiative QUE par 110 vois contre 75, sans compter les nombreux « laïques » présents dans d’autres partis, y compris peut être le PS.
Comme tout le monde l’a compris, ce débat parallèle autour de l’interdiction - ou non - de l’affiche contre les minarets pose un problème évident au regard de la liberté d’expression garantie par notre constitution. Il est à noter que la Commission Fédérale contre le Racisme a également refusé hier de se prononcer et d’interdire l’affiche, alors que certaines villes sont déjà allées au delà. On rappellera que cette affiche est par ailleurs presque identique à celle utilisée lors de la campagne référendaire de l’an dernier, qui ne représentait qu’un seul minaret transpercant la Suisse mais sans indiquer de femme en burka.
Bien que légitime d’un point de vue juridique, la question de l’interdiction - ou non - des affiches devra faire l’objet d’un recours devant une autorité judiciaire compétente car une décision politicienne d’exécutifs municipaux ne suffira pas. Car rien n’est pire en effet qu’une interdiction ! En opérant de la sorte, on risque de rendre des sujets tabous et d’interdire au peuple de s'exprimer sur des sujets de société qui le concernent pourtant. Le peuple, il faut le rappeler, n’est pas un imbécile ni un gamin qu’on guide par la main. Le peuple est l’organe de décision suprême de toute démocratie, et les cris d’ophraie de politiciens et de journalistes avides d’un ordre mondial omnipotent n’y changeront rien.
D’où sort cette initiative ?
On rappellera que cette initiative de l’ASIN est née de plusieurs cas concrets en Suisse allemande, lorsque des riverains avaient fait recours sans succès contre la construction d’un minaret. Les offices municipaux et cantonaux des constructions avaient rejeté ces recours au motif que le minaret n’était qu’un aménagement architectural sans conséquence, et que la liberté de religion devait être préservée.
Or c’est sur ce point précis que notre parti soutient cette initiative de l’ASIN.
La liberté de religion, c’est aussi le droit d’être athée
Quand les opposants de l’initiative, qui ont par ailleurs produit une contre-affiche très bien faite, brandissent le droit à la liberté de religion, ils confondent de fait liberté de religion et culture liées à l’interprétation de cette religion. On notera en Suisse que la liberté de religion est garantie par la constitution, comme celle de la liberté de pensée qui implique la liberté de changer de religion si on le souhaite, de ne pas respecter les préceptes et codes (vestimentaires ou alimentaires) de sa propre religion, d’épouser une personne d’une autre religion, ou de se convertir, ou d’être athée.
Ainsi dans les faits, les croyants de toute confessions en Suisse ne sont pas pourchassés ni mis en prison, comme dans certaines dictatures d’Afrique du nord, et du Moyen Orient, et peuvent librement se rendre sur un lieu de culte de leur choix. Est-ce à dire que cette liberté inclut des éléments périphériques non inscrits dans les textes sacrés, comme le fait de porter le voile (le hijab, la burka ou le tchador), d’épouser plusieurs femmes, de séparer les filles et les garçons dans les écoles ou les piscines, de sacrifier des moutons sans anesthésie préalable, ou de construire des minarets. Il est évident que ces pratiques culturelles de la religion n’ont pas de place dans un état laïque tel que le notre, où la loi républicaine s’applique à tous sans exception, ni sentimentalisme immigrationiste. Accepter par conséquent des demandes injustifiées de certains groupuscules religieux non indigènes sous le prétexte fallacieux d’appliquer la liberté de religion est par conséquent incompatible avec notre constitution et notre laïcité (une séparation stricte entre l’église et de l’état). Alors que beaucoup de Suisses sont chrétiens mais non pratiquants, la perception d’une nouvelle religion intrusive qui envahit l’espace public avec ses propres rites et coutumes en contradiction totale avec les us et coutumes de ce pays pose de fait un grave problème de cohabitation et d’intégration à long terme.
