La fiscalité ne ternira pas l’entente germano-suisse
On n’attendait, à vrai dire, pas autre chose de la part de l’ami allemand, de surcroît président de l’UE. En matière fiscale, le représentant de la chancelière Merkel en Suisse marque sa désapprobation au sujet des pratiques en cours chez le nain helvétique. Même s’il salue au passage les critiques de Doris Leuthard sur les forfaits accordés aux étrangers, l’ambassadeur von Stechow n’apprécie pas les nouvelles pratiques concernant l’imposition dégressive pratiquée en faveur des sociétés et autres holdings, et qui commencent à faire tâche d’huile dans les petits cantons alémaniques. C’est évidemment son droit de dire ce qu’il en pense à son voisin. A l’instar de la France, l’Allemagne se situe résolument et sans réelle surprise dans le camp des Etats favorables à la centralisation et à l’harmonisation au sein de l’UE plutôt que dans celui de la concurrence fiscale. Si on ajoute que Berlin se sent investi des responsabilités de présidente de l’Union européenne, on imagine aisément que vraiment rien ne la retient de montrer son courroux.
On verra jusqu’à quel point celui-ci dépasse le stade des rodomontades, quitte à se transformer en pressions. S’il convient de ne pas en négliger le risque, la tenue de tels propos illustre aussi une certaine volonté de faire monter les tours sur le front des relations bilatérales en montrant que les dispositions de l’accord de libre-échange sont violées. A ce stade, il n’y a pas, à notre sens, matière à céder à une quelconque panique. Si, du niveau technique, ces remontrances devaient gagner celui du politique, il restera à espérer que des Etats comme le Luxembourg calment un jeu détestable. Ce qu’a d’ailleurs promis de faire le ministre du trésor du Grand Duché, au détour d’un récent déplacement à Berne.
Il faut cependant se demander si des Etats comme l’Allemagne ont véritablement intérêt à mener une guerre sur un tel sujet lorsqu’on procède sérieusement à l’inventaire des rapports de voisinage germano-helvétique tissés, au demeurant, par une longue histoire et une culture commune. En effet, et encore davantage qu’avec tous les autres voisins de la Suisse, un réseau de collaborations au jour le jour tant à l’échelon frontalier, régional que national unit intensément les deux pays. Et la langue parlée par la majorité des Suisses constitue le facteur essentiel de cette entente naturelle avec notre premier partenaire commercial. Reste que le nombre impressionnant de concitoyens de l’ambassadeur von Stechow travaillant dans notre pays dans les secteurs les plus divers et aussi pointus que ceux de la recherche et de la santé devraient, au contraire, faire prendre conscience à son gouvernement des vertus des terres où l’absence de trop de régulations et autres brimades en tout genre attirent tant de gens. Dans ce vaste inventaire, la clémence fiscale tant stigmatisée contribue aussi à l’édification d’un espace de liberté plutôt attractif et séduisant. La preuve! (Source: AGEFI)
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18 Janvier 2007 à 15:22 dans
- Union Européenne
