Déclin du socialisme français: Une agonie qu’on lui souhaite douce
Imputer l’hémorragie du parti socialiste à l’offensive de charme de Nicolas Sarkozy n’a pas de sens. D’abord parce que le président français n’est pas si charmant que cela - ensuite parce que cette hémorragie a des causes beaucoup plus profondes. Est-ce grave docteur? Oui, sans aucun doute. Est-ce grave pour la France? Pas vraiment. Portons maintenant l’estocade! Le socialisme à la française est obsolète et l’on ne peut espérer qu’une chose: que son agonie soit douce et ne provoque pas ces coups de queue dont on dit que les vieux dragons en phase terminale sont coutumiers. Devant ce triste diagnostic, certains vont s’angoisser. N’est-ce pas le pluralisme démocratique qui va s’effondrer avec le socialisme? Curieux argument, puisqu’il sous-entend qu’il faudrait maintenir sous perfusion un parti ou des idées qui ont fait leur temps.
En réalité, la thèse de l’économiste Joseph Schumpeter pour qui une économie ne vit qu’en acceptant la mort de certaines entreprises (condition de la création de nouvelles entreprises) s’applique aussi à la vie politique. Enfin, quant à ceux qui estimeraient que notre liberté de penser et d’agir dépend d’un parti moribond, ils sont déjà mûrs pour quelque morgue intellectuelle. Pourquoi le socialisme français est-il à l’agonie? Il y a deux réponses: ses idées sont fausses - son passé est trop lourd et lui reste dans la gorge. Impossible de faire ici le catalogue de toutes ses faussetés. Mentionnons-en une dont le seul énoncé est révélateur: la lutte contre les inégalités. Devant une telle formulation, on voit tout de suite la puissance publique intervenir pour égaliser les conditions, les revenus, les diplômes. Catastrophe à l’horizon! Cela ne signifie pas qu’il faille se résigner aux inégalités, mais que cette lutte ne peut pas être menée par l’Etat. Seuls des individus soucieux de justice et d’égalité peuvent la mener. La puissance publique n’a-t-elle dès lors plus rien à faire? Si! Elle peut et doit créer les conditions permettant à chacun de mener cette lutte. C’est déjà beaucoup. C’est même essentiel. Enfin le passé qui ne passe pas.
Le socialisme français n’a pas coupé le cordon ombilical avec le messianisme révolutionnaire dont il est né. L’idée de lendemains qui chantent pour tous hante encore les couloirs mités de sa tremblante direction générale. Une telle idée n’a aucun sens dans la modernité. Le socialisme doit-il dès lors se réformer en se résignant à composer avec l’univers tristement gestionnaire qui est aujourd’hui le nôtre? Certainement pas. Avouons-le: difficile de ne pas entretenir quelque nostalgie pour toux ceux qui sont entrés en croisade pour un monde meilleur. Mais comment la mener, aujourd’hui, cette croisade? Certainement pas en promouvant des déficits structurels, à terme la misère, et en égalisant les conditions. Comment alors? Telle est la question qu’on aimerait voir les socialistes français se poser. Pour l’instant ils ne l’ont pas fait. demain, peut-être? (Agefi)
Telle une vieille catin dont les pâles charmes ne font plus rêver personne, le parti socialiste n'attire plus que de vieux éléphants en perte de libido populaire. Tels des ayatollahs invoquant l'éternité des valeurs du socialisme (lesquelles?), ils préfèrent mourir tous ensemble plutôt que de permettre à certain de fuir le navire et travailler avec une droite constructive. Car ce que propose et fait Sarkozy, jamais la gauche ne l'aurai fait. Les transfuges de gauche prêts à jouer un rôle pour leur pays plutôt que pour le PS l'ont compris. A quand un Waterloo du PS en Suisse? Faut-il une faillite des institutions comme en France pour reléguer le PS aux curiosités de l'histoire?
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13 Juillet 2007 à 11:37 dans
- France
