Que se passerait-il si Blocher était à la place de Schmid?
par Eros N. Mellini, député au Grand Conseil, Lugano (TI)
"J'ai oublié… Oui, j'ai commis une faute… Moi aussi je ne suis qu'un homme…": on avait presque pitié avec ce pauvre Samuel Schmid et on avait envie de consoler ce pauvre garçon … n'étaient quelques détails qui ne manquent pas d'importance.
Pour commencer, on relèvera qu'il ne s'agit pas d'un enfant qui a fait une bêtise à l'école, mais d'un homme représentant le septième du pouvoir exécutif au niveau national, d'un ministre qui pourrait devenir vice-président du Conseil fédéral – le subjonctif s'impose cependant de plus en plus – et qui occuperait ainsi en 2010 le poste de premier représentant de la Suisse. C'est trop de pouvoir pour un homme qui, dans la mesure où nous pouvons en juger, souffre de si graves troubles de mémoire qu'on est amené à le soupçonner d'être atteint de la maladie d'Alzheimer. Un examen médical s'impose dans tous les cas.
Mais parlons clair: comment un homme ose-t-il nous prendre tous pour des imbéciles en justifiant par un simple oubli un comportement inacceptable, donc le fait d'avoir dissimulé à ses collègues du Conseil fédéral la procédure judiciaire ouverte contre Roland Nef durant la phase de nomination du chef de l'armée? Ne serait-il pas temps "d'oublier" de lui verser son salaire?
De toute manière, qu'il soit de nature éthique et morale (il a menti) ou qu'il soit dû à la négligence et à la maladie (attitude superficielle combinée avec la maladie d'Alzheimer puisqu'il oublie), le manquement de cet homme est si grave qu'il n'est pas opportun de le laisser au Conseil fédéral. On pourrait même dire que ce serait dangereux.
Nous en arrivons à la troisième raison qui nous empêche de consoler ce personnage lamentable: Samuel Schmid colle à son siège! Personne ne sait si Samuel Schmid reste à sa place par obstination ou à cause des pressions des partis qui ont évincé Christoph Blocher du Conseil fédéral et qui craignent par-dessus tout un retour de l'authentique UDC au Conseil fédéral, de cette UDC qui suit sans compromis sa ligne politique et qui, revenant au gouvernement, mettrait encore plus clairement en évidence leur incapacité de gouverner le pays.
Hormis les Verts, ces partis ont été incapable jusqu'ici de prendre une position claire. Les uns attendent les résultats de l'enquête ouverte par la commission de gestion, les autres (les socialistes) parlent certes d'une situation intenable, mais se contentent de demander au ministre de clarifier la situation; d'autres enfin accordent toute leur confiance à Schmid et affirment sans gêne aucune que le crédit du conseiller fédéral n'est nullement atteint par cette affaire. Et le Conseil fédéral in corpore le soutient. La vérité est qu'il préfère un collège incompétent et conciliant à un ministre dont les compétences n'avaient même pas été mises en doute par ses pires ennemis, mais qui était ferme et qui refusait les compromis de toutes sortes.
Si tous ces politiciens, tous ces prêcheurs super-intègres, ces champions de l'éthique et de la morale en politique, étaient fidèles à leurs belles convictions même quand l'UDC n'est pas en jeu, alors le Parlement proposerait à la quasi-unanimité à Samuel Schmid de se retirer. Il suffirait d'ailleurs qu'ils se posent la bonne question: "Que ferais-je si Christoph Blocher était à la place de Samuel Schmid?" Le problème, c'est qu'ils devraient, une fois au moins, être honnêtes en répondant à cette question.
"J'ai oublié… Oui, j'ai commis une faute… Moi aussi je ne suis qu'un homme…": on avait presque pitié avec ce pauvre Samuel Schmid et on avait envie de consoler ce pauvre garçon … n'étaient quelques détails qui ne manquent pas d'importance.
Pour commencer, on relèvera qu'il ne s'agit pas d'un enfant qui a fait une bêtise à l'école, mais d'un homme représentant le septième du pouvoir exécutif au niveau national, d'un ministre qui pourrait devenir vice-président du Conseil fédéral – le subjonctif s'impose cependant de plus en plus – et qui occuperait ainsi en 2010 le poste de premier représentant de la Suisse. C'est trop de pouvoir pour un homme qui, dans la mesure où nous pouvons en juger, souffre de si graves troubles de mémoire qu'on est amené à le soupçonner d'être atteint de la maladie d'Alzheimer. Un examen médical s'impose dans tous les cas.
Mais parlons clair: comment un homme ose-t-il nous prendre tous pour des imbéciles en justifiant par un simple oubli un comportement inacceptable, donc le fait d'avoir dissimulé à ses collègues du Conseil fédéral la procédure judiciaire ouverte contre Roland Nef durant la phase de nomination du chef de l'armée? Ne serait-il pas temps "d'oublier" de lui verser son salaire?
De toute manière, qu'il soit de nature éthique et morale (il a menti) ou qu'il soit dû à la négligence et à la maladie (attitude superficielle combinée avec la maladie d'Alzheimer puisqu'il oublie), le manquement de cet homme est si grave qu'il n'est pas opportun de le laisser au Conseil fédéral. On pourrait même dire que ce serait dangereux.
Nous en arrivons à la troisième raison qui nous empêche de consoler ce personnage lamentable: Samuel Schmid colle à son siège! Personne ne sait si Samuel Schmid reste à sa place par obstination ou à cause des pressions des partis qui ont évincé Christoph Blocher du Conseil fédéral et qui craignent par-dessus tout un retour de l'authentique UDC au Conseil fédéral, de cette UDC qui suit sans compromis sa ligne politique et qui, revenant au gouvernement, mettrait encore plus clairement en évidence leur incapacité de gouverner le pays.
Hormis les Verts, ces partis ont été incapable jusqu'ici de prendre une position claire. Les uns attendent les résultats de l'enquête ouverte par la commission de gestion, les autres (les socialistes) parlent certes d'une situation intenable, mais se contentent de demander au ministre de clarifier la situation; d'autres enfin accordent toute leur confiance à Schmid et affirment sans gêne aucune que le crédit du conseiller fédéral n'est nullement atteint par cette affaire. Et le Conseil fédéral in corpore le soutient. La vérité est qu'il préfère un collège incompétent et conciliant à un ministre dont les compétences n'avaient même pas été mises en doute par ses pires ennemis, mais qui était ferme et qui refusait les compromis de toutes sortes.
Si tous ces politiciens, tous ces prêcheurs super-intègres, ces champions de l'éthique et de la morale en politique, étaient fidèles à leurs belles convictions même quand l'UDC n'est pas en jeu, alors le Parlement proposerait à la quasi-unanimité à Samuel Schmid de se retirer. Il suffirait d'ailleurs qu'ils se posent la bonne question: "Que ferais-je si Christoph Blocher était à la place de Samuel Schmid?" Le problème, c'est qu'ils devraient, une fois au moins, être honnêtes en répondant à cette question.
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18 Septembre 2008 à 15:25 dans
- Général
