Le NON irlandais - La victoire du peuple contre les fossoyeurs européistes de l'identité nationale
Le refus des irlandais de ratifier le mini-traité européens concocté par les fossoyeurs européistes de l'identité nationale est une excellente nouvelle pour tout ceux qui abhorrent les boursoufflements sans fin d'une Europe technocratique et élitiste. Les beaux idéaux d'après guerre et post-soviétiques d'une Europe garante de la paix se sont vite effacés au profit d'une Europe alibi utilisée par les ex-grandes puissances coloniales pour faire avaler aux petits pays leurs bas projets mercantiles et annihiler leur indépendance fiscale.
Les délocalisations vers une Europe low-cost pour contourner les réglementations salariales nationales ont miné l'esprit d'une Europe des nations. Ce qui aurait pu devenir un bel exemple de "win-win" avec une bonne utilisation des avantages compétitifs de chacun dans la préservation des identités nationales, et devenu une sorte d'accord de libre échange au rabais, complémentés par de multiples projets étatiques (fonds de cohésion, recherche, Galileo) non transparents et ruineux comparables aux gosplans soviétiques. Les employés qualifiés dans l'industrie pharmaceutique, chimique, des machines ou bancaires sont les gagnant. Les loosers sont les autres, la majorité. Les grands projets concoctés par les pseudos-experts du bonheur collectif dans les salons feutrés ou limousines de fonction ne les concernent décidément pas. Comme en 1789, la révolte des sans-culottes gronde. Reste à voir qui ouvrira la trappe sous les pieds de ces pyromanes qui trahissent la démocratie et se pavanent dans des cocktails étatiques mondains. C'est non sans malice que l'ASIN a d'ailleurs envoyé une lettre de félicitations à l'ambassade d'Irlande a Berne pour la féliciter de son vote. On ne peut que regretter l'attitude bornée des bureaucrates européens qui font comme si de rien n'était, tels des vieillards séniles durs de la feuille.
Le peuple suisse doit savoir que le mini traité, célébré en grande pompe quasi religieuse à Lisbonne, est presque identique à l'ancien projet de constitution, sauf qu'il permet aux leaders européens de duper une fois de plus leurs peuples sans soumettre l'objet au referendum. A l'heure ou les élections sont plus un exercice marketing des élites tournantes, qu'un acte d'humilité et de respect envers ses electeurs, ce vote irlandais sonne comme une sanction pour de telles manigances corporatistes.
Le NON irlandais vu par Rouxel Jean (Les4verites.com)
http://www.les4verites.com/Le-NON-irlandais-1961.html
Jeudi 12 juin, les Irlandais ont rejeté par référendum le traité de Lisbonne, qui avait vocation à remplacer le Traité constitutionnel européen, rejeté en 2005 par les Français. Le score est sans appel : 53,4 % pour le non. Il est aggravé par une faible participation : 53,1 %. Ce qui signifie que les personnes qui, intellectuellement, étaient favorables à la ratification, n’ont pas jugé bon d’exprimer cette adhésion. En d’autres termes, les seuls à s’être vraiment intéressés au traité sont… les « nonistes » !
Mais, au-delà de ce score net et sans bavure, ce qui est frappant, c’est, une nouvelle fois, le profond décalage entre les « élites » et les peuples. Après avoir chanté sur tous les tons que le non au référendum serait une catastrophe planétaire, nous entendons aujourd’hui les caciques de l’Union européenne expliquer que ce n’est pas le vote de quelques centaines de milliers d’Irlandais qui nous empêchera de réaliser la grande et belle Union…
Ainsi le Quai d’Orsay a-t-il déclaré le 13 juin : « Nous prenons acte de la décision démocratique des citoyens irlandais avec tout le respect qui lui est due (sic), même si nous la regrettons. […] Le traité de Lisbonne a été signé par les chefs d’État ou de Gouvernement des 27 États membres et la procédure de ratification est déjà achevée dans 18 pays. Nous espérons donc que les autres États membres poursuivront le processus de ratification. Nous sommes convaincus que les réformes contenues dans le traité de Lisbonne sont nécessaires pour rendre l’Europe plus démocratique et plus efficace et qu’elles lui permettront de répondre aux défis auxquels sont confrontés ses citoyens. »
Ce qui, en français courant, se traduirait ainsi : « Votez oui, votez non ; peu importe, nous nous chargeons de tout ! » Et ce qui donne aux grandes déclarations sur le respect dû à la décision démocratique du peuple irlandais et sur la future Europe pleinement démocratique une saveur assez cocasse. Il est permis de ne pas considérer que les peuples sont toujours bien placés pour apprécier les conditions de leur propre bonheur. Mais il est difficile de se moquer plus cyniquement d’un vote populaire, soi-disant pour faire triompher une démocratie plus parfaite… Il est probable que ce que les Irlandais ont rejeté soit d’abord cela : une démocratie qui, selon le mot de Brecht, préférerait dissoudre le peuple, plutôt que de le voir « mal » voter. Nous pouvons les assurer que les Français partagent leur avis !
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18 Juin 2008 à 15:24 dans
- Union Européenne
