Préparant son entrée dans l'espace Schengen le 1er novembre 2008, la Suisse est astreinte à plusieurs visites d'experts qui veillent à ce qu'elle prenne toutes les mesures nécessaires à la mise en œuvre des dispositions d'entrée dans Schengen. Initiées la semaine dernière avec le volet de la protection des données, ces évaluations se poursuivront avec les visas, la coopération policière et, cet été, la suppression des contrôles aux frontières dans les aéroports. Interrogé sur la situation des douanes suisses, Jukka Savolainen, directeur adjoint de l'unité de coopération internationale des gardes-frontière finlandais constate que "des tas de gens passent la frontière franco-suisse sans être contrôlés, je ne comprends pas cela. Les citoyens helvétiques disent qu'ils en ont marre des immigrés clandestins, mais se demandent-ils seulement comment ils sont arrivés là? Quelqu'un, en outre, peut commettre un crime à Genève, prendre sa voiture, se sauver en France et arriver dans l'espace Schengen. Cela n'est pas tolérable. J'ai vu vos frontières; les douaniers servent principalement à prélever la taxe autoroute!" (Le Temps)
En effet, grâce au "machin" de Schengen, les douaniers suisses ne sont plus autorisés à contrôler systématiquement les ressortissants étrangers entrant dans notre pays car on pourrait par mégarde froisser les droits humains des criminels qui sillonnent l'Europe. Comme dans les dispositions anti-terroristes de notre pays, la police ne peut agir qu'a posteriori, ou en cas de forts soupsons. Les contrôles aux frontières restent des passoires (1% pourcents de personnes contrôlées) mais la police et la douane peuvent dorénavant effectuer des patrouilles dans le perimettre frontalier, voire même au centre de Zurich. Ce redéploiement des douanes fait d'ailleurs craindre aux directeurs cantonaux de police que les douaniers volants se transforment rapidement en une 27e police cantonale. Cela dit, on pourrait également parler des trous béants dans le dispositif douanier français à l'aéroport de Genève qui énervent les policiers suisses. La zone de transit de l'aéroport est particulièrement problématique puisqu'un nombre important de sans papiers provenant de pays tiers sont bloqués à la douane suisse. Il trainent ensuite dans la zone de transit soit disant "sécurisée" et filent à l'anglaise par la douane française peu souvent gardée (surtout durant les matchs de foot ou de rugby). Une filière Mauricienne vient parait-il d'être démantelée alors qu'elle fournissait au passeurs un plan très détaillé expliquant comment sortir de la zone de transit par la douane française, et marcher le long du chemin d'accès qui longe le tarmac jusqu'a Ferney. Comme toujours, le dialogue politique fait croire au peuple naïf que les problèmes peuvent être réglés en se reposant sur des superstructures supranationale qui sonnent bien, mais qui en réalité ne valent pas un clou en pratique.