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UDC Friends-Le Blog des Amis de l'UDC en Romandie

Elections fédérales 2007 - Le triomphe de l'UDC

Uli Windisch: pour aider un ennemi, diabolisez-le!

Propos recueillis par Jan Marejko - Agefi

Pour Uli Windisch, sociologue à l’Université de Genève, le résultat des élections d’hier confirme qu’il était naïf de croire que l’UDC resterait cantonnée en Suisse alémanique. La raison pour laquelle cela ne s’est pas produit est très simple: «L’UDC soulève des problèmes qui touchent la population, même si elle le fait parfois de façon exagérée», tandis que la gauche, elle, se complaît dans une diabolisation qui ne peut que profiter au parti de Christoph Blocher. Uli Windisch souligne que l’argent de la campagne du tribun zurichois ne provient pas que des «riches», mais aussi de petites gens qui ont envoyé de modestes bulletins de versement. Mais le plus important est que l’argent, à lui tout seul, n’amène jamais le succès en politique. Il faut aussi avoir des idées!

L’UDC a aussi séduit une partie substantielle de l’électorat parce qu’elle lui donne le sentiment qu’elle peut agir. Là non plus, pas de quoi s’étonner! C’est seulement sur la base d’une claire reconnaissance de ce qui se passe dans la réalité que l’action est possible. Cette reconnaissance est loin d’être partagée par tous les partis, d’où l’image d’impuissance qu’ils projettent autour d’eux. Pour la gauche, cette situation est d’autant plus tragique ou regrettable qu’en se contentant de diaboliser son adversaire principal elle a, sans très bien s’en rendre compte, abandonné ses électeurs traditionnels sensibles, eux, aux réalités relevées par l’UDC. En d’autres termes, «les couches les plus défavorisées ont été abandonnées par les socialistes».

Mais là ne s’arrête pas l’analyse d’Uli Windisch. Le plus attristant, pour lui, est que la diabolisation de l’UDC a été d’abord relayée par des journaux romands. Au contraire de la Weltwoche qui nous a livré des analyses de fond, ces journaux se sont beaucoup plus appuyés sur des clichés que sur des réalités. Et il y a plus grave encore! Ce journalisme de cliché a été repris à l’étranger par des journaux prestigieux qui ont conduit bien des analystes à donner dans un antihelvétisme qui fait immanquablement penser à un certain anti-américanisme primaire. De cette manière, les journalistes suisses se sont décrédibilisés, et l’image de la Suisse comme terre d’asile est aujourd’hui sérieusement mise à mal.

Enfin, dernier aspect déplorable de la campagne qui a précédé les élections d’hier: le statut de la Suisse auprès d’organisations internationales. Celles-ci, par le biais de certains de ses représentants, ont accrédité cette idée que nous sommes racistes et que, de surcroît, en expulsant de pauvres squatters, nous faisons de notre pays un ramassis de taudis. C’est d’autant plus déplorable que notre pays doit participer activement à toutes les organisations, quelles qu’elles soient, luttant contre le racisme et la pauvreté.


Le peuple suisse a démontré qu’il n’était pas un mouton!  
Par Sylvie Gardel - Agefi
 
 Ce week-end électoral aura définitivement remodelé le visage d’une Suisse en mutation politique depuis 2003. En dépassant son score historique d’il y a quatre ans, l’UDC conforte non seulement sa place de premier parti du pays mais gagne aussi son ticket pour la réélection de Christoph Blocher au Conseil fédéral. Et sa percée, en particulier dans les cantons romands, n’est finalement rien d’autre que la quittance donnée par les électeurs à une vision politique différente, plus orientée sur la sécurité intérieure et plus à l’écoute des problèmes de l’immigration. Ce coup de sac est aussi l’expression d’une nouvelle donne en matière de démocratie directe dans notre pays. Par son vote – de surcroît la plus forte participation depuis 1975! – le peuple suisse a décidé de faire savoir à ses représentants politiques que leur devoir est avant tout de relayer leurs préoccupations et leur sensibilité auprès du gouvernement, donc d’accomplir la tâche pour laquelle ils ont été élus. On a beaucoup débattu hier aussi du marketing politique et de la «peoplisation» de la campagne UDC centrée sur sa figure de proue Christoph Blocher. A raison d’ailleurs, puisque c’est ce type de message diffusé plus au plan national que cantonal qui a séduit, et surtout unifié le peuple suisse. Simplicité et efficacité, voilà les ingrédients qui ont permis la poussée de l’UDC dans tout le pays. Un score sans doute favorisé aussi par les errements du Parti socialiste notamment, qui, au lieu de se concentrer sur ses thèmes de campagne, a préféré s’acharner sur ceux défendus par l’UDC. Une bonne leçon à tirer pour les partis en nette perte de vitesse – centre-droite, gauche, extrême gauche – le peuple suisse n’est pas un mouton qui se repaît d’arguments à l’emporte-pièce.

A l’évidence, et compte tenu de la fadeur des partis censés défendre ces valeurs, les électeurs ont plébiscité une vision plus libérale de la politique et pris une option pour une Suisse plus forte et plus sûre afin d’affronter les échéances économiques et sociales qu’implique la globalisation. A l’évidence aussi, le peuple a fait montre ce week-end de ses préoccupations et de sa sensibilité en matière de climat, d’environnement et de développement durable en soutenant conséquemment les Verts. Un choix avec lequel la droite, et Christoph Blocher au premier chef, devra assurément composer.

Au vu de ces résultats, même s’ils ne sont pas encore définitifs, c’est le visage du Conseil fédéral et sa recomposition qui sont désormais en jeu. Et, sur ce point, les débats vont sans doute être âpres, comme en attestent les propos d’Ueli Maurer hier soir. Outre Samuel Schimd, considéré comme trop mou par l’UDC, le siège du radical Pascal Couchepin, normalement prochain président de la Confédération, est également contesté par le parti agrarien. Lequel pourrait être soutenu dans cette initiative par le PDC, qui verrait là sonner l’heure de sa revanche de 2003. Finalement, recomposition du gouvernement rime aussi avec redistribution des portefeuilles. Par conséquent, la remise en cause du siège socialiste occupé par Moritz Leuenberger n’est que pure logique pour un Christoph Blocher qui n’a jamais caché son ambition de reprendre le DETEC.
 


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