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UDC Friends-Le Blog des Amis de l'UDC en Romandie

S’endormir serait suicidaire … même si la suisse va mieux

La Suisse va mieux. Tous les indicateurs sont dans le vert. Mieux, ils sont, l’un après l’autre, révisés à la hausse. La journée d’hier n’a pas failli à cette nouvelle très bonne habitude, avec les prévisions de Credit Suisse et les chiffres de Manpower, en attendant ceux du BAK (voir en page 9). On se doit de se réjouir de cette nouvelle donne après des années d’atonie pendant lesquelles la progression de notre produit intérieur brut a été, au maximum, moitié moins forte que celle de nos partenaires occidentaux aux économies matures. La Suisse est restée, des années et des années, dans le peloton de queue et portait allégrement le bonnet d’âne. L’embellie actuelle est certes réjouissante, mais il ne faudrait pas qu’elle nous serve d’oreiller de paresse et qu’elle nous fasse remettre aux calendes grecques les efforts de restructuration que le pays se doit d’entreprendre. Notons d’ailleurs que, si l’embellie est bel et bien là, la majorité conjoncturiste prévoit, déjà pour 2007, un reflux tout aussi réel de l’embellie de 2006. De plus, la progression actuelle est simplement égale ou moindre que celle de nos partenaires commerciaux. Pas vraiment de quoi sabler le champagne.

L’analyse du Fonds monétaire international, si elle souligne le mieux actuel, est parfaitement révélatrice des chausse-trapes qui nous guettent. Tout en saluant le recul du chômage et la maîtrise de l’inflation, elle met le doigt là où ça fait mal: le manque de croissance endémique de la Suisse. Notre pays, comme les Etats-Unis ou bien d’autres, souffre de problèmes structurels qui n’ont toujours pas été empoignés. Le nôtre tient principalement à des structures trop contraignantes, à des réglementations trop restrictives, à des barrières non douanières trop élevées, trop de protectionnisme et de subventions notamment pour les agriculteurs. Ce n’est pas nous qui le disons, cette fois, mais le rapport du FMI! En d’autres termes, la Suisse souffre d’une déficience de libéralisme économique. Certains progrès ont certes été réalisés ces dernières années, mais nous sommes toujours au milieu du gué, et l’autre rive est encore très loin. La Suisse doit se libéraliser à marche forcée et alléger ses structures tout en diminuant ses charges fiscales, qu’elles soient fédérales ou cantonales. Cela passe par moins de subventions, moins de programmes d’aides tous azimuts, plus de libertés commerciales et industrielles. On connaît parfaitement les recettes qu’il faut mettre en place et surtout appliquer. Ce qui manque, c’est un véritable courage politique et la volonté de les mettre en œuvre. Il est tellement plus pratique de ne pas bouger le bateau et d’annoncer que demain on rasera gratis.

L’embellie que nous connaissons porte en elle le germe de sa destruction. A savoir que les politiques en profitent pour ne rien entreprendre et saupoudrer cette manne, qui nous vient en grande partie de la conjoncture mondiale, dans des programmes de redistribution au lieu de la consacrer aux douloureuses restructurations à mettre en place. La chute en serait d’autant plus grande, car alors le nouveau retard que nous subirions nous mettrait à nouveau dans le wagon de queue de l’économie mondiale.

(Source: Agefi)


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