Y aura-t-il jamais, lorsqu'on évoque les relations entre la Suisse et l'Union européenne, l'apaisement, la satisfaction de l'ouvrage bien fait et, au-delà, de l'attente du prochain pas? Depuis bien longtemps, rien de cela. Tout n'est que comptes d'apothicaires, craintes souterraines, espoirs malmenés. Après le succès des bilatérales II, on comptait avec une mer d'huile sur laquelle flotterait le bilatéralisme sectoriel, la recette magique qui fait de la pause une stratégie. Au calme plat succède une houle généralisée. On connaît le bonheur européen de la Suisse: elle a tout - ou presque tout - obtenu de ce qu'elle voulait de l'UE. Pour le moins, tout ce qui importe et qui balise l'extraordinaire étroitesse des liens avec l'UE. L'ampleur des accords bilatéraux est telle que peu de domaines n'ont pas été couverts, excellemment couverts avec, du côté suisse, des concessions parfois majeures. Ce bonheur européen est tel qu'il est en passe de créer un malheur (Suite ....). (Source: Le Temps, Jean Russotto, Avocat à Bruxelles ) |