Quand l'ascenseur social est en panne, l'image des riches se dégrade
Quand l'ascenseur social est en panne, l'image des riches se dégrade.Les classes moyennes paupérisées s'assimilent aux couches populaires et se dressent contre les élites.
TOUT le monde voudrait être riche, mais personne ou presque n'aime ceux qui le sont, semble dire le sondage réalisé par TNS Sofres. Tandis que « la polarisation sur l'argent refait du clivage riche-pauvre, le plus structurant de la société », l'image des classes aisées se dégrade. La rage dirigée contre les élites traverse maintenant la classe moyenne et les derniers scrutins ont fait émerger ce nouveau front antiriches. Ces derniers qui représentent quelque 10 % de la population sont qualifiés « de nantis, d'héritiers. Ils sont perçus comme n'ayant eu aucun effort à fournir pour accéder à un mode de vie outrageusement dispendieux », écrit l'institut de sondage. Seuls leur petit nombre et leur isolement expliquent l'absence de confrontation. L'élite politique, financière ou du monde de l'entreprise est elle aussi honnie. On lui reproche son « mépris » pour le reste du monde, sa « déconnexion », ou encore son « avidité ». On la critique d'autant plus qu'elle représente un modèle de réussite, mais elle semble trop liée à des privilèges. « La seule façon d'accepter les riches dans une société démocratique, c'est l'espoir de les rejoindre », rappelle Robert Rochefort du Credoc.
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22 Novembre 2006 à 16:47 dans
- France
