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Un trafic de faux passeports portugais découvert dans un lupanar de Renens

Une enquête pénale est ouverte sur un réseau de faussaires repéré par la police. Deux hommes fournissaient des prostituées brésiliennes. Ramifications internationales possibles.

Trop européennes pour être honnêtes! Les filles semblaient en règle et le registre du salon de massage était effectivement bien tenu. Mais le nombre inhabituel de prostituées travaillant grâce à une pièce d'identité portugaise a mis la puce à l'oreille de la Police municipale de Renens. Et le contrôle de routine, effectué l'automne passé, a permis de révéler au grand jour la ramification helvétique d'un réseau de faux passeports.

Avertie, la CIPRO (Cellule Investigation Prostitution de la sûreté vaudoise) entre en action début octobre 2006. Une descente est effectuée et très vite les filles se mettent à table. Quelques semaines plus tard, l'enquête débouche sur l'arrestation d'un premier homme, puis d'un second. A ce jour, les deux individus d'origine étrangère sont toujours en détention provisoire et les investigations se poursuivent.

Menaces proférées

«Nous ne connaissons pas l'ampleur du réseau, confie le juge d'instruction en charge de l'affaire. Il semblerait que l'on soit sur une filière assez importante, d'envergure européenne. Nous échangeons régulièrement des informations avec des polices étrangères mais l'enquête s'avère difficile.» Les deux personnes interpellées ne sont pas directement les faussaires, mais uniquement des relais locaux. Impossible d'en savoir plus pour l'instant: des menaces ont été proférées sur les familles des membres liés au trafic et l'instruction avance lentement. Les cartes d'identité et passeport saisis - des faux documents fabriqués avec beaucoup de soin ou des originaux falsifiés plus ou moins grossièrement - auraient permis à une dizaine de filles d'offrir leurs services dans la région lausannoise, selon les renseignements récoltés à ce stade de l'enquête. Pour devenir «officiellement» portugaises, les Brésiliennes amenées en Suisse ont dû débourser entre 1000 et 3000 euros. Le faux sésame européen en main, elles ont pu dès lors bénéficier des avantages octroyés par les accords bilatéraux: une fois déclarée, une prostituée issue de la Communauté européenne devient en fait une prestataire de services indépendante et a droit à 90 jours ouvrables de travail. Nonante jours qu'elle peut répartir sur une année comme bon lui semble. «Lors du premier contrôle, nous avons découvert que le tenancier du salon de massage lui-même était un peu surpris de voir autant de filles avec des cartes d'identité européennes», remarque Christian Séchaud, chef de la police de Renens. Etonné, mais pas au point de suspecter de faux papiers. La falsification de documents d'origine portugaise permettait en fait au trafic de passer plus inaperçu, sans trop éveiller les soupçons des responsables d'établissements. Effectivement, de nombreuses Brésiliennes qui travaillent dans les métiers du sexe ont légalement la double nationalité. (Source : 24Heures 30 janvier)

On le sait, les communes Suisses ont de plus en plus de peine a faire face aux faux documents d’identités provenant des différentes contrées de l’Union Européenne. Nombreux sont ceux qui viennent profiter des bilatérales avec de faux papiers d’identité. Le document de l'Union des Communes Vaudoises (UDV) est à ce titre édifiant :http://www.ucv.ch/net/com/10003/images/Point%20de%20mire_18.pdf


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