Vaud: Zisyadis, locomotive des bourgeois
| commentaires.com - Philippe Barraud |
lundi 12 mars 2007 |
Avec le récidiviste popiste sur sa liste, la gauche va mobiliser les électeurs bourgeois contre elle, et faire passer Leuba et de Quattro. On est déçu en bien, comme on dit dans le Pays de Vaud. Le basculement de majorité tant prophétisé par une gauche aux dents longues n’a pas eu lieu au Grande Conseil et, selon toute vraisemblance, il n’aura pas lieu non plus au Conseil d’Etat. Dans les deux camps en présence, l’ambiance est fort différente à l’heure d’aborder la campagne du deuxième tour. Dans le camp bourgeois, les électeurs ont voté avec une discipline remarquable, comme en attestent les scores très proches de Philippe Leuba et de Jacqueline de Quattro: il est loin, le temps des coups de crayon rageurs entre bourgeois. Et il est rassurant de constater que les manoeuvres agressives de déstabilisation lancées par la gauche contre ces deux candidats ont fait long feu, malgré l’entrée en campagne, médiocre et amère, d’Yvette Jaggi. Dans l’autre camp, l’ambiance est nettement plus lourde, et les explications promettent d’être sanglantes: le PS va faire payer cher aux Verts leurs velléités d’émancipation et leurs ambitions. Les Verts se sont clairement «plantés» mais, plutôt que d’incriminer leur volonté d’indépendance, louable en soi quand bien même elle était périlleuse, c’est le choix du candidat qui n’était pas judicieux. Le fait d’être un haut-fonctionnaire est en soi un lourd handicap; et s’il n’est pas compensé par une personnalité et un charisme hors pair, la difficulté devient insurmontable. Comme les autres, ce parti réalise qu’il n’est rien de plus difficile que de faire émerger des personnalités pourvues à la foi de talent, de convictions, de charisme et... d’esprit de sacrifice pour le bien public: combien a-t-on entendu de possibles candidats verts préoccupés seulement de ne rien sacrifier de leur vie privée? L’autre problème des Verts vaudois est que leur programme politique pour le canton n’a aucune visibilité (quelles propositions, au juste, en matière d’environnement?), et qu’ils n’ont semble-t-il pas réalisé que le réchauffement climatique devenait une préoccupation populaire importante. S’il y avait une vague sur laquelle surfer, c’était bien celle-là! Le plus dur, c’est qu’ils doivent maintenant quémander un strapontin sur le ticket de la gauche pour le deuxième tour — bienvenue à Canossa... Le parti socialiste quant à lui n’a pas réussi à bouleverser la majorité au Grand Conseil, tandis que son allié popiste connaissait un effondrement spectaculaire. Le voici donc à devoir ficeler une liste unique avec des Verts dont il se méfie comme de la peste, et un Zisyadis qui plus que jamais ne représente que lui-même. Anne-Catherine Lyon, qui soit dit par euphémisme n’a pas tout à fait le charisme d’un Maillard, aura bien du mal à tirer cette baroque ambulance, obligée d’embarquer un pestiféré et un ambitieux sans légitimité parlementaire. Mais c’est très bien: les commentateurs s’inquiétaient dimanche du fait que la liste bourgeoise pût manquer d’une locomotive au deuxième tour, Broulis et Mermoud étant déjà élus. Mais a-t-on besoin d’une locomotive, quand l’adversaire fournit un repoussoir garanti efficace? La simple crainte de voir Josef Zisyadis s’approcher du Château suffira largement à mobiliser les électeurs! |
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14 Mars 2007 à 16:51 dans
- Cantons
