La grande distribution agite les eurodéputés
Les eurodéputés s’apprêtent à interpeller la Commission européenne sur les pratiques de la grande distribution, en particulier le pouvoir grandissant des supermarchés sur la fixation des prix, a-t-on appris mardi auprès du Parlement européen. Une «déclaration écrite» en ce sens a obtenu 439 signatures -soit plus de la moitié des 785 députés européens- et devrait être annoncée lors de la prochaine session plénière du Parlement, prévue à Strasbourg du 18 au 21 février.
Baisses de prix intenables
Les eurodéputés y relèvent la domination de plus en plus forte du secteur de la distribution par «un petit nombre de chaînes de supermarchés» qui «abusent de leur pouvoir d’achat pour contraindre les fournisseurs à baisser leurs prix jusqu’à des niveaux intenables, et pour leur imposer des conditions déloyales». Le texte «invite» les services européens de la concurrence «à enquêter sur les conséquences de la concentration du secteur européen de la grande distribution (...) et, en particulier, à évaluer tout abus lié au pouvoir d’achat qui pourrait résulter de cette concentration». Il demande aussi à la Commission «de proposer des mesures appropriées, notamment sous la forme de réglementations, permettant de protéger les consommateurs, les travailleurs et les producteurs de tout abus de position dominante ou des conséquences négatives constatées durant cette enquête». La «déclaration écrite» est une procédure parallèle à l’adoption habituelle des textes par vote en séance plénière. Courte prise de position soumise par quelques eurodéputés, elle est adoptée sans vote et considérée comme une prise de position officielle du Parlement si elle recueille dans les trois mois les signatures de plus de la moitié des 785 eurodéputés. – (afp)
Le problème du cartel des grandes surfaces est une réalité qui dure déjà depuis pas mal de temps. Un dossier très instructif du canard enchaine il y a quelques années soulignait déjà les pratiques scandaleuses des marges arrières qui étranglent les petits producteurs. En Suisse, trois quart de la production agricole suisse part chez Coop et Migros. Etrangement, John Dupraz (ex-conseiller national radical genevois et paysan) indiquait à la RSR que les discounter allemand pouvaient être plus honnêtes que les distributeurs suisses. Quoi qu'il en soit, il est clair que la concentration des achats dans les temples de la consommation crée de fait une véritable pression pour les producteurs qui sont obligés d'y vendre leurs produits à moins de 50% de leur valeur, ou laisser la place aux crevettes thaï ou dindes polonaise. Les conditions d'entreposage souvent limite, les chaines du froid pas respectées, et les employés sous-payés donnent un aperçu sinistre de cette branche économique. Que faire? La délocalisation géographique des centres commerciaux en périphérie des villes ont tué certains centres urbains, eux-mêmes asphyxiés par le zèle des chérifs des parkings. Il est plus facile de se parquer au centre Coop à Aubonne qu'au centre de Morges par exemple. Il faut redonner envie à la population d'aller à la rencontre des commerçants qui connaissent leur produits et favoriser le shopping en ville, et non persister dans la castration urbaine de l'automobiliste et de sa famille.
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06 Février 2008 à 23:30 dans
- Economie
