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UDC Friends-Le Blog des Amis de l'UDC en Romandie

Une loi fédérale pour redorer l’image des partis politiques

 Sophie paschoud, Centre patronal, Paudex
 
 Un projet de loi fédérale vise à accorder aux partis politiques inscrits au registre et représentés à l’Assemblée fédérale au sein d’un groupe parlementaire, ainsi qu’aux éventuels comités d’initiative ou référendaires, un temps d’antenne gratuit et quotidien au cours du mois précédant une votation – mais non une élection – fédérale.

Ce projet fait suite à une initiative parlementaire du socialiste Andreas Gross intitulée «Pour des campagnes de votation équitables» et cosignées par trois autres parlementaires radicaux, PDC et UDC. L’instauration d’un tel privilège se justifierait principalement en raison de l’érosion dont souffrent les partis politiques, laquelle serait accentuée par le fait que «des groupements d’intérêts financièrement puissants interviennent de plus en plus dans les campagnes de votation», soumettant la volonté populaire à une influence unilatérale. Cela porterait atteinte «à la considération dont jouissent les partis».

Le refrain est bien connu: à l’issue d’une votation, ceux qui se trouvent dans le camp des vaincus n’ont perdu qu’en raison de leur manque de moyens, ou plutôt des sommes indécentes que leurs adversaires ont consacrées à abrutir le citoyen. Mais il est amusant de constater ici que les partis de gauche et de droite se trouvent unis pour combattre un ennemi commun: la secte des gros billets, dont les membres peuvent être repérés à la protubérance que crée leur portefeuille dans leur poche révolver. Sa capacité de nuisance est infinie puisqu’elle provoque l’échec des uns et vole la vedette aux autres.

Plus sérieusement, aucun exemple concret de campagne dominée par des groupes financièrement puissants n’est donné. Par ailleurs, les reproches des perdants relatifs aux moyens consacrés par leurs adversaires s’adressent en général autant aux partis eux-mêmes qu’aux «groupements d’intérêts». De ce point de vue, la législation proposée ne résoudra rien puisque les partis «riches» continueront à investir plus de moyens dans les campagnes et pourront notamment avoir recours aux services de prestigieuses entreprises de communication pour la conception du message politique destiné à l’antenne.

On relèvera ensuite que le mandat des médias de service public les oblige à présenter les différentes opinions de manière impartiale. Et s’ils ne se conforment pas toujours – c’est un euphémisme – à cette obligation, c’est le plus généralement en faveur des courants de gauche qui se plaignent plus que tout autre de ressources insuffisantes.

Enfin et surtout, l’érosion dont souffrent les partis est sans nul doute due au fait qu’ils consacrent l’essentiel de leurs forces aux campagnes électorales, au détriment des questions d’intérêt général. Ils ne sauraient donc se plaindre de ce que d’autres milieux prennent le relais, non seulement sous l’angle financier – insuffisant pour gagner une votation – mais surtout en matière de travail de fond. En d’autres termes, pour gagner en considération, les partis doivent se mettre au boulot.
 


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