Islam et non « His-lam »
Alors que des prêtres de différents pays et origines peuvent officier lors de cérémonies chrétiennes , ce n’est pas le cas en ce qui concerne les représentants de différent courants musulmans en Suisse. En effet, malgré quelques efforts œcuméniques effectués au cours des dernières années, pour rapprocher les différentes religions chrétienne, juive et musulmanes, on remarque néanmoins qu’il est très difficile pour un imam par exemple saoudien, d’officier dans une mosquée turque ou bosniaque, et inversement. Le gros problème est donc la recherche d’un islam des lumières, international, qui intègre ces différents mouvements religieux. Comme le disent des musulmans américains, les fideles musulmans doivent pouvoir célébrer leur islam, et non appliquer un islam contrôlé par des hommes barbus rigoristes (his-lam) qui va à l’encontre des mouvements de libération de la femme. Des sondages par internet existent par ailleurs aux USA pour permettre aux fidèles de noter la qualité des imams officiants dans les mosquées, car les musulmans américains se sentent 100% américains.
Le droit à la liberté de religion ne doit pas interdire aux autres religions d’exister, comme par exemple interdire des crucifix dans des classes sous le prétexte que cela pourrait choquer d’autres religions (par exemple la crèche et le sapin de Noël). Au contraire, l’œcuménisme doit primer et chacun doit pouvoir « gouter » aux autres religions et partager un bon repas en communion et en respect avec l’autre. Or demander un traitement de faveur sans offrir la moindre transparence ni dialogue par rapport à ces aspects culturels religieux souvent issus de régions étrangères reculées et pauvres pose un réel problème pour les Suisses de souche.
Il est clair néanmoins que l’interdiction de minarets, même acceptée, ne réglerait pas la question de l’intégrisme tel que financé actuellement par des pays tels que l’Arabie Saoudite salafiste. Il convient aussi de ne pas tomber également dans la bigoterie et d’accorder trop d’importance aux symboles religieux, plutôt qu’au message. Comme en ce qui concerne la demande certains milieux religieux de ne pas anesthésier les moutons avant l’égorgement d’agneaux pour obtenir une viande 100% halal/casher, la pratique d’un abattement digne et sans douleur pour un animal ne doit pas être sacrifiée sur le faux autel de la liberté religieuse.
Le minaret pose donc un problème dans la mesure où son absence n’empêche pas l’expression d’une croyance religieuse. Une revendication trop forte de ces milieux, qui demande une application à 100% de leurs pratiques religieuses sectaires, est un réel danger pour notre société qui a déjà connu au moyen-âge des guerres de religions sanglantes. Ne commettons pas la même erreur et évitons de brusquer la population indigène suisse avec un internationalisme debridé qui veut que les pratiques des immigrants s’applique à 100% chez nous. Il faut préciser que de nombreux suisses respectent les cultures des autres lors de voyages dans des pays musulmans, et il doit en être de même dans notre pays pour ces derniers. Le peuple a réussi à s’affranchir de la domination dogmatique de l’église durant l’inquisition, ne commettons pas la même erreur en nous soumettant à un autre dogmatisme religieux, sous le prétexte tant usé et abusé de tolérance…
On rappellera que le système féodal, y compris chrétien, garantissait au roi une bénédiction divine incontestable auprès du peuple. En démocratie, cette bénédiction divine n’existe plus que formellement comme en début de chaque conseil communal lorsque le président du conseil invoque la bénédiction divine, mais elle n’impose pas un monarque ou un leader religieux à vie, sans pouvoir de contestation. Ne tombons pas dans le même piège, et osons affirmer sans peur nos valeurs laïques qui elles ne sont pas négociables, car au centre de notre système démocratique. La religion peux être un opium pour les gens vulnérables et influençables, ne laissons pas des intégristes instrumentaliser la religion car dieu – ou allah – appartient à tout le monde.
Ci-dessous, trois affiches de goupes de soutien différents:

A écouter certaines villes, ces affiches «véhiculent des images racistes, irrespectueuses et dangereuses», selon la Municipalité de Lausanne, et il serait bon, selon la syndique Morgienne Nuria Gorrite « d'imposer une limite à l'ignoble. Mais avant tout, il faut voir l'aspect juridique. Un boycott pourrait avoir l’effet contraire ».
