Alerte enlèvement - Le conseil fédéral préfère ne rien faire
Pas d'impulsion fédérale pour l'alerte enlèvement
La lourdeur du fédéralisme joue un mauvais tour au projet d'alerte enlèvement, qui a pour but de retrouver rapidement des enfants disparus grâce à la diffusion de messages et de photos sur divers supports, dont les téléphones portables.
Les travaux en cours ne permettent pas d'espérer une percée avant 2010. Invoquant la souveraineté des cantons, le Conseil fédéral refuse de procéder à une conduite opérationnelle au niveau national qui permettrait d'accélérer le tempo.
Il l'a fait savoir dans sa réponse écrite à une interpellation du conseiller aux Etats Didier Burkhalter. Le radical neuchâtelois est déçu. Il plaide pour un peu moins de juridisme et un peu plus d'engagement. Le sujet sera à l'ordre du jour de la Chambre des cantons dans deux semaines
Didier Burkhalter est à l'origine d'une motion en faveur de l'alerte enlèvement adoptée par les deux Chambres l'hiver dernier. En déposant une nouvelle interpellation il y a deux mois, il entendait procéder à une piqûre de rappel pour faire le point sur l'avancement des travaux et obtenir un agenda contraignant. Les délais indiqués dans la réponse l'inquiètent. «On pourrait agir plus vite en ne cherchant pas à régler tous les détails d'emblée», souligne-t-il.
Le projet est du ressort de la Conférence des directeurs cantonaux de justice et police, qui l'a confié à la commission suisse contre la criminalité. Cette dernière devrait achever ses travaux en 2010. Mais cela ne dit encore rien sur la date de mise en place effective d'un système d'alerte.
Selon le gouvernement, la souveraineté cantonale garantie par la Constitution ne permet pas à Berne d'imposer une échéance aux cantons. Pour la même raison, il n'envisage pas de conduite politique et opérationnelle plus importante au niveau national. La Confédération se contente d'apporter son soutien en mettant à la disposition du groupe de travail des spécialistes issus de l'administration fédérale.
Le projet se heurte à différents problèmes. Il s'agit de déterminer qui a l'autorité pour lancer une alerte, qui prendra en charge les coûts, comment diffuser les messages et comment intégrer ce système dans le déroulement d'investigations menées au niveau cantonal. Il faut aussi tenir compte de l'évolution technologique en intégrant l'alerte dans ce que l'on appelle le «microblogging», à savoir des informations courtes et rapides sur le web touchant de nombreuses personnes en ligne ou sur leur téléphone portable.
Les travaux s'inspirent pour l'essentiel du modèle français. Il n'existe pas, pour l'instant, de système d'alerte européen. Le 2 septembre dernier, le Parlement européen a cependant demandé aux Etats membres d'agir dans ce domaine en coordonnant leurs efforts.
Comme le groupe de travail suisse vise la compatibilité avec les systèmes mis en place dans les pays limitrophes, le risque est que la Suisse se contente d'attendre les initiatives qui seront prises sur le plan européen. Auquel cas il faudrait probablement patienter pendant plusieurs années. /CIM
Quel triste exemple d'un conseil fédéral qui préfère ne rien faire. On se réfugie derrière de la paperasse pour ne pas agir. Encore une initiative à proposer pour les forcer à la raison.
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04 Décembre 2008 à 18:26 dans
- Général
