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UDC Friends-Le Blog des Amis de l'UDC en Romandie

Aide au dévelopement - non au sous-développement

Beat Kappeler
Samedi 23 février 2008

Cette semaine, le Conseil fédéral a promis un milliard aux agences de développement et de désendettement international. L'émission Chacun pour tous collecte des outils de construction pour Madagascar et les œuvres d'entraide lancent une pétition pour transférer 0,7% du produit national aux pays en développement. Tous ces organes résistent aux faits qui sont devant nos yeux: il y a cinquante ans, les pays d'Asie et d'Afrique étaient dans le même état de pauvreté. Aujourd'hui, les Asiatiques sont riches, ils achètent nos entreprises avec leurs excédents, l'Afrique est toujours pauvre. Mais l'Asie n'a jamais reçu la même attention, les mêmes moyens publics, le même désendettement. On n'a jamais envoyé des pioches gratuites à Taïwan.  Chaque personne qui sait raisonner doit se dire que, visiblement, ces transferts gratuits ne font pas la différence. Il doit y avoir autre chose. Il faudrait connaître les ressorts du développement, que ces responsables de ces transferts aveugles ne semblent pas connaître. Ils ne sont plus les experts qu'il faut écouter.

La science économique critique depuis plus de dix ans déjà ce type de myopie de l'aide au développement. On a découvert que ce n'est pas le capital qui manque. Le capital est présent partout dans ces pays, mais il est éparpillé entre les ménages, et il est stocké sous des formes stériles. Car il n'y a pas de système bancaire fiable. L'essor du microcrédit montre qu'il faut simplement trouver le moyen et la fiabilité pour mobiliser. Ensuite, on a découvert l'importance des facteurs intangibles, de la «gouvernance», comme on dit pour les entreprises. Elle est un facteur central pour les pays entiers. Elle demande la prévisibilité des actes des gouvernements, le respect des lois et des contrats, la séparation entre l'exercice des fonctions publiques et l'appartenance tribale des personnes qui les détiennent, la gestion rationnelle et non pas magique des rapports entre les acteurs. La science économique récente ajoute l'importance des «petites idées» qui amènent la croissance - comme de meilleurs vaisseaux de transports ou les téléphones mobiles qui font des merveilles en Afrique aussi pour coordonner les activités. La science économique se soucie donc des «soft factors» du développement, et les seuls «experts» de toujours ne les prennent pas au sérieux. Au contraire, leurs dons, par la gratuité du développement qu'ils suggèrent, dispensent de tout effort les gouvernants et les gouvernés.

Il est complètement naïf, au moment où la Chine abreuve l'Afrique de milliards de crédits bon marché, de continuer le désendettement comme si de rien n'était. Il est souvent faux d'accourir après chaque dévastation politique et guerrière avec de nouveaux crédits et des aides comme on le fait pour le Kenya maintenant. En effet, le Kenya est le dernier des pays africains plus ou moins prometteurs qui se sont étripés - après le Liberia, le Sierra Leone, le Zimbabwe. Le Tchad arrive à se saborder avant même de décoller. La France admet sotto voce avoir commis des erreurs monumentales au Congo et au Rwanda sous Mitterrand. La France et l'Europe sabotent le développement des 14 pays d'Afrique de l'Ouest qu'ils lient à l'euro et qui de ce fait sont devenus trop chers par rapport au dollar et aux monnaies dévalués des concurrents asiatiques. Des facteurs de ce genre nuisent bien plus que ce que toute aide en capital peut apporter. Dire que l'Afrique est entièrement différente n'est que du racisme. Et si tel était le cas, les pioches et les crédits gratuits ne la sauveraient pas non plus. Qui plus est, les «experts» du développement doivent appliquer l'observation ethnologique à eux-mêmes, et pas seulement aux Africains. Ces experts inspirent un style de gestion bureaucratique, ils mènent un train de vie d'élite. Les gens sur place ne sont pas dupes. Ils commencent à demander des émoluments pour assister aux séances avec les représentants de l'aide internationale. Et pourquoi pas, si les experts eux-mêmes sont indemnisés aux tarifs européens. (Source: Le Temps)

Il faut du courage et de l'imagination pour sortir du politiquement correct et pour changer tout cela. Les acteurs de cette semaine n'en disposent pas.  

Document stratégique de l'Union démocratique du centre sur l'aide au développement: http://www.udc.ch/file/Entwicklungshilfe-Papier_f.pdf

Liberté et responsabilité individuelle au lieu de dépendance et corruption:
http://www.udc.ch/index.html?page_id=3544


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