Ainsi indirectement interpellée, car la direction de l’UDC Suisse ne finance pas directement cette campagne orchestrée par Ulrich Schlüer de l’ASIN, la section morgienne de l’UDC a décidé quand même de s’exprimer sur cet objet, compte tenu que les délégués de l’UDC Suisse et vaudoise ont dores et déjà largement soutenu cette initiative. Il est à noter que les radicaux vaudois, aussi réunis il y a peu en congrès, n'ont rejeté l’initiative QUE par 110 vois contre 75, sans compter les nombreux « laïques » présents dans d’autres partis, y compris peut être le PS.
Comme tout le monde l’a compris, ce débat parallèle autour de l’interdiction - ou non - de l’affiche contre les minarets pose un problème évident au regard de la liberté d’expression garantie par notre constitution. Il est à noter que la Commission Fédérale contre le Racisme a également refusé hier de se prononcer et d’interdire l’affiche, alors que certaines villes sont déjà allées au delà. On rappellera que cette affiche est par ailleurs presque identique à celle utilisée lors de la campagne référendaire de l’an dernier, qui ne représentait qu’un seul minaret transpercant la Suisse mais sans indiquer de femme en burka.
Bien que légitime d’un point de vue juridique, la question de l’interdiction - ou non - des affiches devra faire l’objet d’un recours devant une autorité judiciaire compétente car une décision politicienne d’exécutifs municipaux ne suffira pas. Car rien n’est pire en effet qu’une interdiction ! En opérant de la sorte, on risque de rendre des sujets tabous et d’interdire au peuple de s'exprimer sur des sujets de société qui le concernent pourtant. Le peuple, il faut le rappeler, n’est pas un imbécile ni un gamin qu’on guide par la main. Le peuple est l’organe de décision suprême de toute démocratie, et les cris d’ophraie de politiciens et de journalistes avides d’un ordre mondial omnipotent n’y changeront rien.
D’où sort cette initiative ?
On rappellera que cette initiative de l’ASIN est née de plusieurs cas concrets en Suisse allemande, lorsque des riverains avaient fait recours sans succès contre la construction d’un minaret. Les offices municipaux et cantonaux des constructions avaient rejeté ces recours au motif que le minaret n’était qu’un aménagement architectural sans conséquence, et que la liberté de religion devait être préservée.
Or c’est sur ce point précis que notre parti soutient cette initiative de l’ASIN.
La liberté de religion, c’est aussi le droit d’être athée
Quand les opposants de l’initiative, qui ont par ailleurs produit une contre-affiche très bien faite, brandissent le droit à la liberté de religion, ils confondent de fait liberté de religion et culture liées à l’interprétation de cette religion. On notera en Suisse que la liberté de religion est garantie par la constitution, comme celle de la liberté de pensée qui implique la liberté de changer de religion si on le souhaite, de ne pas respecter les préceptes et codes (vestimentaires ou alimentaires) de sa propre religion, d’épouser une personne d’une autre religion, ou de se convertir, ou d’être athée.
Ainsi dans les faits, les croyants de toute confessions en Suisse ne sont pas pourchassés ni mis en prison, comme dans certaines dictatures d’Afrique du nord, et du Moyen Orient, et peuvent librement se rendre sur un lieu de culte de leur choix. Est-ce à dire que cette liberté inclut des éléments périphériques non inscrits dans les textes sacrés, comme le fait de porter le voile (le hijab, la burka ou le tchador), d’épouser plusieurs femmes, de séparer les filles et les garçons dans les écoles ou les piscines, de sacrifier des moutons sans anesthésie préalable, ou de construire des minarets. Il est évident que ces pratiques culturelles de la religion n’ont pas de place dans un état laïque tel que le notre, où la loi républicaine s’applique à tous sans exception, ni sentimentalisme immigrationiste. Accepter par conséquent des demandes injustifiées de certains groupuscules religieux non indigènes sous le prétexte fallacieux d’appliquer la liberté de religion est par conséquent incompatible avec notre constitution et notre laïcité (une séparation stricte entre l’église et de l’état). Alors que beaucoup de Suisses sont chrétiens mais non pratiquants, la perception d’une nouvelle religion intrusive qui envahit l’espace public avec ses propres rites et coutumes en contradiction totale avec les us et coutumes de ce pays pose de fait un grave problème de cohabitation et d’intégration à long terme.
