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UDC Friends-Le Blog des Amis de l'UDC en Romandie

chez UBS, on ne change pas une équipe qui perd

Editorial paru dans l'Agefi le jeudi 24 avril 2008

La révolution ne passera pas. Les annonces de coup d’éclat ou de force s’étaient pourtant multipliées ces dernières semaines alors que se rapprochait la date de l’assemblée générale d’UBS. Et, vu la virulence de certaines déclarations d’actionnaires, on aurait pu croire à la possibilité d’un coup de force sous l’impulsion d’un front unifié. Mais l’union n’a pas eu lieu. Quelles qu’en soient les raisons, tous les points de l’ordre du jour soumis au vote ont été approuvés à d’écrasantes majorités dignes des élections à certains Politburo au siècle dernier.

A croire que rien ne s’est passé au sein de la plus grande banque de Suisse. Le fait que les pertes s’affichent désormais à quelque 38 milliards de francs et qu’elles annulent purement et simplement la totalité des bénéfices enregistrés par l’institution depuis sa création en 1998 n’aura finalement fait que peu de vagues. Pas plus que le rapport publié en début de semaine et tentant d’expliquer les incroyables circonstances et la suite de choix absurdes qui ont mené à creuser ce trou colossal. Rien n’y a fait. Pire, seul verrou à sauter, Marcel Ospel a fait en sorte de laisser derrière toute sa clique d’«Ospel boys» qui ont largement contribué à mettre en péril la banque qui les emploie. A commencer par son remplaçant à la tête du conseil d’administration, Peter Kurer, aussi connu pour son rôle actif dans la débâcle de Swissair et dans celle de la très coûteuse Swiss. Les doutes quant à la capacité de ce juriste à redresser la barre d’UBS sont désormais imprimés dans l’esprit de la plupart des observateurs. Les plus violentes critiques se sont tout de même fait entendre hier encore lors de l’annonce de son élection accueillie par un tollé et des sifflets. Mais Peter Kurer n’est pas la seule scorie du passé puisqu’il s’est adjoint les services de Stephan Häringer, lui aussi disciple d’Ospel, en tant que vice-président.

Si le plan de réorganisation et la nouvelle stratégie, toute faite de prudence, énoncés ont été loin de rassurer, le plan de recapitalisation, ouvert cette fois à tous les actionnaires, a pu redonner un certain espoir aux détenteurs de titres UBS. Et cela, malgré la dilution que va entraîner l’arrivée de 15 milliards de francs, en plus des 13 milliards obtenus, il y a quelques semaines, auprès de fonds singapouriens et moyen-orientaux. Enfin, les nouvelles règles de gouvernance, qui instituent notamment une réévaluation annuelle des membres du conseil, semblent tenir davantage d’un effet de style que d’une réelle garantie contre de nouvelles dérives.

Il y a décidemment quelque chose d’insoutenable à voir le directoire d’une institution incapable de reconnaître l’mpleur réelle de ses erreurs et de prendre les mesures qui s’imposent pour changer une équipe qui a manifestement perdu. UBS a trop longtemps été l’étendard du système bancaire suisse pour ne pas mériter mieux que des demi-réformes, émanations de l’amateurisme effarant d’une coterie qui ne veut tout simplement pas renoncer au pouvoir. Sinon, cette icône helvétique risque bien de finir en petits morceaux et reléguée en deuxième ligue.


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