Islam et non « His-lam »
Alors que des prêtres de différents pays et origines peuvent officier lors de cérémonies chrétiennes , ce n’est pas le cas en ce qui concerne les représentants de différent courants musulmans en Suisse. En effet, malgré quelques efforts œcuméniques effectués au cours des dernières années, pour rapprocher les différentes religions chrétienne, juive et musulmanes, on remarque néanmoins qu’il est très difficile pour un imam par exemple saoudien, d’officier dans une mosquée turque ou bosniaque, et inversement. Le gros problème est donc la recherche d’un islam des lumières, international, qui intègre ces différents mouvements religieux. Comme le disent des musulmans américains, les fideles musulmans doivent pouvoir célébrer leur islam, et non appliquer un islam contrôlé par des hommes barbus rigoristes (his-lam) qui va à l’encontre des mouvements de libération de la femme. Des sondages par internet existent par ailleurs aux USA pour permettre aux fidèles de noter la qualité des imams officiants dans les mosquées, car les musulmans américains se sentent 100% américains.
Le droit à la liberté de religion ne doit pas interdire aux autres religions d’exister, comme par exemple interdire des crucifix dans des classes sous le prétexte que cela pourrait choquer d’autres religions (par exemple la crèche et le sapin de Noël). Au contraire, l’œcuménisme doit primer et chacun doit pouvoir « gouter » aux autres religions et partager un bon repas en communion et en respect avec l’autre. Or demander un traitement de faveur sans offrir la moindre transparence ni dialogue par rapport à ces aspects culturels religieux souvent issus de régions étrangères reculées et pauvres pose un réel problème pour les Suisses de souche.
Il est clair néanmoins que l’interdiction de minarets, même acceptée, ne réglerait pas la question de l’intégrisme tel que financé actuellement par des pays tels que l’Arabie Saoudite salafiste. Il convient aussi de ne pas tomber également dans la bigoterie et d’accorder trop d’importance aux symboles religieux, plutôt qu’au message. Comme en ce qui concerne la demande certains milieux religieux de ne pas anesthésier les moutons avant l’égorgement d’agneaux pour obtenir une viande 100% halal/casher, la pratique d’un abattement digne et sans douleur pour un animal ne doit pas être sacrifiée sur le faux autel de la liberté religieuse.
Le minaret pose donc un problème dans la mesure où son absence n’empêche pas l’expression d’une croyance religieuse. Une revendication trop forte de ces milieux, qui demande une application à 100% de leurs pratiques religieuses sectaires, est un réel danger pour notre société qui a déjà connu au moyen-âge des guerres de religions sanglantes. Ne commettons pas la même erreur et évitons de brusquer la population indigène suisse avec un internationalisme debridé qui veut que les pratiques des immigrants s’applique à 100% chez nous. Il faut préciser que de nombreux suisses respectent les cultures des autres lors de voyages dans des pays musulmans, et il doit en être de même dans notre pays pour ces derniers. Le peuple a réussi à s’affranchir de la domination dogmatique de l’église durant l’inquisition, ne commettons pas la même erreur en nous soumettant à un autre dogmatisme religieux, sous le prétexte tant usé et abusé de tolérance…
On rappellera que le système féodal, y compris chrétien, garantissait au roi une bénédiction divine incontestable auprès du peuple. En démocratie, cette bénédiction divine n’existe plus que formellement comme en début de chaque conseil communal lorsque le président du conseil invoque la bénédiction divine, mais elle n’impose pas un monarque ou un leader religieux à vie, sans pouvoir de contestation. Ne tombons pas dans le même piège, et osons affirmer sans peur nos valeurs laïques qui elles ne sont pas négociables, car au centre de notre système démocratique. La religion peux être un opium pour les gens vulnérables et influençables, ne laissons pas des intégristes instrumentaliser la religion car dieu – ou allah – appartient à tout le monde.
Ci-dessous, trois affiches de goupes de soutien différents:

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10 Octobre 2009 à 00:57 dans
- Migrations



